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Chimie fine : Borochem: a star is Bore

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Après deux ans de développement, un jeune chercheur du Centre d'études et de recherche sur le médicament de Normandie (CERMN), Alexandre Bouillon, vient de créer la société Borochem, spécialisée dans la conception, le développement et la production d'acides et d'esters organoborés par cryoboration (acides et esters boroniques ou dérivés organoborés).
Financé par Oseo-Anvar et Normandie Incubation, cet essaimage de l'université de Caen s'appuie sur une technologie originale de synthèse d'intermédiaires organoborés. Ces derniers sont utilisés dans le cadre de réactions de couplage carbone-carbone métallo-catalysées (aussi appelée réaction de Suzuki-Miyaura), dans lesquelles sont mis en présence un halogénure d'aryle et un acide boronique, en présence d'un catalyseur au palladium. La création de liaisons carbone-carbone est largement utilisée par les laboratoires pour la synthèse de principes actifs. Toutefois, l'utilisation des organoborés était jusqu'alors relativement limitée, principalement en raison du coût élevé de leur synthèse. « La technologie que nous avons développée permet de maîtriser les coûts par l'augmentation du rendement de la réaction », précise Alexandre Bouillon. De plus, « nous pouvons varier énormément le nombre de substrats et obtenons une très bonne pureté des produits », souligne-t-il. Des qualités qui ont déjà séduit Sanofi-Aventis, l'un des clients de Borochem aux côtés d'autres laboratoires pharmaceutiques. Le laboratoire français s'est intéressé très tôt aux travaux d'Alexandre Bouillon, finançant en partie sa thèse. « L'intérêt de Sanofi-Aventis pour nos composés a été l'un des catalyseurs de la création de Borochem », souligne le jeune dirigeant. En dehors de la pharmacie, d'autres secteurs sont également visés par l'entreprise, à l'instar de l'agrochimie ou des polymères. L'entreprise dispose déjà d'un catalogue d'environ 200 références, dont la distribution est assurée par Interchim, avec pour objectif de porter ce chiffre à plusieurs milliers dans les deux prochaines années. Pour l'instant, la société dispose de capacités lui permettant de produire des quantités allant de quelques milligrammes à plusieurs centaines de grammes. Des discussions sont en cours avec différentes entreprises afin de lui permettre de disposer de capacités pour des quantités plus importantes, si le besoin s'en faisait sentir. « Nous comptons réaliser environ 100000 euros de chiffre d'affaires la première année, et dégager nos premiers bénéfices dès l'année prochaine, assure Alexandre Bouillon, au-delà, la croissance devrait continuer à être au rendez-vous ». Toutefois, Borochem devra jouer des coudes pour se faire un nom dans ce secteur. Aux côtés notamment des grands noms de la chimie fine, comme Clariant ou Sigma Aldrich Fine Chemicals, ou des sociétés de moindre envergure comme l'Australien Boron Molecular et l'Américain Frontier Scientific. Borochem ne cherche toutefois pas à affronter les grands noms de la chimie, mais se concentre sur la niche des dérivés organoborés fins peu répandus. Exploiter le potentiel thérapeutique des molécules organoborées Mais, au-delà de la synthèse des intermédiaires, Borochem a également pour objectif le développement de principes actifs borés, dont l'intérêt a connu un développement majeur fin 2003. C'est en effet à cette date que le premier médicament à base d'un principe actif boré, Velcade (bortezomib) de Jansen Cilag et Millennium Pharma, a été homologué par la FDA, dans le traitement du myélome multiple. Et un autre composé boré, le talabostat de Point Therapeutics, est en développement tardif dans différents types de cancers. « L'intérêt thérapeutique des organoborés peut, entre autre, résider dans le mimétisme entre le groupement carboxylique et la fonction boronique », explique Alexandre Bouillon, qui ne cache pas son désir de trouver dès que possible un partenaire industriel pour le co-développement d'un médicament organoboré. En s'appuyant sur les connaissances de Borochem en chimie et en pharmacochimie.

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