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Chimie fine/spécialités/Double inauguration d'unités chez Clariant à Lamotte

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Le 12 octobre, le groupe chimique suisse inaugurait sur son principal site industriel français (chiffre d'affaires de l'usine : 1 270 millions de francs en 2001 pour un effectif de 836 personnes) situé à Lamotte (Oise) deux nouvelles installations de chimie fine : une unité - transférée de Lillebonne - d'acide glyoxylique d'une capacité de 25 000 tonnes/an (en 50 %), pouvant être portée à 30 000 t/an et une unité produisant en exclusivité l'intermédiaire clé d'un nouvel herbicide de l'un des majors de l'industrie agrochimique mondiale. L'unité d'acide glyoxylique précédemment implantée à Lillebonne a été transférée à Lamotte suite à l'arrêt de l'unité d'acétaldéhyde (105 000 t/an) de Celanese qui l'approvisionnait. Matière première du glyoxal et de l'acide glyoxylique, deux produits majeurs de Clariant, l'acétaldéhyde n'est plus fabriqué par Celanese qu'à Francfort (135 000 t/an). Après l'arrêt de l'unité de Lillebonne et la cession de la plate-forme avec son unité de polypropylène (ex-Basell) à Exxon Mobil Chemical, plus rien ne justifiait la présence de Clariant sur le site normand. D'autant que le glyoxal destiné aux résines textiles et autres applications continuait à être produit à Lamotte. Le chantier de transfert a duré au total moins d'un an et nécessité 40 000 heures d'étude pour un coût technique et social d'environ 200 MF. Pour assurer la continuité des livraisons, le transfert des principaux équipements a été réalisé en un temps record : moins de huit semaines ont en effet suffi à mener à bien l'opération entre l'arrêt des productions à Lillebonne et leur redémarrage à Lamotte. Sur les 47 personnes de Lillebonne à qui une mutation avait été proposée, seulement 21 ont suivi. Les autres, à l'exception de deux qui sont toujours à la recherche d'un emploi, ont été embauchées par les entreprises normandes grâce à une antenne emploi mise en place dans le cadre du plan social. Il s'agit pour l'acide glyoxylique de Clariant d'un véritable retour aux sources. La fabrication industrielle de ce produit obtenu par oxydation nitrique de l'acétaldéhyde, via le glyoxal, a en effet commencé dès les années 60 sur le site de Lamotte, ayant successivement appartenu à Bozel Maletra, Nobel Bozel, Nobel Hoechst Chimie, Société Française Hoechst et maintenant Clariant. Produit naturel intervenant dans le métabolisme des sucres, l'acide glyoxylique devait se révéler un intermédiaire de chimie fine particulièrement fécond. C'est son rôle dans la synthèse d'arômes (vanilline, éthyl-vanilline et héliotropine) qui devait lui permettre de changer de dimension industrielle dans les années 70, grâce notamment à Rhône-Poulenc qui avait développé de son côté une synthèse originale des diphénols, précurseurs de ces arômes. Une deuxième impulsion a été donnée un peu plus tard grâce au succès de l'amoxycilline (et d'autres antibiotiques semi-synthétiques) qui comporte un substituant para-hydroxyphényl glycine, acide aminé directement dérivé de l'acide glyoxylique. Parallèlement l'allantoïne, un produit naturel obtenu par addition d'acide glyoxylique sur l'urée et dont Clariant est le n°1 mondial, poursuivait sa brillante carrière dans les cosmétiques. De nombreux autres dérivés devaient suivre, comme des complexants sélectifs du fer, un intermédiaire pour médicament antisida (le glyoxylate de L-menthyle) et une coumaranone intervenant dans la synthèse de l'azoxystrobine de Syngenta. Devenu un intermédiaire important, l'acide glyoxylique n'a pas manqué de susciter des vocations. L'autrichien Chemie Linz, depuis intégré à la chimie fine de DSM, qui a développé il y a quelques années une voie de synthèse originale des esters glyoxyliques via l'ozonolyse réductrice des esters maléiques est devenu ainsi un concurrent significatif dans la chimie de l'acide glyoxylique. Le seul problème qui assombrit l'avenir de l'acide glyoxylique chez Clariant est celui de la matière première. Privé de son principal débouché dans la production d'acide acétique et d'acétate de vinyle, l'acétaldéhyde a vu se restreindre considérablement son marché et ses capacités de production, ce qui menace à terme toute sa chimie aval. Conscient de ce risque, Clariant travaille activement sur des solutions alternatives aussi bien pour sa chimie du glyoxal que pour celle de l'acide glyoxylique. La deuxième installation inaugurée vendredi, est une unité de taille plus modeste fonctionnant par batches (alors que l'unité d'acide glyoxylique travaille en continu). Représentant 2 000 heures d'études et un investissement de plusieurs dizaines de millions de francs, elle comprend notamment un réacteur vitrifié Pfaudler de 15 m3 et tout un système de manipulation automatisée des solides (notamment un filtre-presse automatique pour la séparation du produit final) et de recyclage et de traitement des effluents. Un doublement de l'atelier est prévu si le besoin s'en fait sentir. Actuellement en cours de démarrage, cette unité produira un intermédiaire clé pour un nouvel herbicide. L'implantation locale de cette nouvelle production était logique, dans la mesure où le procédé d'oxydation nitrique du précurseur fabriqué chez Clariant en Allemagne, a été développée par les équipes de recherche et développement de Lamotte. De plus, l'usine dispose d'une grande expertise en oxydation nitrique (glyoxal, acide glyoxylique, acide para-tertiobutyl benzoïque) et d'une installation de destruction des émissions de N2O, un gaz à effet de serre généré par ces oxydations. Ses rejets qui étaient de 9 600 t/an (soit 2,7 Mt/an d'équivalent CO2) il y a quelques années devraient tomber à 530 t/an à fin 2002. Bien que couverte par des accords de secret, la nature de l'intermédiaire en question est relativement transparente. Il s'agit probablement de l'acide 2-nitro 4-mésyl benzoïque, obtenu par oxydation nitrique du toluène substitué correspondant. Ce produit est l'intermédiaire clé de la mésotrione, un herbicide de synthèse de la famille des callistémones (de Callistemon citrinus une plante qui génère des molécules naturelles similaires à effet herbicide). Herbicide sélectif du maïs, la mésotrione est déjà commercialisée par Syngenta dans plusieurs pays sous la marque Callisto. Elle est en cours de lancemment sur le marché français (voir Phytoma n°542 octobre 2001, p.41-44). Cet herbicide, qui présente un profil toxicologique, écotoxicologique et environnemental particulièrement favorable pourrait remplacer les triazines dans de nombreuses applications. A Lamotte, D.S.

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