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Complix dompte les « alphabodies »

Aurélie Dureuil

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Complix dompte les « alphabodies »

Mark Vaeck, cofondateur et p-dg de Complix

© Complix

La société belge poursuit le développement de ces protéines thérapeutiques combinant l'efficacité des anticorps et la faculté des molécules chimiques d'entrer dans les cellules.

Après les anticorps, les alphabodies. Découvertes par les fondateurs de la société Complix, ces entités sont issues des recherches en ingénierie des protéines menées par Ignace Lasters, PhD en biochimie à l'université libre de Bruxelles, cofondateur et actuel directeur scientifique de Complix. « Nous avons travaillé à partir du constat qu'il manquait quelque chose qui aurait la spécificité d'un anticorps et l'habilité de réagir avec un grand nombre de cibles de maladie mais aussi la capacité d'entrer dans les cellules comme les molécules chimiques. C'est ce qui nous a amenés à créer ces petites protéines : les alphabodies », témoigne Mark Vaeck, cofondateur et p-dg de Complix.

Trois hélices pour une grande stabilité

 

A partir d'un développement in silico, ces petites protéines affichent des propriétés bien particulières. Leur structure repose sur trois alpha-hélices qui leur confèrent notamment une grande stabilité. « Elles résistent à des températures allant jusqu'à 120 °C comme les protéases. Cette structure d'alpha-hélices permet à ces protéines d'être des inhibiteurs de façon très spécifique dans les cellules. C'est une promesse énorme », cite le dirigeant de Complix. Il précise également que ces entités « sont aussi stables à l'intérieur qu'à l'extérieur de la cellule ». Car l'intérêt des alphabodies réside dans leur capacité à pénétrer la membrane cellulaire pour agir à l'intérieur de la cellule.

Créée en 2008, la société belge s'est développée en deux phases. Pour la première, l'équipe de Complix s'est concentrée sur un alphabody agissant sur une cible extracellulaire. Le projet IL23 concerne le blocage de l'action de cytokines « qui jouent un rôle central dans plusieurs maladies inflammatoires, comme l'arthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn, etc. », cite le dirigeant de Complix. Avant d'ajouter : « Nous avons un lead, CMPX-1023 qui a passé les tests sur les animaux, les études toxicologiques et la mise au pont de la production. Nous avons prouvé que cette molécule joue un rôle important et présente moins d'effets secondaires que les traitements actuels. Cette molécule est prête pour le développement clinique ». Grâce à ce projet, la société a montré l'intérêt thérapeutique de ces petites protéines, mais elle n'exploite pas encore toutes leurs propriétés.

Une action intracellulaire

 

En parallèle, la société a donc mis au point une molécule Alphabody qui entre dans la cellule. « Nous menons plusieurs projets au stade de découverte pour cette deuxième génération. Les résultats sont très prometteurs dans le domaine de l'oncologie. Nos alphabodies agissent sur des cibles intracellulaires », témoigne Mark Vaeck. Le dirigeant entend se concentrer sur le développement de cette deuxième génération d'alphabodies. Il cherche ainsi un partenaire pour poursuivre le développement de sa première génération d'alphabodies et mener ses protéines en phase I d'essais cliniques. Concernant la deuxième génération, l'équipe de Complix se concentre sur le choix d'un produit pour mener la preuve de concept. « Nous réaliserons la première partie des phases cliniques afin de déterminer l'indication thérapeutique », indique Mark Vaeck. Pour mener les études pré-cliniques, la société a procédé en juin 2013 à sa deuxième levée de fonds. D'un montant de 12 millions d'euros, ce financement a mobilisé les actionnaires existants (LRM, OMNES Capital, Vesalius Biocapital, Gemma Frisius Fund, TrustCapital, Vinnof, Baekeland Fund, CRP-Santé) mais aussi de nouveaux acteurs : Edmond de Rothschild Investment Partners (France), Gimv (Belgique) et Biotech Fund Flanders (dirigé par Gimv). Complix est établi à Hasselt (Belgique) au sein de l'incubateur des sciences de la vie BioVille. La jeune entreprise dispose de laboratoires de R&D à Ghent (Belgique) et au Luxembourg. Complix a par ailleurs conclu des alliances de recherche avec CRP-Santé (Centre de recherche public de la santé, Luxembourg) et VIB (institut de recherche dans les sciences de la vie belge). La société belge avait levé 7 M€ en 2010. Avec ces fonds, le dirigeant estime pouvoir « aller jusqu'en 2015 avec au moins une molécule voire deux aux portes des développements cliniques ». Mark Vaeck envisage de se tourner à nouveau vers les investisseurs afin de réaliser les premières phases puis d'« engager une alliance avec un laboratoire pharmaceutique pour les phases II et III puis pour la mise sur le marché ».

Chiffres clés

- Création en juin 2008

- 25 salariés

- 2010 levée de fonds de 7 M€

- Juin 2013 levée de fonds de 12 M€

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