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Conjoncture : Pfizer révise ses prévisions à la baisse

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Pfizer l'avait annoncé l'an dernier: les années 2005-2007 constituent pour lui une période critique. Le numéro un mondial de la pharmacie vient ainsi d'encaisser pour le troisième trimestre une chute de 52 % de son bénéfice net à 1,6 Mrd $, et de 5 % de ses ventes à 12 Mrds $ (9,9 Mrds €). Et il n'est pas optimiste pour l'année en cours. Il a déjà averti que son bénéfice par action serait moins important que prévu (1,92 à 1,94 $ contre 1,98 $ auparavant). Plus inquiétant selon les analystes, Pfizer a également annoncé qu'il ne ferait pas de prévision sur ses résultats pour les deux prochaines années. Les avertissements de Pfizer résument la conjoncture actuelle qui frappe l'industrie pharmaceutique: pression sur les prix aux États-Unis, expirations de brevets combinées à la compétition des génériques, thème brûlant de la sécurité des médicaments à l'image du retrait du Vioxx de Merck & Co. Ainsi, ses ventes ont été affectées – ce trimestre comme les précédents – par un « ralentissement de la croissance des prescriptions » et une concurrence croissante sur les anticholestérols aux États-Unis. Son anti-cholestérol vedette, le Lipitor, a tout de même affiché sur le troisième trimestre une croissance de 6 %, à 2,9 Mrds $. Comme les autres “big pharma”, Pfizer doit faire face à la montée en puissance des génériques, qui ont affecté les ventes de trois de ses médicaments: Neurontin
(- 80 % à 155 M$), Diflucan (- 52 % à 103 M$) et Accupril (- 51 % à 77 M$). Par ailleurs, Pfizer connaît les mêmes déboires que les autres fabricants d'anti-inflammatoires de la famille des coxibs, à l'image de Merck & Co. Les effets du retrait de son Bextra (valdécoxib) au printemps dernier, qui s'étaient déjà faits légèrement sentir sur les résultats du premier trimestre, se sont concrétisés sur le trimestre écoulé. Le groupe a perdu 73 M$ à cause du produit contre un gain de 324 M$, il y a un an. Même chose pour les ventes de Celebrex (célécoxib), qui reste en vente mais avec un renforcement des avertissements sur ses effets secondaires potentiels (Black box). Elles ont reculé de 44 %, à 402 M$ contre 797 M$ en 2004. De plus, Viagra vient d'être exclu du remboursement par les caisses d'assurance-maladie américaines (CPH n°315), tout comme ses concurrents Cialis et Levitra.
Pour faire face à cette conjoncture difficile, Pfizer a lancé en avril un programme d'économies de 4 Mrds $ par an jusqu'en 2008. La compagnie s'est dite en avance sur ses prévisions et estime désormais avoir économisé plus de 600 M$ en 2005. Selon l'analyste de Prudential Securities, Timothy Anderson, cité par Forbes, la cassure des prévisions de l'Américain prouve que Pfizer devrait utiliser les 50 Mrds $ de liquidités qu'il détient pour réaliser des acquisitions et atteindre ainsi les objectifs qu'il s'était fixés.

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