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Contrefaçon : Sanofi Aventis inaugure un laboratoire à Tours

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Première mondiale dans la lutte contre la contrefaçon, Jean-François Dehecq, président de Sanofi-Aventis, a inauguré le 4 septembre dernier sur le site de production de Tours, le LCAC, Laboratoire central anti-contrefaçon.
Première mondiale dans la lutte contre la contrefaçon, Jean-François Dehecq, président de Sanofi-Aventis, a inauguré le 4 septembre dernier sur le site de production de Tours, le LCAC, Laboratoire central anti-contrefaçon. Ce petit laboratoire de 280 m 2 a représenté un investissement d'un million d'euros et n'emploie que huit personnes. Pourtant, son inauguration a suscité la curiosité d'une soixantaine de journalistes venus du monde entier, ainsi que celle d'Hervé Novelli, secrétaire d'État chargé du Commerce, de l'artisanat, des PME, du tourisme et des services. Car sa mission est des plus originales. Le LCAC est chargé de surveiller si les quelques 300 produits de Sanofi Aventis commercialisés à travers le monde font l'objet de contrefaçons qui se seraient glissées dans les filières de distribution. Au fil des mois, le LCAC compte établir une cartographie de ses médicaments les plus contrefaits et déterminer les territoires les plus perméables à ce nouveau trafic. Il n'y a pas que les produits grands publics qui font l'objet de copies. Le célèbre Plavix, contre l'arythmie cardiaque, ou l'Accomplia, contre l'obésité, sont eux aussi imités.Toutes ces
« Le LCAC compte établir une cartographie de ses médicaments les plus contrefaits et déterminer les territoires les plus perméables à ce nouveau trafic »

données seront mises à la disposition des autorités de santé, ainsi que des autorités judiciaires pour aider à remonter les filières de ce trafic. Ce travail de détection des contrefaçons passe par une surveillance systématique des marchés mondiaux. Pour cela, des pays cibles sont choisis. Puis des acheteurs anonymes sont chargés de se procurer des médicaments, soi-disant Sanofi Aventis, dans les officines, sur Internet ou par le biais de tout autre circuit de distribution. Sur l'année 2008, cette collecte va représenter un total de quelque 11000 produits à analyser. À cette surveillance des marchés s'ajoutent toutes les découvertes de produits suspects qui peuvent provenir de dénonciations par des autorités locales, de visiteurs médicaux, de plaintes de malades, d'études de pharmacovigilance ou de saisies de police ou de douane… Depuis le démarrage effectif du laboratoire en janvier 2008, 300 boîtes de médicaments suspects ont déjà été collectées par ce biais. Au LCAC, tous les médicaments entrants font l'objet d'un examen minutieux. Les données de traçabilité sont d'abord analysées puis comparées aux données disponibles au sein du groupe. Les équipes comparent ensuite l'aspect visuel des boîtes reçues avec celui des emballages originaux. En cas de doute,elles ont recours à l'analyse chimique. Un travail en réseau Un laboratoire de huit personnes, pour les besoins d'un groupe mondialisé qui possède près de 80 unités de production dans le monde ? Les moyens sont réduits. Aussi, outre ce travail d'analyse, le LCAC a deux autres missions. L'une consiste à concevoir des méthodes d'analyse et à les diffuser au plan mondial pour permettre à chaque site industriel, dans n'importe quelle partie du monde, d'examiner et d'analyser avec les mêmes critères tous les produits suspects. Enfin, le LCAC va centraliser au sein d'une même base de données, les « cartes d'identité » de tous les produits contrefaits qu'il aura analysés. Cet outil permettra de faire des rapprochements entre produits pour remonter les filières. En 2006, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que la contrefaçon représentait en valeur plus de 10 % du marché pharmaceutique mondial, soit environ 45 milliards d'euros. Dans certains pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, ce chiffre grimperait jusqu'à 30 %. En France, si l'on fait exception des propositions sur Internet où 60 % des produits proposés seraient contrefaits, il semble que le circuit de distribution n'ait pas encore été infiltré. Nathalie Tallet, responsable du LCAC, affirme que jusqu' à ce jour, hormis un produit suspect qui s'est révélé être un vrai médicament de Sanofi Aventis issu d'une importation parallèle, aucun produit contrefait n'a été découvert.
à Tours, Sylvie Latieule

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