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Braskem à la conquête des Amériques

Julien Cottineau

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La marche en avant se poursuit. Après le Mexique, les États-Unis, le Venezuela et le Pérou, c'est en Bolivie que le géant pétrochimique brésilien lorgne son expansion industrielle aux Amériques. Selon la presse bolivienne, Braskem réfléchit à implanter une usine de polyéthylène (PE) d'une capacité de 1 million de tonnes par an. Le projet serait basé à Puerto Suarez, à l'extrême est du pays, le long de la frontière brésilienne, pour un investissement compris entre 2 et 3 milliards de dollars (1,5 et 2,3 Mrds €). L'intérêt du groupe provient d'abord des gigantesques réserves de gaz de la Bolivie, 2e en ressources gazières en Amérique latine derrière le Venezuela. Un intérêt affirmé lors des discussions menées la semaine dernière avec la visite en Bolivie d'une délégation brésilienne composée du gouvernement et d'industriels comme Petrobras, Electrobras ou encore Vale. D'ailleurs, en sus des projets énergétiques et pétrochimiques évoqués, les discussions ont porté sur la possibilité de construire une ligne de chemin de fer, passant par Puerto Suarez. Une ligne très stratégique. Au-delà de désenclaver un peu la Bolivie, seul pays d'Amérique latine avec le Paraguay privé d'accès direct à la mer, cette ligne permettrait au Brésil de se connecter au réseau ferroviaire chilien. Donc de s'offrir une ouverture directe sur le Pacifique pour l'expansion des liaisons maritimes avec l'Asie. Notamment avec un pays comme la Chine, partenaire perçu comme prioritaire par Braskem.

Ces dernières années, le Brésilien ne cesse de placer ses pions pour devenir un acteur mondial majeur. Les deux faits les plus récents et les plus marquants auront été l'acquisition en début d'année de son concurrent brésilien Quattor, et celle de la division Polypropylène de l'Américain Sunoco. Cette transaction de 350 millions de dollars (262,2 M€) vient d'être concrétisée. Aujourd'hui, Braskem dispose de trois sites de production hors de ses frontières, qui viennent s'ajouter aux 26 unités que le groupe détient au Brésil. Avec des capacités de 900 000 tonnes par an de polypropylène (PP) aux États-Unis, Braskem détient 13 % des capacités sur le sol de l'Oncle Sam. Dans un récent entretien avec le magazine ICIS, le p-dg Bernardo Gradin ne cachait pas qu'il songeait à d'autres acquisitions aux États-Unis dans le PP, le PE et le PVC. Même s'il juge les prix encore trop « surévalués » et que la reprise économique aux États-Unis ne sera pas si forte qu'espérée. Déjà, avec Quattor et Sunoco, Braskem a presque doublé ses capacités de résines, passant de 3,59 Mt/an à 6,46 Mt/an. Et se pose en leader du continent américain, damant la place de n°1 local à ExxonMobil et surclassant Dow et LyondellBasell. Au niveau mondial, il estime être passé du 12e au 8e rang, talonnant Ineos et dépassant Total. Ce qui colle avec son objectif de se placer n° 5 de la pétrochimie d'ici à 2020. Une expansion qui passera, en plus d'éventuelles acquisitions, par une croissance organique. En Amérique du Sud, le projet bolivien est une perspective supplémentaire. Parmi les projets les plus avancés, celui au Mexique où Braskem est engagé avec Idesa pour la construction d'un complexe d'éthylène et de PE prévu pour 2015. Au Venezuela, le groupe prévoit aux côtés de Pequiven un complexe de PP pour 2013 et une unité de PE pour 2015. Enfin, au Pérou, il étudie avec Petrobras et Petroperu l'implantation d'un complexe pétrochimique dont la concrétisation dépendra de la confirmation de ressources gazières suffisantes. Sans compter ses multiples projets au Brésil.

 

« Se placer n°5 de la pétrochimie mondiale en 2020 »

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