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Chimie Fine : PCAS Biosolution, mariage des catalyses chimique et enzymatique

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« Nous ne sommes pas intéressés par des capacités supplémentaires, mais par des technologies différenciantes qui nous protègent d'une certaine concurrence asiatique ». La stratégie de PCAS a été clairement résumée par son pd-g, Christian Moretti, à l'occasion d'une visite du site d'Aramon dans le Gars.
La dernière grande acquisition du groupe remonte à juin 2004 avec la reprise du site Aventis de Villeneuve-La-Garenne (Hauts-de-seine) où sont produites quelques étapes de la matière active de l'antithrombotique Lovenox. Depuis, l'actualité de PCAS est jalonnée d'annonces de partenariats avec des sociétés de petites tailles à fort contenu technologique, à l'image de Borochem, Provence Technologies ou Proteus. « Et il y en aura d'autres », a prévenu Christian Moretti qui étudie toujours des dossiers. Mais de toutes les alliances nouées ces derniers mois, celle réalisée avec Proteus est de loin la plus importante. Elle a d'ailleurs fait l'objet de la création de la co-entreprise PCAS Biosolution, placée sous la conduite de Jean-Marie Sonet. Si l'annonce remonte à février 2006, la société commune est opérationnelle depuis cet automne. De l'avis de Daniel Dupret, président de Proteus, son grand mérite est de marier la chimie et la biologie pour la découverte de nouvelles voies de synthèse. Désormais, une molécule pharmaceutique confiée à PCAS pourra être produite par une alternance d'étapes chimiques et enzymatiques dans une même ligne de production. « Les réactions chimiques, réalisables au stade de laboratoire, ne sont pas toujours transposables à l'échelle industrielle », explique Daniel Dupret. D'où l'intérêt de recourir à la voie enzymatique qui affiche des atouts séduisants. Souvent, elle permet de réduire le nombre d'étapes de synthèse, d'améliorer la productivité et le rendement, d'augmenter la pureté… Au sein de PCAS BioSolution, cette association entre chimie et biologie sera d'autant plus efficace qu'elle sera orchestrée sur la totalité d'une synthèse et non pour remplacer telle ou telle étape chimique récalcitrante. Un partage des rôles clairement défini Dans le cadre de cet accord qui repose avant tout sur un partage de la R&D, les deux sociétés ont clairement défini leurs rôles. Proteus donne accès à une banque de micro-organismes, qui une fois criblée permet de sélectionner l'enzyme (estérase, nitrilase, nitrile hydratase, amidases, epoxyde hydrolases…) qui viendra catalyser une réaction donnée. Proteus dispose également de petites installations lui permettant de produire et de formuler les enzymes entrant par la suite dans les réacteurs de PCAS. En contrepartie, Proteus récupère davantage de valeur ajoutée. Au lieu de donner accès à sa technologie en échange de royalties, ce dernier sera rémunéré sur la base d'un produit fini à forte valeur ajoutée livré par PCAS. De son côté, la société de chimie fine s'assure un avantage compétitif sur ses concurrents en accédant à une plateforme technologique unique au monde. En échange, elle réalise la production et la commercialisation des matières actives pour le compte du joint-venture. Depuis l'automne, les deux entreprises ont ainsi commencé à examiner des projets qui, sur la base de critères techniques et économiques, pourraient tirer parti de cette association. Daniel Dupret estime qu'il faudra patienter 3 ans pour percevoir des gains de chiffres d'affaires significatifs. Mais le potentiel est très important: « 30 % des molécules de la pharmacie peuvent relever de cette technologie », estime-t-il. Des marges à améliorer pour PCAS Parallèlement à sa stratégie d'alliance technologique, PCAS s'offre un petit lifting. Le coup d'envoi a été donné à la mi-année avec la création de deux entités bien distinctes : la Pharmacie, placée sous la direction de Vincent Touraille, et les Spécialités, sous la conduite d'Alain Dugueyt. Et ce programme devrait s'échelonner sur trois ans. Dans les deux branches, le groupe s'est fixé comme objectif d'améliorer le bénéfice d'exploitation de 5 millions d'euros sur 2007-2008 par une succession de mesures comme le toilettage des gammes de produits, la rationalisation des achats, la réorganisation de la production en systématisant les back-up, la réduction des niveaux hiérarchiques ou la prospection de nouveaux marchés. Dans la pharmacie, c'est par exemple le marché américain des génériques qui est visé. Pas de rachat d'entreprise prévu. En revanche, Vincent Touraille annonce qu'il souhaite y renforcer ses forces de vente. Si la branche Pharma génère 40 % de son chiffre d'affaires dans le custom manufacturing, la production de génériques compte tout de même pour 30 %. Et dans ce dernier domaine, qui mieux que PCAS Biosolution pour apporter des voies de synthèse totalement innovantes. La boucle est ainsi bouclée. À Aramon, Sylvie Latieule

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