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Bone Therapeutics marque des points dans la reconstruction de l'os

Audrey Fréel

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Le Belge Bone Therapeutics développe une thérapie cellulaire innovante pour régénérer l'os. Elle permettrait d'apporter une solution thérapeutique pour différentes maladies osseuses, comme l'ostéoporose ou l'ostéonécrose.

La société belge Bone Therapeutics a la cote. Sa récente introduction en Bourse sur les marchés Euronext Paris et Bruxelles s'est soldée par un succès, avec 37 M€ levés. Les investisseurs ont été séduits par sa technologie innovante dans la thérapie cellulaire osseuse. Celle-ci permet la réparation et la prévention des fractures et d'autres maladies osseuses. L'os, comme les autres tissus, se régénère perpétuellement. Ce système régénératif est possible grâce à un équilibre entre deux types de cellules : les ostéoblastes, qui sont responsables de la formation de l'os, et les ostéoclastes, qui détruisent l'os. Quand le tissu osseux est malade, un déséquilibre se créé et la quantité d'ostéoblastes devient insuffisante. C'est là qu'intervient la technologie de Bone Therapeutics. Celle-ci s'appuie sur des cellules souches, qui sont prélevées dans la moelle osseuse du patient ou d'un donneur sain. Les cellules souches sont ensuite différenciées ex-vivo en ostéoblastes. « Il est très difficile d'obtenir directement les ostéoblastes de patients, voilà pourquoi nous partons d'une cellule-souche pour ensuite la différencier », explique Enrico Bastianelli, le fondateur et p-dg de Bone Therapeutics. Une technique qui n'a cependant rien d'aisé. « La transformation d'une cellule-souche en ostéoblaste ex-vivo est un processus assez compliqué et très technique », confie le p-dg. Les ostéoblastes fabriquées ex-vivo sont ensuite réinjectées chez le patient malade, via une intervention mini-invasive d'une vingtaine de minutes qui s'effectue en ambulatoire. Ces ostéoblastes vont permettre de récréer de l'os assez rapidement, en quelques mois. « Nous sommes actuellement la seule société capable de fabriquer des cellules osseuses différenciées par thérapie cellulaire », se félicite Enrico Bastianelli. « Dans le domaine de la thérapie cellulaire osseuse, certains acteurs commencent à rentrer dans les phases cliniques. Mais, par rapport à nous, ils ont beaucoup d'années de retard et ils n'utilisent pas d'ostéoblastes mais des cellules souches. Or nous avons pu montrer que nos cellules sont plus efficaces que les cellules souches », poursuit-il.

Cette technologie innovante est le fruit de longues années de recherche au sein de l'Université libre de Bruxelles. À la fin des années 1990, des chercheurs et cliniciens ont testé un traitement potentiel de l'ostéonécrose de la hanche, reposant sur une greffe de moelle osseuse. « Cette approche était basée sur un concept intéressant puisque la moelle osseuse contient certaines cellules d'intérêt et permettait d'apporter des cellules précurseurs d'ostéoblastes », précise le p-dg de Bone Therapeutics. Mais les résultats n'ont pas été assez probants. « Les essais cliniques sur la greffe de moelle osseuse ont montré une amélioration, mais pas suffisante. Les chercheurs auraient eu des difficultés à démontrer une réelle efficacité en terme pharmaceutique », indique Enrico Bastianelli. L'équipe de chercheurs de l'Université libre de Bruxelles a alors eu l'idée d'administrer directement les ostéoblastes, en les fabriquant ex-vivo. La technologie a été mise au point en 2003-2004.

Avant de créer Bone Therapeutics, Enrico Bastianelli travaillait pour la société française Proskelia (qui a depuis intégré le giron de Galapagos), spécialisée dans les maladies osseuses. « J'ai été contacté par hasard au sujet de cette technologie de l'Université libre de Bruxelles et je m'y suis intéressé. Je me suis dit qu'il y avait matière à en faire un projet de société », se souvient-il. Bone Therapeutics a été créé en juin 2006, à Gosselies (au sud de Bruxelles), dans le but d'acquérir cette technologie et de la développer. Une fois la licence exclusive en poche, la société a mené un premier tour de financement et recruté du personnel pour pouvoir démarrer ses activités au 1er mars 2007. « Nous avons repris la technologie en début de phase clinique, il fallait compléter beaucoup de choses, nous avons notamment amélioré le système de fabrication », détaille Enrico Bastianelli. Depuis, la société a avancé ses pions et se rapproche à grands pas de l'échelle commerciale. Les fonds récemment levés via son IPO vont lui permettre d'accélérer ses différents programmes, notamment Preob et Allob qui ont atteint les derniers stades de développement clinique. Le premier est en étude clinique pivot de phase IIb/III pour deux indications : l'ostéonécrose et les fractures au processus de guérison totalement interrompu. Il est aussi en phase II pour l'ostéoporose sévère. De son côté, Allob est en phase II pour le traitement des fractures avec retard de consolidation et la fusion lombaire. La société possède aussi des programmes en phase préclinique pour d'autres indications. Ce qui lui permettra d'ajouter plusieurs cordes à son arc, dans le domaine prometteur de la régénération osseuse par thérapie cellulaire.

Bone Therapeutics en bref

Date de création : juin 2006 Effectif : environ 75 Trésorerie : 10,4 M€ (au 31 décembre 2014) Siège social : Gosselies (Belgique) Activité : thérapie cellulaire osseuse Nombre de brevets : 9 Capacités de production : - une unité pilote de 200 lots par an à Bruxelles. - une unité commerciale en cours de construction à Gosselies qui fabriquera 5 000 lots/an de Preob et 12 000 lots/an d'Allob (opérationnelle mi-2016).

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