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Congrès Polepharma : La France doit prendre le virage de la bioproduction

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Congrès Polepharma : La France doit prendre le virage de la  bioproduction

En tant que 1er producteur européen, la France doit s'adapter aux mutations de l'industrie pharmaceutique. La dernière édition du congrès Polepharma a été l'occasion d'évoquer quelques pistes : la nécessité de conserver une R&D forte, le soutien aux façonniers et l'aide à l'émergence de la bioproduction.

En tant que 1er producteur européen, la France doit s'adapter aux mutations
de l'industrie pharmaceutique. La dernière édition du congrès Polepharma a été
l'occasion d'évoquer quelques pistes : la nécessité de conserver une R&D forte, le soutien aux façonniers et l'aide à l'émergence de la bioproduction.

Le 24 octobre s'est tenu à Dreux la 7e édition du congrès Polepharma, consacrée aux enjeux de l'industrie pharmaceutique. Avec pour objectif de trouver des réponses aux mutations actuelles de cette industrie. Franck Amalric de chez IMS Health a ouvert la journée en brossant le portrait de l'industrie en France. Après avoir connu des années fastes, le marché des médicaments de ville est aujourd'hui proche de la croissance zéro, à plus de 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires. En revanche, le marché hospitalier, estimé à 5,2 Mrds € reste dynamique, en croissance de 5 à 6 %, grâce à
cinq produits (Herceptin, Taxotère, Mabthéra, Avastin, Remicade) qui en représentent près de 20 %. Le marché des génériques a franchi la barre des 10 % en valeur. Ceci correspond à 75 % du répertoire prescrit. On se rapproche ainsi de l'objectif à atteindre de 80 %. Le marché est tiré par les produits de spécialités : vaccins (Prevenar, Gardasil), anti-TNF alpha, anti-DMLA, anticancéreux et des produits métaboliques (cholestérol, diabète). Les anti-infectieux, médicaments SNC, anti-ulcéreux, AINS, médicaments cardio-vasculaires hors cholestérol et HTA (vasodilateurs, veinotoniques),… sont également en forte décroissance sous l'effet des génériques, des déremboursements et des recommandations gouvernementales. Sanofi-Aventis reste le solide leader avec un chiffre d'affaires de 5 Mrds €. Pfizer/Wyeth pointe en deuxième position avec 2,5 Mrds € de chiffre d'affaires. Franck Amalric a rappelé que l'industrie pharmaceutique française était un secteur stratégique pour le pays. Elle occupe depuis 1995 une place de numéro un en Europe, avec un quadruplement de cette production en vingt ans, alors que le pays a plutôt connu un processus de désindustrialisation. Pharmavalley autour de Dreux est d'ailleurs le premier cluster européen avec 50 000 emplois, dont 37 000 en production. Et pourtant cette production est menacée par une innovation thérapeutique en berne, une assurance-maladie en difficulté, le tout dans une économie molle. Sabine Dandiguian, présidente de Janssen-Cilag France, a été appelée à la tribune pour témoigner de la difficulté de pérenniser des installations industrielles en France, lorsque l'on appartient à un groupe américain. « Le maintien de notre site de Val-de-Reuil est un combat au quotidien. Les centres de production sont en compétition à l'intérieur du groupe au niveau mondial et la France a un problème de compétitivité » a-t-elle affirmé.

Montée en puissance des façonniers

Le résultat de tout cela, ce sont des usines qui changent de main, selon Sébastien Aguettant, président du Spis (syndicat du façonnage). Les acteurs de la pharmacie se désengagent de leur outil de production au profit des façonniers qui montent en puissance. « Nous avons eu la chance d'avoir eu peu de délocalisations. Mais on compte aujourd'hui 60 usines sous-traitantes sur plus de 200 » ajoute-t-il. Et ce mouvement n'est probablement pas achevé. « Il reste beaucoup d'usines pharmaceutiques avec des savoir-faire non différenciants. On peut imaginer que les sociétés se posent la question de leur cession ». Côté des façonniers, les rachats sont encore envisageables mais avec des contrats à la clé. Sébastien Aguettant n'a pas manqué d'évoquer l'amendement Bolar qui empêche toujours les Français de produire des lots de génériques tant qu'un produit princeps n'est pas tombé dans le domaine public, contrairement à certains pays européens. Ce dossier devrait néanmoins trouver son épilogue le 26 octobre à l'occasion d'une prochaine réunion du CSIS (conseil stratégique des industries de santé). Christian Lajoux, président du Leem, n'a pas manqué de se féliciter de la tenue de cette réunion « après deux ans d'attente ». La question de la bioproduction a ensuite été largement abordée. Noël Renaudin, président du Centre d'étude et de prospective stratégique (CEPS), a fait état d'« un retard considérable » de la France dans ce domaine. Néanmoins les acteurs de la production, en particulier les façonniers se posent la question d'investir dans ce domaine. Pour Sébastien Aguettant, le problème majeur réside dans le coût d'accès aux technologies. Les montants à investir sont de l'ordre de 10 à 30 millions d'euros. « Les sous-traitants hésitent car il n'y a pas de débouchés à forts volumes. Le métier est jeune, il est difficile de se lancer » a-t-il expliqué. En revanche, pour Sanofi-Aventis, avec sa force de frappe de numéro quatre mondial, un virage vers les biotech pouvait à tout moment être amorcé. Francis Carré, vice-président Chimie-Biotechnologies de Sanofi-Aventis, a présenté le projet Biolaunch, de reconversion du site de Vitry-sur-Seine en site de bioproduction (CPH n°465). « C'est une réponse au changement de modèle de l'industrie » a-t-il déclaré. Le montant de l'investissement est de l'ordre de 200 M€. Cette intervention a été complétée par une allocution de Daniel Vasmant, de la Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services. Il a souligné l'importance des biomédicaments en termes de service médical rendu dans la mesure où ils sont plus nombreux à présenter des ASMR 1 et 2. Et si la France est en retard en matière de production, elle se révèle plus dynamique en recherche. Pas moins de huit pôles de compétitivité ou clusters sont impliqués en R&D, avec, en-tête, Medicen et LyonBiopôle.
À Dreux, Sylvie Latieule Votre titre ici
Dreux construit des salles propres pour des sociétés innovantes
L'agglomération drouaise va mettre à disposition d'acteurs de la pharmacie 3 500 m2 de salles propres à l'horizon 2011. « Ces salles de classe 100 000 seront adaptables en classe 10 000 », a précisé Jacques Lemare, vice-président de
Dreux agglomération. Accessibles en location,
elles seront principalement destinées à des biotechs ou des laboratoires de recherche. D'une hauteur sous plafond de 5 à 7 mètres, elles pourront néanmoins accueillir de petites productions. « Ce type de locaux manque », a ajouté J. Lemare pour justifier cet investissement de moins de 10 millions d'euros.


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