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Celenys : les cellules cancéreuses en 3D

Akela Sophia

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La fiche d'identité de Celenys

Effectifs : 2

Création : janvier 2013, à l'incubateur régional de Haute-Normandie Seinari (Rouen). Installation prévue en juillet 2013 à Biopolis (Rouen).

Récompenses : Prix Émergence du ministère de la Recherche (2012, 45 000 )

Lauréat du Concours Norbert Ségard (janvier 2013)

Lauréat du concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes dans la catégorie création-développement (juillet 2013, 150 000 )

Celenys : les cellules cancéreuses en 3D

Elise Demange, fondatrice de Celenys

© Celenys

En innovant dans la culture des cellules en 3D, Celenys réduit les coûts de la découverte de molécules pour les laboratoires.

Soutiens et encouragements se sont accumulés en trois ans. De quoi pleinement inciter Élise Demange à créer, en janvier 2013, la société innovante rouennaise Celenys, spécialisée dans le développement et la vente de supports innovants destinés à la culture de cellules en 3D avec Nicolas Dubois, son associé cofondateur et directeur général. Une société fondée sur la thèse d'Élise Demange sur le maintien et la survie des cellules souches hématopoïétiques au moyen d'hydrogels d'acide hyaluronique, un outil de culture de cellules inédit dans le monde. « Baptisée Biomimesys, notre technologie est applicable lors du développement de molécules plus précisément en phase préclinique non réglementaire », explicite Élise Demange « Actuellement, le criblage de molécules candidates s'effectue après leurs découvertes, sur des cultures de cellules cultivées en 2D, c'est-à-dire en tapis cellulaires. La molécule est alors directement en contact avec les cellules. Cependant leurs morphologies ne correspondent pas aux tumeurs présentes lors du développement d'un cancer. Nos hydrogels d'acide hyaluronique, disponibles en plaques standard de 96 ou 6 puits, permettent, lors de la culture de cellules cancéreuses, de recréer des sphéroïdes qui reproduisent alors l'organisation des tumeurs. Les cellules portent en effet un récepteur qui permet l'adhésion des cellules à l'acide hyaluronique, créant ainsi un environnement de culture ressemblant à celui du corps humain. Les résultats obtenus in vitro avec notre innovation sont alors plus proches de ceux observés in vivo. Cette technologie représente à la fois un gain de temps et d'argent en sélectionnant de façon affinée les différentes molécules proposées pour des recherches en phase préclinique non réglementaire. Elle limitera aussi les essais sur des animaux, d'un coût individuel moyen de 100 000 euros pour le client, puisque ces tests augmenteront la sélectivité effectuée sur les molécules candidates ».

Avant de breveter son invention au niveau européen en 2010, puis au niveau mondial en 2011, Élise Demange a développé sa recherche en trois ans durant sa thèse, avec deux laboratoires de recherche universitaire de Rouen en Seine-Maritime, le laboratoire Micro-Environnement et Renouvellement Cellulaire Intégré (Merci) et le laboratoire de chimie Polymères biopolymères de surface (PBS). Techniquement, l'idée de la chercheuse a été de créer une surface alvéolée, chaque puits pouvant contenir 50 000 cellules, qu'elle tapisse d'un hydrogel. « En réticulant cet hydrogel, nous créons des liaisons entre les chaînes d'acide hyaluronique, ce qui forme une structure tridimensionnelle », indique Élise Demange. La première production de Celenys est consacrée à la culture de cellules de cancer du colon. La chercheuse va maintenant la décliner à la culture de cellules de cancer du foie et à celle de cellules de cancer du poumon. « Il s'agit de cellules dites de lignées cellulaires », précise Élise Demange. « Celles-ci forment une population homogène de cellules ayant une capacité de division illimitée. Elles ont été à l'origine prélevées chez un patient puis mutées pour que ces cellules deviennent immortelles. Elles sont plus stables que les cellules primaires, avec lesquelles je souhaite aussi développer des cultures. Ces cellules primaires ne sont pas immortelles, après un certain nombre de réplications, différentes pour chaque type de cellules primaires, les cellules vont dégénérer et perdre leurs caractéristiques initiales. Elles sont donc moins stables que les cellules de lignée mais plus proches dans leurs caractéristiques puisqu'elles n'ont pas subi de mutation ».

Côté client, si le premier de Celenys a été le laboratoire Toxem, spécialiste de l'évaluation dans le criblage de la mutagénicité et de la génotoxicité des cellules, qui travaille pour de grands laboratoires pharmaceutiques, le second est un laboratoire universitaire de recherche publique français dont le nom est pour l'heure confidentiel. Un client curieusement rencontré, nul n'est prophète en son pays, au Congrès Biotechnology Industry Organization (BIO) de Chicago (États-Unis) qui s'est déroulé début mai. Un déplacement fructueux pour Celenys : « Nous y sommes allés car nous voulons développer une filiale aux États-Unis, un pays qui concentre 40 % du marché mondial de la culture cellulaire dont la culture 3D », résume Élise Demange, « et non seulement nous avons pris contact avec des laboratoires américains et japonais, mais nous y avons croisé les représentants d'Ubifrance, antenne française du ministère du Commerce extérieur aux USA. Et ceux-ci ont décidé de nous aider en détachant un prospecteur au service de notre entreprise dans ce pays durant 10 mois ». Ubifrance a également invité Celenys au France Biotech Tour de San Diego en Californie le 10 juin, un rendez-vous de mise en contact direct avec des entreprises américaines.

Mais Élise Demange a d'autres fers au feu : un déménagement à Biopolis en juillet, une pépinière rouennaise de biotechs équipée de locaux adaptés et de laboratoires. Là, la chercheuse va poursuivre ses recherches sur de nouveaux supports de culture de cellules « pour se rapprocher toujours plus du corps humain ». Côté développement, la jeune entreprise va former une équipe commerciale. « Le panel de nos clients potentiels étant très large, des laboratoires de recherche, publics ou privés, aux grands laboratoires pharmaceutiques, et nous savons qu'il faut du temps pour pénétrer ces marchés », estime Élise Demange. Elle espère cependant conclure prochainement un marché en cours de négociations avec un grand laboratoire pharmaceutique dont le nom reste confidentiel. Elle dispose en tout cas de l'avantage de déjà bien connaître les coulisses du monde des grands laboratoires. La chercheuse a travaillé avant son doctorat trois ans chez Johnson et Johnson à Val-de-Reuil dans l'Eure, comme responsable de la rationalisation des matières premières pour L'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient. Son interaction avec différents départements multifonctionnels, l'amélioration des process internes, la compilation de dossier lui ont permis de développer ses compétences dans la gestion de projet, et sans doute son carnet d'adresses.

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