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Chimie fine pharmaceutique : la reprise repoussée à 2005

Sylvie Latieule
Le CPhI, salon européen de la chimie fine pharmaceutique, qui s'est tenu du 27 au 29 octobre à Francfort, a remporté un vif succès. Tous les records d'affluence ont été battus avec plus de 1 300 entreprises exposantes et près de 11 000 visiteurs. Une situation paradoxale alors que se multiplient les plans d'austérité, les fermetures d'unités, les restructurations, les bouleversements d'organigrammes et les mises en vente d'activités. De toute évidence, la profession a cherché à sauver les apparences, mais elle n'y est pas parvenue. Un patron français a estimé qu'en 2003 le recul global des entreprises de chimie fine serait de l'ordre de 15 %. Par ailleurs, l'amélioration que l'on attendait en 2004 n'aura pas lieu et il faudra probablement attendre une année de plus pour entrevoir des signes de reprise.
Ce mal, dont souffre la chimie fine, est toujours le même : les surcapacités. Ses causes les plus fréquemment citées sont le ralentissement de l'innovation pharmaceutique, l'augmentation de l'activité des nouvelles molécules et la concurrence asiatique. Au dire des chimistes, les "big pharma" n'hésiteraient plus à aller faire leur marché en Chine ou en Inde où ils flairent aussi les débouchés pour la vente de leurs médicaments. En théorie, ce problème de surcapacité aurait pu être résolu par des restructurations plus drastiques ou des fermetures de sites. Mais trop peu d'acteurs ont joué le jeu. « Ils se sont montrés réticents à la fermeture d'unités souvent trop récentes qui ont fait l'objet d'importants investissements » explique un patron allemand. De fait, la profession reste tributaire de la reprise de l'innovation pharmaceutique pour absorber ses surcapacités. En attendant des jours meilleurs, les entreprises continuent à se positionner sur des segments plus porteurs comme le "early stage", correspondant à la fourniture de molécules du préclinique à la phase II. Parmi les plus récents investissements, Lonza a démarré une unité de ce type en juillet, tandis que Rhodia vient de prendre le contrôle d'un ancien site DuPont basé à Chambers Works dans le New Jersey. Cet investissement s'est toutefois accompagné de deux fermetures de sites dans le Massachusetts. Parallèlement, les entreprises continuent à améliorer leurs boîtes à outils avec de nouvelles réactions chimiques ou des catalyseurs toujours plus performants. Avecia a, par exemple, présenté le Pd EnCat, un nouveau catalyseur organométallique où ligand et métal sont piégés dans une matrice de polyurée. Ce catalyseur cumule ainsi les avantages de la catalyse homogène et hétérogène. Reste que les plus pessimistes n'entrevoient de salut pour la chimie fine qu'au prix d'un bouleversement profond des mentalités. Parmi les pistes proposées, il y a, par exemple, l'intégration en aval dans la formulation, la refonte des procédés pour remplacer le batch par du continu, le développement des microréacteurs. Trop d'acteurs se battent aujourd'hui sur les mêmes terrains de la technologie et du management de projet et ne parviennent plus à se différencier dans une offre de sous-traitance particulièrement exhaustive. Le temps est peut-être venu d'explorer d'autres voies. SYLVIE LATIEULE

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