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BWT Permo aide Novo Nordisk à économiser son eau

À CHARTRES, SYLVIE LATIEULE

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3 questions à Xavier Eon, Superviseur Utilités Process chez Novo Nordisk.

Comment avez-vous eu connaissance de cette possibilité d'installer un réosmoseur ?

C'est un procédé connu dont nous avions déjà connaissance lors de la construction de notre unité de prétraitement en 2005. Mais à cette époque, nous avions donné la priorité à des programmes de réduction de nos consommations d'eau qui ne nécessitaient pas le recours à l'achat d'équipements.

Pourquoi avoir retenu la société BWT Permo sur ce projet ?

Sur ce projet, Novo Nordisk a défini un cahier des charges et consulté différentes sociétés. Au final, BWT Permo a été la seule société capable de répondre à nos exigences. Notre cahier des charges requérait notamment un accompagnement au niveau de la qualification et pas uniquement la livraison d'un osmoseur. Le fait que BWT Permo avait fourni l'installation en 2005 n'est pas entré en ligne de compte. Nous n'avons pas de fournisseur attitré.

Avez-vous en projet d'équiper d'un réosmoseur vos deux autres lignes de prétraitement d'eau avant distillation?

Sur nos deux autres lignes de production d'eau PPI, une seule utilise la technologie de l'osmose inverse. La deuxième fonctionne avec une chaîne de déminéralisation. Il est vrai que nous étudions la possibilité d'installer un réosmoseur sur la première. Mais l'unité est de plus petite taille que celle que nous venons d'équiper. D'autres projets pourraient voir le jour avant, comme un projet de modification de l'eau adoucie sur le site NNP1. L'étude est en phase de mesure.

BWT Permo  aide Novo Nordisk  à économiser  son eau

© Source : BWT Permo

Avec l'installation d'un réosmoseur sur une de ses lignes de prétraitement d'eau, BWT Permo aide Novo Nordisk à économiser un mois de consommation sur son site de Chartres.

En 2005, le site pharmaceutique de Novo Nordisk à Chartres a vu sa consommation d'eau « exploser » pour atteindre 225 000 m3 sur l'année. Désireux de faire baisser ce volume à la fois pour protéger l'environnement et pour réaliser des économies sur sa facture d'eau, le groupe Danois, leader mondial dans le traitement du diabète, a mis à contribution ses équipes d'ingénieurs et de techniciens en charge des utilités. Ces derniers ont passé en revue toutes les actions qui pouvaient être mises en œuvre pour abaisser cette consommation sans recourir à des investissements. Résultat : quatre ans plus tard, elle a pu être abaissée à 100 m3/an, alors que dans le même temps la capacité de production de l'usine a doublé. Plus qu'une utilité, l'eau est à Chartres une matière première puisqu'elle entre comme excipient dans la composition des cartouches d'insuline de 3 ml qui sont au cœur de la production du site. Or Chartres en produit 160 millions d'unités par an ! Aujourd'hui, le groupe danois veut aller encore plus loin. Xavier Eon, Superviseur Utilités Process, explique que son groupe examine désormais des projets qui nécessitent de réaliser des investissements, avec l'objectif de réduire encore de moitié la consommation d'eau du site, sans toucher à la qualité. Les projets ne manquent pas, mais chacun doit faire la preuve de son retour rapide sur investissement.

Parmi ces projets, il en est un lancé il y a un an. Il achève désormais ses phases de validation. Sur une des trois lignes de production d'eau PPI du site de Chartres, le projet a été d'installer un réosmoseur pour limiter les rejets d'eau à l'égout et gagner entre 7000 à 8000 m3 d'eau par an. « Ce gain correspond à un mois de consommation d'eau sur le site de Chartres », souligne Xavier Eon (Novo Nordisk).

Ce réosmoseur, conçut par la société BWT Permo, a été installé pour compléter une ligne de prétraitement de l'eau de ville comprenant deux adoucisseurs en duplex qui alimentent deux osmoseurs inverses et deux électrodéioniseurs en parallèle. En fin de ligne, l'eau, dont la conductivité ressort à 0,04 µS contre 600 à 800 µS en entrée pour l'eau de ville, est utilisée pour alimenter des distillateurs. Ce sont ces derniers qui produisent l'eau PPI, de qualité injectable, en conformité avec la Pharmacopée européenne. L'installation de prétraitement, datant de 2005, avait aussi été livrée par la société BWT Permo. « Nos deux osmoseurs Selectron traitent 7,5 m3/h chacun. Mais leur taux de rendement étant de l'ordre de 75 %, cette technologie entraîne le rejet de 3 m3/h de concentrats à l'égout », explique Frank Senecal de chez BWT Permo. Ces rejets sont inhérents à la technologie de l'osmose inverse. La production d'eau ultra pure se fait par passage à travers une membrane semi-perméable, mais celle-ci retient les sels minéraux dissous, les éléments organiques et les matières colloïdales (bactéries, virus, silice... ) qui chargent l'eau. Il est donc nécessaire de balayer régulièrement la surface de la membrane pour la débarrasser des impuretés qui s'y sont accumulées. Mais 3 m3/h de rejets chargés en sels minéraux et autres déchets, c'est un volume important. D'où l'idée de récupérer cette eau chargée, de la retraiter et d'en recycler une partie. Le réosmoseur de BWT Permo de la série Delta qui vient d'être installé a ici pour mission de retraiter 50 % de cette eau, et non 75 % comme dans le cas des deux osmoseurs qui le précèdent. « Compte tenu de la forte conductivité de l'eau en entrée du réosmoseur, (de l'ordre de 2400 µS, soit quatre fois plus que l'eau de ville), on ne peut pas aller au delà de 50 % sans augmenter sensiblement la pression osmotique et risquer un bouchage de la membrane », explique un technicien responsable du projet. Une alternative serait possible à travers le recours à un décolmatant chimique. Mais Novo Nordisk préfère rester à 50 % de rendement pour ne pas recourir à l'utilisation de produits chimiques, dans un souci plus écologique ! En tout cas, cette eau ressort avec un très haut niveau de pureté aux alentours de 15 µS.

Pour BWT Permo, l'installation d'un réosmoseur n'est pas une première, dans la mesure où le constructeur livre de plus en plus de skids de prétraitement où l'osmoseur principal est déjà associé à son réosmoseur. « C'est une tendance de plus en plus visible. Les exploitants cherchent à réduire leur consommation d'eau, surtout dans le cas des productions de médicaments injectables qui requièrent de grandes quantités d'eau », souligne Frank Senecal de chez BWT Permo. Néanmoins, la nouveauté est que, par ce biais, le constructeur renforce sa présence sur le marché du revamping. « Nous pouvons installer des reosmoseurs sur tout type d'installation déjà existante», assure Frank Senecal.


A Chartres, Novo Nordisk produit 160 millions de cartouches d'insuline par an.

« Les exploitants cherchent à réduire leur consommation d'eau ».

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