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Capsum

Nadia Timizar

Finances

En août 2009

1 M€ (Primaveris, Fonds d'amorçage Caisse d'Epargne, Région PACA; Evizem, une petite holding ISF et Robert Bellue, business angel)

En 2010

1 M€ de CA prévisionnel

Capsum

Sébastien Bardon, président de Capsum

Cette entreprise spécialisée dans la fabrication de matériaux par une technique de microfluidique propose des formulations originales. Axé principalement sur la cosmétique, Capsum pourrait envisager à terme de se lancer dans la pharma.

Qui répète à l'envie que la France n'est pas attractive ? « Nous avons décidé de créer Capsum en France car c'est là que se concentrent le marché et l'innovation en cosmétique », indique Sébastien Bardon, président de Capsum. Car la technologie sur laquelle repose la jeune pousse, dont le siège se situe à Marseille, est d'origine américaine. Elle est née sur le territoire du Massachusetts Institute of Technology à Boston, près d'Harvard, dans un contexte de valorisation favorable. Sébastien Bardon a créé Capsum en septembre 2008, avec Jérôme Bibette, de l'École de Physique et Chimie de Paris et David Weitz, directeur du centre de recherche sur les Matériaux à l'université d'Harvard. Pour comprendre son histoire, il faut revenir à l'origine de la microfluidique qui existe depuis plus de 40 ans. « La technologie a longtemps stagné, raconte Sébastien Bardon. Jusqu'à ce que Georges Whitesides, un chercheur de Harvard développe, il y a 10 ans, une technique pour fabriquer des circuits de fluide de manière très simple, rapide et peu coûteuse. » Les chercheurs ont fait se rencontrer des techniques de la microfluidique qui visent à contrôler les fluides à l'échelle du micromètre et de la formulation cosmétique et pharmaceutique : encapsulation, billes, émulsions à l'échelle microscopique, etc. La technologie dessine des circuits comme des circuits imprimés qui contraignent les liquides à circuler dans ces sillons. « Le plus remarquable est d'offrir la possibilité aux chercheurs de pourvoir préparer leurs circuits de fluidiques pour étudier le déplacement contrôlé d'un fluide », explique Sébastien Bardon. Auparavant, les scientifiques utilisaient des plaques de silicium, ce qui était laborieux, coûteux et pas vraiment adapté à ce support non translucide. Les chercheurs d'Harvard ont remplacé le silicium par un polymère plastique translucide que l'on peut mouler selon les besoins de recherches.

A la suite de la découverte de Georges Whitesides, quelques start-up se sont créées, l'une d'elles en 2004, RainDance Technology, s'est spécialisée dans la génomique. « Nous avons décidé de créer Capsum en 2008 en partant du constat que cette technologie très chère devenait suffisamment mature pour devenir un vrai procédé de fabrication de matériau. Nous avions les clés de cette industrialisation », raconte Sébastien Bardon.

Un contrat avec un géant coréen

Capsum possède un portefeuille d'une douzaine de brevets, la plupart sont des licences mondiales prises à Harvard ou au CEA. L'effectif compte 12 personnes. Capsum fournit toute une déclinaison de formulations, dont des particules colloïdes qui siéent aux technologies du diagnostic médical. Et leur technique d'encapsulation dans des circuits de micro fluidiques offre des rendements de 100 %, ce qui ouvre des perspectives intéressantes dans la délivrance de médicaments. Mais la société cherche d'abord à convaincre la cosmétique, plus réactive aux innovations et moins contraignante réglementairement.

La société travaille déjà pour les plus grandes marques et espère que les gammes de produits de soin et de beauté formulées avec leurs matières premières sortiront dans le courant de l'année ou en 2011. La première commercialisation date de l'été 2009 dans les produits d'Amore Pacific, « 1er groupe coréen de cosmétique ». Par ailleurs, Capsum a développé un produit semblable au caviar, avec une membrane fine et transparente qui emprisonne un aliment ou un cosmétique. « La prouesse technique est d'avoir stabilisé une petite capsule de 3 mm », souligne Sébastien Bardon. Depuis sa création, Capsum a mis en place 4 plateformes technologiques : NeoShell, Lyocell, Neo Gouttes et les NeoPearl. « Les NeoShell, par exemple, encapsulent des actifs hydrophiles fragiles, de manière stable, à l'échelle du micromètre », explique-t-il. Contrairement à ce qu'on imagine, Capsum ne vend rien sur catalogue, tous les projets qu'elle gère sont des co-développements et/ou des partenariats. « Nous adaptons nos vecteurs aux produits que nous encapsulons. Notre matière première est tellement innovante que nous ne pouvons pas sous-traiter », explique Sébastien Bardon. En 2009, Capsum a produit « quelques tonnes de matériaux ». Avec un rendement à 100 % et avec l'aide de procédés continus, la société souhaite gagner encore en capacités, courant 2010. La surface de l'unité de production passera à 1000 mètres carrés. Côté finances, depuis septembre 2008, la société ne souffre pas autant que les autres jeunes pousses françaises, grâce notamment à la confiance indéfectible de cet important client coréen.


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