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Chimie fine /SNPE mise sur les peptides

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SNPE qui cherche toujours à réduire ses activités défense au profit d'une activité chimie qui pèse déjà 2,7milliards de francs, soit 45% de son portefeuille, se développe notamment sur quelques niches en chimie fine. C'est ainsi que le groupe a inauguré une nouvelle unité de production de peptides sur le site de Neosystem, société acquise progressivement depuis 1992 et intégrée à sa filiale Isochem. Les peptides, explique Bernard Rivière, directeur général adjoint du groupe et responsable du secteur chimie, sont "au coeur de la stratégie chimie de SNPE et au coeur de ses compétences". En effet la fabrication de peptides utilise les procédés de phosgénation, une des spécialités du groupe. SNPE s'était d'ailleurs déjà développé dans ce secteur avec la reprise de Propeptide. Neosystem est également sur un des marchés cibles du groupe, la pharmacie. SNPE réalise un chiffre d'affaires de 710MF (14% de ses ventes) dans la chimie fine pharmaceutique, essentiellement à travers d'Isochem qui a lancé un investissement de 100MF à Toulouse pour la construction d'une unité de matières actives pharmaceutiques. La nouvelle unité de Neosystem qui représente un investissement de 20MF est dédiée à la fabrication GMP (Good Manufacturing Practices) de peptides et de molécules apparentées. Elle dispose d'un équipement perfectionné , de salles blanches, d'un air purifié. "être reconnu comme fournisseur GMP par la profession et par la FDA (Food and Drug Administration) sur le marché américain est un atout supplémentaire pour se voir confier de nouveaux projets", explique Serge Plaue, directeur général de Neosystem et cofondateur de cette société en 1986. La nouvelle unité utilise à la fois les techniques de synthèse en solution et de synthèse peptidique en phase solide. "Depuis sa création en 1986, Neosystem a synthétisé 18 000 peptides", souligne Serge Plaue, et compte aujourd'hui 800 clients au niveau mondial (contre moins de 500 en 1996). Les laboratoires pharmaceutiques représentent 80% de cette clientèle. La société a ainsi enregistré un bond considérable ces dernières années, son chiffre d'affaires passant de 14,9MF à 23,2MF en 1997. Un chiffre d'affaires de 28MF est prévu pour cette année et de 40MF à l'horizon 2000. Neosystem réalise 40% de ses ventes avec des peptides "de catalogue" qui servent notamment de réactifs (en biologie, immunologie,...) ou de molécules de réference (substrats inihibiteurs d'enzymes, peptides biologiquement actifs,...). La synthèse à façon, destinée essentiellement au développement de nouveaux médicaments, représente 60% de l'activité. A côté de la pharmacie, marché le plus porteur, des débouchés existent en cosmétologie (inhibiteur de collagénase, melanocyte stimulating factor) et dans l'agro-alimentaire. "Depuis la crise de la vache folle, les peptides de synthèse se substituent de plus en plus aux protéines d'origine bovine utilisées jusqu'alors", souligne Serge Plaue. En agro-alimentaire, les peptides peuvent servir à sucrer les aliments comme l'aspartame ou comme antibiotiques pour leur conservation. "Neosystem continue à disposer d'un potentiel de croissance élevé du fait de l'importance grandissante des peptides dans la recherche et le développement de nouveaux médicaments", explique SNPE. En travaillant avec les laboratoires pharmaceutiques dès le développement des médicaments, la société augmente en outre ses chances de se voir confier leur production dans le futur. D'autant plus que ces laboratoires ont de plus en plus tendance à sous-traiter la production de matières actives. Agissant comme hormones, facteurs de croissance, vaccins, neurotransmetteurs ou toxines, les peptides peuvent être utilisés dans de nombreux domaines thérapeuthiques : maladies cardio-vasculaires, vaccins, antibiotiques, cancers, sida, ostéoporose,... Des produits peptidiques sont également en développement pour le traitement de l'asthme et de la migraine. Quant au peptides destinés au diagnostic, un des rares domaines ou des produits sont déjà commercialisés, ils représentent déjà 5 à 10% du chiffre d'affaires de Neosystem. L'intérêt spécifique des peptides utilisés en thérapeutique est leur absence d'effets secondaires. De même "des phénomènes de résistance apparaissent moins facilement qu'avec des antibiotiques classiques", explique Serge Plaue. Cependant le développement de médicaments peptidiques "est limité du fait de leur mode d'administration quasi exclusive par injection", explique t-il. Des recherches sont en cours pour la mise au point de formes injectables retard, de modes d'administration par les muqueuses ou même par voie orale après micro-encapsulage. L'avenir des peptides dépend en grande partie de la réussite de ces recherches. Actuellement, Neosystem participe avec ses peptides au développement d'une dizaine de médicaments dont les premiers devraient faire leur entrée sur le marché "d'ici cinq ans", prévoit Serge Plaue. Il estime à environ 1 milliard de francs le marché global actuel des peptides où Neosystem est en concurrence avec le suisse Bachem, le suédois Polypeptide et plusieurs petites sociétés comme Peninsula, American Peptide et Novabiochem. Pour l'instant, SNPE, un des rares groupes à investir dans cette niche exploitée essentiellement par des petites sociétés indépendantes, a quelques longueurs d'avance. Seuls le belge UCB et le suisse Orgamol sont déjà sur les rangs. Mais "le moteur va s'emballer dès qu'il y aura quelques grands médicaments à base de peptides de synthèse", prévoit Bernard Rivière. La réussite des quelques médicaments peptidiques existants - notamment l'anticancéreux Zoladex de Zeneca - est à cet égard prommetteuse. Et plusieurs groupes pharmaceutiques comme Astra, Roche ou Merck ont déjà dans leur pipeline des peptides en phase 2 de développement. Leur production reviendra essentiellement à Neosystem et ses concurrents, les laboratoires pharmaceutiques ne disposant pas (ou plus), à quelques rares exceptions près comme Sanofi ou Merck, d'une production intégrée de peptides. A terme, certains groupes pharmaceutiques "pourraient cependant regrouper leurs compétences dans ce domaine", estime Bernard Rivière. De Strasbourg, Cyrienne Clerc n

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