Nous suivre Industrie Pharma

Coup de pouce de l'Europe au biosourcé

Sylvie Latieule

Sujets relatifs :

,

Le 10 juillet dernier, la Commission européenne a donné son feu vert au lancement d'un partenariat public-privé (PPP) sur les industries biosourcées, baptisé PPP BBI (PPP Biobased Industries, ex-Bridge). Moyennant 3,8 milliards d'euros de budget (1 Mrd € de fonds européens et 2,8 Mrds € de financements privés) sur la période 2014-2020, l'objectif est de contribuer à une réindustrialisation de l'Europe dans le domaine de l'économie biosourcée. Ce PPP s'inscrit dans le cadre d'un programme d'investissement plus large de 22 Mrds €, annoncé par José Manuel Barroso. « L'Union européenne doit rester en pointe au niveau mondial dans les secteurs technologiques stratégiques qui fournissent des emplois de grande qualité », a justifié le président de la Commission. La grande majorité de ce montant sera dédiée à cinq partenariats public-privé. Les quatre premiers, dans les médicaments innovants, l'industrie aéronautique, les piles à combustible et l'hydrogène et les systèmes électroniques, existaient déjà. Le cinquième, le PPP BBI, est entièrement nouveau.

Ce PPP dédié aux industries biosourcées est un programme qui se préparait depuis plus d'un an. Il a notamment nécessité la création du consortium BIC (Biobased Industry Consortium) qui réunit actuellement près d'une cinquantaine de membres parmi des représentants de l'industrie, de pôles de compétitivité et de clusters. A son origine, il y a le constat que trop de recherches menées dans le domaine de la bioéconomie en Europe ont été mises en œuvre industriellement aux États-Unis et en Asie. Le cas de BioAmber est emblématique du manque d'attractivité de l'Europe. La société a développé son procédé de production d'acide succinique dans l'unité de démonstration d'ARD sur la plateforme de Pomacle-Bazancourt. Mais la réalisation de la première unité de taille industrielle se fera sur la plateforme de Sarnia, en Ontario (Canada) en partie grâce aux subventions canadiennes.

D'un point de vue pratique, le consortium BIC et la Commission européenne vont commencer par créer une agence d'une dizaine de personnes début 2014. Elle sera chargée de préparer, lancer puis gérer des appels à projets qui permettront de distribuer les 3,8 Mrds d'euros de fonds. Pourront être financés des projets de R&D, la construction de démonstrateurs industriels (jusqu'à 40 %) et d'unités de taille industrielle. Seules conditions : les projets devront apporter des bénéfices de compétitivité en zone rurale, contribuer au développement de nouvelles filières, positionner le concept de bioraffineries comme modèle de développement et porter attention aux ressources renouvelables et à leurs usages. Tout cela débouchera sur le lancement commercial de nouveaux produits et matériaux. Un objectif énoncé est de porter à 30 % la part de produits biosourcés dans l'industrie chimique à l'horizon 2030 et à 25 % la part des biocarburants avancés ou de deuxième génération. Dans un communiqué, le Cefic n'a pas manqué de se féliciter de cette décision, estimant être parmi les « pères fondateurs de ce programme ». La Fédération européenne de la chimie en a profité pour évoquer Spire, un autre PPP visant à promouvoir une industrie des procédés plus durable. Dit contractuel, il n'entre pas dans la catégorie des JTI (Joint Technology Initiative) à laquelle appartient le PPP BBI, et relève de mécanismes de financement différents. Quoi qu'il en soit, la Commission européenne a envoyé un signal fort de soutien aux industries de process dans leur quête de compétitivité par l'innovation.


 

 

« 3,8 Mrds € de budget pour réindustrialiser l'Europe »

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

[Édito Covid-19] :  Covid Moonshot, un projet lunaire contre la pandémie

[Édito Covid-19] : Covid Moonshot, un projet lunaire contre la pandémie

Le projet est aussi ambitieux et risqué que les premiers pas sur la lune. Pourtant, Covid Moonshot a les pieds sur terre et vise à trouver des antiviraux capables de lutter contre la pandémie de Covid-19. Il faut bien se[…]

Le droit à la substitution fête ses 20 ans

Le droit à la substitution fête ses 20 ans

Pharma : un besoin de stratégie nationale

Pharma : un besoin de stratégie nationale

Une pharmacie toujours en mouvement

Une pharmacie toujours en mouvement

Plus d'articles