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Boosté par ses résultats, Ipsen s'offre une molécule prometteuse

Audrey Fréel

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Après avoir publié des résultats annuels au beau fixe, l'ETI française a mis la main sur les droits d'un anticancéreux innovant.

Le laboratoire français a profité de la publication de ses résultats annuels pour annoncer une opération stratégique. Il a mis la main sur les droits d'une molécule anticancéreuse, pour l'ensemble des territoires hors Etats-Unis, Canada et Japon. Nommé cabozantinib, ce médicament est développé et commercialisé par la société américaine Exelixis. Pour obtenir cet accord de licence, Ipsen a « signé un gros chèque », a révélé Marc de Garidel, le président du groupe. Il a déboursé 200 millions de dollars comme paiement initial, soit la quasi-totalité du montant de sa trésorerie fin 2015 (qui s'élevait à 214 M€). Par la suite, Exelixis pourrait obtenir des paiements complémentaires pouvant atteindre jusqu'à 110 M$ suivant le franchissement de certaines étapes réglementaires et jusqu'à 545 M$ à l'atteinte d'étapes commerciales. Il pourrait aussi percevoir jusqu'à 26 % sur les ventes nettes de la molécule. Un accord qui pourrait donc rapporter gros au laboratoire américain. Et pour cause. Ipsen place de grands espoirs dans ce médicament, qui est déjà commercialisé en gélule sous la marque Cometriq dans le cancer médullaire de la thyroïde, une forme rare de cancer. Pour cette indication, il a été approuvé en mars 2014 en Europe et a généré des ventes de 4 M€. Mais le médicament a un potentiel de chiffre d'affaires bien plus élevé dans d'autres indications oncologiques, notamment pour le traitement du carcinome avancé du rein. Une demande d'AMM a été déposée et Ipsen espère lancer le médicament en Europe pour ce type de cancer dès 2017. Le cabozantinib est également en phase III de développement clinique dans le carcinome hépatocellulaire. Il pourrait aussi être développé dans d'autres cancers, comme le cancer du rein, de la vessie, colorectal, du poumon et de l'endomètre. De fait, le groupe a relevé ses prévisions à moyen terme. Grâce à cette acquisition, il vise désormais les 2 Mrds € de ventes à l'horizon 2020. En 2015, son chiffre d'affaires a atteint 1,44 Mrd €, en hausse de 13,3 %. La croissance a également été au rendez-vous du côté du résultat opérationnel courant, qui a atteint 322,5 M€ (+23,8 %).

A la recherche d'un DG

Pour remplir au mieux ses objectifs financiers et atténuer l'effet assez dilutif de cette opération, Marc de Garidel a prévenu que le groupe « allait devoir prendre des mesures pour limiter l'impact sur le résultat opérationnel sur la période 2016/2018 ». « Nous allons regarder notre portefeuille, les projets moins stratégiques, mais il est encore trop tôt pour parler d'autres choses », a-t-il ajouté. Autre défi pour le laboratoire dans les mois à venir : trouver un directeur général. Marc de Garidel a récemment abandonné ses fonctions de p-dg pour se concentrer sur la présidence du conseil d'administration. Le laboratoire recherche donc activement un numéro 2, pour pallier également au départ de Christel Bories, la directrice générale déléguée. Le président d'Ipsen a confié avoir reçu beaucoup de candidatures. « Avec le comité de nominations, nous allons prendre notre temps pour choisir la bonne personne », a-t-il souligné. L'entreprise française privilégiera les profils tournés vers l'international, avec de l'expérience dans le secteur pharmaceutique et une très bonne connaissance du marché américain. Car le groupe compte booster ses positions aux Etats-Unis, qui représente actuellement sa troisième filiale.

 

La France reste le premier marché du groupe

 

En 2015, Ipsen a réalisé une belle performance Outre-Atlantique, avec le lancement de la Somatuline (lanréotides) dans le traitement des tumeurs neuro-endocrines. Il a dégagé un chiffre d'affaires de 157,9 M€ en Amérique du Nord, soit une hausse spectaculaire de 99,5 %. Le premier marché du groupe reste la France, avec un chiffre d'affaires qui est resté stable à 212,4 M€. La croissance a aussi été modérée en Europe de l'Ouest, avec des ventes de 543,8 M€ (+6,8 %). En Asie, ses ventes se sont élevées à 228,4 M€ (+19,9 %), guidées par la Chine, la deuxième filiale d'Ipsen. Au niveau des activités, la division Médecine de spécialités continue de gagner du terrain. Elle représente désormais 77 % des ventes totales, avec un chiffre d'affaires de 1,11 Mrd € (+17,7 %). Cette activité a été tirée par les ventes de la Somatuline (401,6 M€, +39,7 %), du Décapeptyl (334 M€, +5,5 %) et du Dysport (279,5 M€, +9,8 %). De son côté, le chiffre d'affaires de la Médecine générale s'est stabilisé à 329,7 M€ (+0,6 %). Une tendance qui devrait se poursuivre cette année. Ipsen vise une croissance supérieure à 10 % dans la médecine de spécialité et une « légère » progression dans la médecine générale.

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