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Chimie fine : PCAS complète son offre de services «one stop shopping »

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PCAS a mis en service en mars dernier, sur le site Expansia à Aramon (Gard), de nouvelles installations de synthèse à façon.
Le site s'est ainsi doté de deux nouvelles unités de production cGMP kilo-lab, strictement indépendantes, dont l'une est dédiée aux cytotoxiques. Quant à la seconde, elle permet à PCAS de renforcer sa présence dans la synthèse de lots précliniques et cliniques. Elle dispose de réacteurs dont la capacité peut atteindre 10 litres (soit une quantité produite allant de 100 grammes à 1 kilogramme) et a nécessité un investissement d'environ 250000 ? . Un montant relativement faible pour ce type de structure, la société ayant tiré parti de l'existence de locaux à atmosphère contrôlée disponibles au sein du bâtiment, qui héberge déjà un atelier indépendant de production de molécules cytotoxiques à l'échelle du laboratoire. « Si PCAS avait dû construire un nouveau bâtiment, le montant de l'investissement aurait été multiplié par quatre », souligne Éric Manginot, directeur R&D chez Expansia. L'atelier de cytotoxiques connexe a lui aussi fait l'objet d'un investissement. Ses capacités ont été revues à la hausse, autorisant désormais PCAS à augmenter la fréquence de production de ce type de composés, en plus des quantités à l'échelle du laboratoire. Il profitera par ailleurs de la nouvelle unité de production de lots cliniques. « Certaines étapes de synthèse d'intermédiaires de cytotoxiques, auparavant conduites au sein de l'unité dédiée à ce type de composés, peuvent désormais être conduites dans le nouvel atelier, tant que les intermédiaires en question ne sont pas eux-mêmes cytotoxiques », explique Éric Manginot. Cela dégage des capacités pour l'atelier de cytotoxiques et renforce sa flexibilité. Cette structure positionne PCAS sur un segment en forte croissance au sein du marché de la chimie fine : les molécules hautement actives représentent aujourd'hui 10 % des médicaments en développement, contre 5 % dans les années 90. Le groupe français rejoint ainsi nombre de ses concurrents qui ont investi dans ce domaine, principalement aux États-Unis. Comme Cambrex ( CPH n° 242 ), EaglePicher, Irix, Solutia (suite à la reprise en 2004 de Tetrionics), Lonza ou encore Aerojet Fine Chemicals. Un effort commercial accru à destination des sociétés émergentes Ces investissements entrent dans le cadre de la stratégie « One stop shopping » de PCAS, qui a réalisé l'an dernier 45 % de son chiffre d'affaires total (194,4 M ? ) dans la chimie fine pharmaceutique, en plus des 15 % issus de sa filiale de façonnage Créapharm. Avec pour objectif de proposer l'ensemble des services nécessaires à la production de médicaments. Face à la morosité du secteur dans la synthèse à grande échelle, notamment due à la baisse de la productivité de la recherche des « big pharma » et à la concurrence asiatique, le groupe développe ainsi sa présence dans les projets « early stage » (stades précoces). Par conséquent, PCAS est amené à renforcer son activité liée aux sociétés émergentes : ces dernières n'ont en effet que rarement les compétences et les ressources industrielles nécessaires pour la synthèse de leurs molécules, des phases précoces du développement (essais précliniques et cliniques de phase I à IIb), jusqu'à la production à grande échelle (phase III et production commerciale) et le façonnage. De plus, ce sont ces petites sociétés qui représentent aujourd'hui la plus grande source de nouvelles molécules. Cette stratégie d'offre intégrée s'impose au sein du secteur de la chimie fine et présente des avantages certains pour les donneurs d'ordre. « Un client de PCAS peut bénéficier d'importantes synergies - en termes de délai et de coûts - s'il souhaite faire appel à plusieurs éléments de notre offre de services », avance Michel Follet, directeur scientifique de la division Synthèse pharmaceutique. Ainsi, les données issues des travaux sont mises à profit par le service Support réglementaire, le département de développement analytique ou encore par Créapharm pour le développement galénique. Le tout sous la direction d'un chef de projet, unique interlocuteur du client, qui coordonne les différents intervenants. « La qualité des relations entre donneur d'ordre et prestataire est cruciale », ajoute Michel Follet, soulignant l'extrême importance de la transparence et de la réactivité dans ce contexte.
Au-delà des investissements industriels, PCAS a également accru ses efforts dans le marketing. Avec notamment la mise en place l'an dernier d'une structure commerciale aux États-Unis, l'Amérique du Nord représentant actuellement 16 % de l'activité pharmaceutique de PCAS, contre 18 % en Asie, 26 % en Europe et 39 % en France. Et, selon Michel Follet, « les premiers résultats de nos efforts outre-Atlantique sont prometteurs ». Autre source de contacts commerciaux, la collaboration avec des sociétés de conseil – comme Biojectis en ce qui concerne PCAS – qui permet aux sociétés émergentes d'identifier les fournisseurs de services dont elles ont besoin tout au long du développement de leurs médicaments candidats. Reste que les exemples de sociétés qui font effectivement appel à une solution intégrée semblent pour l'instant relativement peu nombreux, malgré les avantages qu'offre cette stratégie sur le papier. L'enjeu est pourtant de taille pour le groupe français, qui a renoué l'an dernier avec la croissance de ses ventes, grâce à l'acquisition de VLG Chem, société issue de la reprise du site de Villeneuve-la-Garenne auprès d'Aventis ( CPH n°258 ). Un défi partagé par l'ensemble de ses concurrents occidentaux, qui connaissent les mêmes difficultés.
D'Aramon, Cédric Ménard

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