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Cellectis entre dans le top 3 mondial avec le rachat de Cellartis

Sylvie Latieule

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Cellectis entre dans le top 3 mondial avec le rachat de Cellartis

© Cellectis

La société française de biotechnologies envisage de créer la plus grande banque de cellules souches au monde pour les besoins de la recherche pharmaceutique et cosmétique. En parallèle, deux programmes thérapeutiques la positionnent sur le terrain de la médecine régénérative.

La société française de biotechnologies Cellectis vient d'annoncer son intention d'acquérir la société suédoise Cellartis, leader européen des cellules souches. Cette opération se chiffre à 16,4 millions d'euros en numéraire et 1,93 million d'actions Cellectis, pour le rachat d'une société qui réalise 5 millions d'euros de chiffre d'affaires pour un effectif de 62 personnes. De son côté, Cellectis affiche 10 millions d'euros de chiffre d'affaires et emploie 130 personnes. Encore déficitaire, Cellectis a cependant le projet d'atteindre l'équilibre en 2013 avec des ventes de l'ordre de 20 à 30 millions d'euros. La part numéraire de cette acquisition, qui reste soumise à l'approbation de l'assemblée générale des actionnaires de Cellectis en octobre, sera financée par une levée de fonds de 50 millions d'euros, auprès du Fonds stratégique d'investissement (FSI) et d'un investisseur privé, Pierre Bastid. L'opération devrait être relutive, c'est-à-dire qu'elle améliorera le résultat par action, « au-delà de 2012 », assure Cellectis. Pour la biotech française, le but de ce rachat est de se renforcer dans le domaine des cellules souches grâce à la grande complémentarité des savoir-faires de sa filiale Ectycell, créée en 2009, et de Cellartis. Ectycell apporte son expertise dans la reprogrammation de cellules adultes en cellules souches iPS (souches pluripotentes induites), ce qui permet d'éviter le recours à des souches embryonnaires. De son côté, Cellartis apporte sa technologie de différenciation pour permettre à des cellules souches de se transformer de façon très reproductible en cellules cardiaques, de foie, en neurones et peut-être à plus long terme en cellules rénales. « Cette acquisition constitue un gain de temps de trois à cinq ans pour le développement d'Ectycell », assure David Sourdive, co-fondateur de Cellectis et président d'Ectycell. A court terme, l'enjeu est de déployer la plus vaste banque de cellules souches au monde. Cellectis pourra ainsi commercialiser ces cellules souches pour des utilisations in vitro dans les industries pharmaceutique et cosmétique ou auprès du monde académique. André Choulika, p-dg de Cellectis explique que seuls 30 % des médicaments auraient une efficacité thérapeutique réelle compte tenu de la diversité génétique des humains. Avec cette nouvelle technologie, les développeurs seront en mesure d'évaluer leurs nouvelles molécules de façon beaucoup plus précoce et sur des tissus issus d'individus aux profils génétiques plus variés, ce qui entre dans le cadre de la médecine ciblée. Dès l'année prochaine, Cellectis commercialisera donc ses premières cellules souches, avec l'objectif de générer, d'ici 3 à 5 ans, quelques dizaines de millions d'euros de chiffre d'affaires. Toujours autour de cette banque, Cellectis compte développer deux programmes de médecine régénérative avec une activité de production de sang artificiel (globules rouge de substitution). « Les premières transfusions sont attendues d'ici à quatre ans. Mais à terme, le potentiel de marché est immense, sachant que 80 % de la population n'a pas accès à la transfusion » explique André Choulika. Cellectis poursuivra parallèlement un partenariat engagé par Cellartis avec Novo Nordisk pour le développement de cellules productrices d'insuline et qui pourra rapporter jusqu'à 100 M€. En comptant les frais d'acquisitions et les investissements à réaliser pour déployer pleinement cette activité de cellules souches, Cellectis va consacrer un total de 30 millions d'euros à cette branche. Reste 20 M€ sur la levée de fonds qui seront investis dans le renforcement de l'activité Plant Sciences (15 M€) et le développement de Cellectis Bioresearch et des ses kits de recherche (5M€). Cellectis est plus que jamais sur les rails pour passer du statut de petite société de biotech à celui de groupe industriel s'appuyant sur quatre filiales à fort potentiel, avec un tronc commun qui reste l'ingénierie du génome.

 

 

 

 

« Cette acquisition sera financée par une levée de fonds de 50 M€ »

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