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Carlina offre une nouvelle jeunesse aux médicaments

Aurélie Dureuil

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Carlina offre une nouvelle jeunesse  aux médicaments

Le couple fondateur, à gauche Olivier Meyer et à droite Jean-Pierre Benoit.

© Carlina

La jeune société angevine utilise sa technologie de nano-encapsulation pour améliorer la formulation de principes actifs pharmaceutiques tombant dans le domaine public. D'autres applications concernent le développement de nouvelles molécules.

Augmenter le cycle de vie d'un médicament qui vient de perdre son brevet, tel est le principal objectif de Carlina Technologies. Cette jeune société, créée en juillet 2010, se lance dans le développement de formulations « améliorées » de molécules qui viennent de perdre leurs brevets ou qui sont sur le point de le perdre. L'objectif est d'apporter des améliorations en termes de réduction des effets secondaires, de contrôle de la libération, etc. afin de donner une nouvelle jeunesse à ces molécules et concurrencer ainsi les produits génériques qui pourraient apparaître sur le marché. « En utilisant notre plateforme technologique de nano-encapsulation, nous travaillons sur la solubilité des molécules, leur délivrance contrôlée ou encore leur vectorisation. Nous ciblons essentiellement des molécules de petite taille, issues de la chimie fine, des peptides, de petits acides nucléiques, etc. Nous avons également une technologie alternative spécifiquement développée pour des molécules de taille plus importante comme les anticorps. Nous pourrons mener des développements précliniques voire cliniques de phase I sur ces molécules », détaille Olivier Meyer, président et cofondateur de Carlina. Il envisage ensuite de signer des contrats de partenariats avec des laboratoires pharmaceutiques pour les développements et la mise sur le marché de ces nanomédicaments. « Nos clients potentiels sont notamment les laboratoires pharmaceutiques qui pourront augmenter le cycle de vie de leurs produits tombés dans le domaine public », note le dirigeant. Un marché très vaste quand on sait qu'en 2011, le chiffre d'affaires des principales molécules perdant leurs brevets en France devrait s'élever à 2,13 milliards de dollars, selon une étude Arthur D. Little. La société devrait pour le moment se concentrer sur les molécules peu solubles dans l'eau. « Nous travaillons avec des nanocapsules lipidiques. Une fois encapsulées, les molécules prennent les propriétés de ces nanotransporteurs dispersibles dans l'eau », indique Olivier Meyer. Et le procédé d'encapsulation s'avère simple, selon le dirigeant. Il repose sur plusieurs cycles de changements de température que l'on fait subir à une émulsion. « Ces étapes permettent d'"inverser" l'émulsion. Ensuite, nous ajoutons le principe actif à la dernière étape de refroidissement rapide. Et la nanocapsule se forme. Ce procédé est facilement transposable à l'échelle industrielle », détaille le dirigeant. L'encapsulation du principe actif se fait sans solvant organique. « Les industriels sont donc dispensés d'analyses des traces de solvant », se félicite Olivier Meyer. De plus, la capsule, composée principalement de lipides et de triglycérides, est non toxique. Ces petits objets d'environ 50 nm de diamètre permettent de protéger les principes actifs de l'environnement et de les stabiliser. De plus, ils peuvent améliorer le transport et le contrôle du relargage de la molécule active dans l'organisme, réduisant ainsi les risques d'effets secondaires. Aujourd'hui, Carlina cible essentiellement les produits injectables, notamment dans les traitements anticancéreux. « Nos particules sont suffisamment stables et petites pour ces applications. Ainsi, elles peuvent passer la barrière de vaisseaux sanguins associés aux tumeurs pour aller s'accumuler au cœur de celle-ci. En effet, les vaisseaux sanguins d'organes sains sont difficiles à franchir, alors que dans le cas de tumeurs, ils possèdent des fenestrations (trous) à travers lesquels nos capsules peuvent passer », indique Olivier Meyer. Carlina travaille actuellement sur un taxane, le paclitaxel. La société envisage de poursuivre le développement jusqu'en 2014 avant de signer un partenariat de codéveloppement avec un laboratoire pharmaceutique. Afin de poursuivre ces travaux de recherche et de développement en propre, Olivier Meyer confie être « en cours d'une levée de fonds d'amorçage, première étape d'un financement total de 3,3 millions d'euros ». En parallèle de ces développements, la société propose des prestations de services, soit pour la fabrication de lots, soit pour des partenariats de développements de produits utilisant des nanocapsules. « Dans le cadre de recherches sur de nouvelles molécules actives, les laboratoires peuvent être confrontés à des difficultés de ciblage, des problèmes de solubilité ou d'importants effets secondaires. Ils peuvent alors chercher à modifier leur molécule chimiquement au risque de perdre en efficacité. Une deuxième possibilité est d'encapsuler la molécule. Nos nanocapsules sont extrêmement modulables, nous pouvons adapter leur taille, fonctionnaliser l'intérieur mais aussi l'extérieur de ces capsules, etc. Nous proposons de la formulation sur-mesure », détaille Olivier Meyer.

Pour ses travaux, la société de quatre personnes dispose d'une licence d'exploitation sur sept brevets ou demandes déposés par l'Inserm et l'université d'Angers. En effet, l'expertise de Carlina provient de l'unité d'Ingénierie de vectorisation particulaire, dirigée par Jean-Pierre Benoît, cofondateur et président du conseil scientifique de la start-up. Il est l'inventeur des plateformes de micro et nano-encapsulation exploitées par Carlina. Sa rencontre avec Olivier Meyer a permis la valorisation de ses travaux. La société doit maintenant enregistrer ses premiers contrats. Olivier Meyer se montre confiant, avec l'organisation de rencontres en avril et en juin avec des laboratoires pharmaceutiques qui semblent « très intéressés ».

Carlina en chiffres

- 30 juillet 2010 création

- Chiffre d'affaires 2011 prévisionnel : entre 100 € et 150 €

- Capital : 120 €

- 4 employés

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