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Covid-19 : En cours d'évaluation en Europe, le RoActemra (tocilizumab) de Roche est-il déjà menacé de pénurie ?

NICOLAS VIUDEZ

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Covid-19 : En cours d'évaluation en Europe, le RoActemra (tocilizumab) de Roche est-il déjà menacé de pénurie ?

© Roche

L'Agence européenne du médicament (EMA) a annoncé démarrer l'évaluation de ce traitement prometteur, commercialisé par Roche. Les résultats de cette évaluation sont attendus pour la mi-octobre. Le laboratoire suisse annonce que les stocks du RoActemra sont mis à rude épreuve par une demande en forte croissance.

Le tocilizumab s’ajoutera-t-il bientôt aux rares traitements approuvés contre le Covid-19 en Europe ? Réponse probable à la mi-octobre.

L’agence européenne du médicament a en effet annoncé, ce lundi 16 août, avoir débuté l’évaluation du traitement anti-inflammatoire de Roche. Le tocilizumab, un traitement de la polyarthrite rhumatoïde commercialisé en Europe sous le nom de RoActemra, pourrait ainsi jouer un rôle dans le traitement des formes sévères de Covid-19.

Pour mener à bien son évaluation, l’EMA s’appuiera sur les résultats de quatre études évaluant le médicament qui agit en inhibant l’interleukine-6, une cytokine qui participe à l’emballement du système immunitaire, appelé aussi tempête cytokinique, impliqué dans de nombreuses formes graves.

Déjà approuvé aux États-Unis

L’évaluation du tocilizumab contre le Covid-19 a connu de nombreux rebondissements. Propulsé comme un traitement prometteur au printemps 2020, le tocilizumab avait déçu lors d’un premier essai d’ampleur mené par le laboratoire Roche.

Un résultat qui n’avait pas arrêté l’évaluation du médicament. Sur la base de quatre études supplémentaires, menées sur 5 500 patients, la FDA avait fini par délivrer une autorisation d'utilisation d'urgence, fin juin 2021. La décision de l’autorité américaine avait été suivie, en juillet 2021, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui avait recommandé l’usage du RoActemra et souligné la nécessité d’en faciliter l’accès pour les pays émergents. Deux décisions qui ont contribué à faire exploser la demande.

Une demande en progression de 400 %

Roche, qui commercialise le traitement, a ainsi communiqué, ce lundi 16 août, sur l’état de ses stocks. Le laboratoire suisse souligne que la demande pour son traitement a bondi ces dernières semaines, progressant de 400 % sur le seul territoire américain, par rapport aux chiffres d'avant crise.

Une situation qui pousse Roche à annoncer que « des ruptures de stock temporaires auront lieu dans les semaines et mois à venir ». Le laboratoire se défend de tout manque d’anticipation, soulignant avoir programmé des augmentations de capacités dès 2020 ainsi que des transferts de technologie pour accroître la fabrication du RoActemra. En 2021, Roche avait, par exemple, signé un partenariat avec Novartis pour que ce dernier produise à son tour le tocilizumab.

Roche annonce par ailleurs que 60 % des stocks de RoActemra sont orientés vers des pays à revenus faibles ou modérés. Pour les pays concernés, Roche avait précédemment annoncé renoncer à ses droits sur le RoActemra. Une mesure réclamée par l’OMS pour un traitement dont le prix initial, chiffré à plusieurs milliers de dollars par dose aux États-Unis, représente un obstacle majeur à sa généralisation.

Malgré ces efforts pour augmenter la disponibilité du médicament, les limites de la production du RoActemra pourraient pénaliser un accès généralisé au traitement, alors que la demande pourrait encore progresser avec une éventuelle autorisation européenne à l’automne.

Deux autres traitements en évaluation en Europe

Actuellement, le remdesivir de Gilead est le seul traitement approuvé par l’agence européenne du médicament contre le Covid-19.

En plus du tocilizumab, deux autres traitements sont actuellement au même stade d'évaluation, le Kineret (anakinra) et l’Olumiant (baricitinib). L’agence s’intéresse également aux traitements par anticorps monoclonaux dont l’association casirivimab-imdevimab de Roche et Regeneron.

Avant même la décision de l’EMA sur cette combinaison, la HAS (Haute autorité de santé) s’est prononcée, le 6 août, pour une autorisation d’accès précoce à ce duo d’anticorps en traitement prophylactique pour les personnes les plus susceptibles de développer une forme grave de Covid-19.

Une mesure qui concerne particulièrement les personnes immunodéprimées pour lesquelles la vaccination ne permet pas de développer une protection immunitaire suffisante contre le coronavirus.

 

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