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Boehringer Ingelheim voit ses ventes décoller

À Ingelheim, Nicolas Viudez

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Le groupe Boehringer Ingelheim a connu en 2016 une forte progression de ses ventes qui devrait se poursuivre en 2017, boostée par son activité en santé animale. Un secteur en pleine croissance, et particulièrement sous le feu des projecteurs, depuis l'acquisition du Français Merial.

« Business with Sanofi, good for Boehringer ». À Ingelheim, même les chauffeurs de taxi ont un avis sur l'actualité du groupe, signe de l'intérêt pour le laboratoire dont le nom est accolé depuis des décennies à cette petite ville, située à quelques dizaines de kilomètres de Francfort. C'est dans ces locaux du siège social d'Inghelheim qu'a eu lieu, mercredi 5 avril, la présentation des résultats annuels du groupe. Un rendez-vous particulièrement attendu après la réorientation stratégique opérée par Boehringer Ingelheim en 2016. Une année dense pour le groupe allemand, au cours de laquelle ce dernier a échangé sa branche santé humaine contre la filiale de Sanofi dédiée à la santé animale, Merial. Cette transaction a permis au groupe de devenir le numéro 2 mondial du secteur avec désormais le groupe américain Zoetis en ligne de mire.

Du côté des ventes, le temps est au beau fixe, puisqu'en 2016, les ventes de Boehringer Ingelheim ont fait un bond de 7,3 %, générant 15,85 milliards d'euros. Le secteur des médicaments sur ordonnance a progressé de 7,4 %, représentant à lui seul 12 milliards d'euros, soit 76 % des ventes du groupe. Malgré la perte d'exclusivité dans l'union européenne du bronchodilatateur Spiriva, ce dernier reste le produit phare de ce secteur avec 2,99 milliards d'euros de ventes (en recul de 15 %). Un podium des médicaments sur ordonnance complété par l'anticoagulant oral Pradaxa avec 1,4 milliard d'euros de vente et le Trajenta, dédié au traitement du diabète de type 2, en collaboration avec Lilly (1,1 Mrd €). L'OFEV, indiqué pour les fibroses pulmonaires idiopathiques, figure en quatrième position des meilleures ventes pour Boehringer Ingelheim avec 0,6 milliard d'euros de chiffre. Dans le monde, le laboratoire a réalisé l'essentiel de ses ventes en Amérique (6,54 milliards d'euros), un chiffre en légère baisse (-1,6 %), suite à la vente de l'activité générique du groupe aux États-Unis. Les ventes en Europe sont en forte progression, de 19 % à 5,08 Mrds €,, un chiffre dopé par le paiement reçu d'AbbVie, fruit d'un partenariat sur un traitement du psoriasis. Le revenu opérationnel a atteint 2,87 Mrds €, soit 18,1 % des ventes. Autant de recettes qui permettent à Boehringer Ingelheim de poursuivre ses investissements dans la R&D, à hauteur de 3,1 milliards d'euros en 2016 (en progression de 3,6 %). Côté perspectives, le laboratoire souhaite se focaliser sur trois grands axes de recherche en santé humaine : le traitement des pathologies secondaires du diabète (troubles cardiaques, rénaux et oculaires), les maladies neurologiques et l'oncologie, en particulier l'immuno-oncologie. Le groupe étudie actuellement l'efficacité du Jardiance, son antidiabétique oral, sur l'insuffisance cardiaque chronique, avec ou sans diabète.

 

Des perspectives d'avenir dopées par le développement de la santé animale

 

Dans le domaine de l'oncologie, des études sont en cours pour évaluer l'efficacité du Nintedanib, dans le traitement du mésothéliome. Le responsable de l'innovation du groupe, Michel Pairet, a par ailleurs éclairé la stratégie en cours en matière de recherche, et plus particulièrement les investissements en France. « Nous développons plusieurs types de partenariats comme par exemple avec la biotech Inventiva dans les traitements de la fibrose pulmonaire idiopathique. Nous avons également plusieurs investissements dans des biotech en France, dont récemment dans le domaine de l'immuno-oncologie ». Sur ce dernier point, Boehringer Ingelheim souhaite se positionner sur les nouveaux traitements. « Nous voyons un potentiel énorme sur l'immuno-oncologie. Actuellement, l'immuno-oncologie se focalise sur des techniques qui ciblent 20 % de tous les types de tumeurs, nous avons l'ambition de traiter les 80 % de tumeurs restantes qui ne sont pas immunogéniques. Boehringer a ainsi investi, par exemple, dans les vaccins anticancer ou les virus oncolytiques », précise ainsi Michel Pairet.

Le secteur de la santé animale, particulièrement mis en avant lors de la présentation des résultats, représente 9 % des ventes du groupe. Des chiffres qui devraient plus que doubler en 2017 avec l'acquisition de Merial, qui se traduira sur le prochain exercice. En cumulant les résultats des deux entités, le nouveau groupe atteindrait près de 4,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires, talonnant le numéro 1 mondial, l'Américain Zoetis et ses 4,25 milliards d'euros de CA. Le groupe n'a pas souhaité s'exprimer sur de futures acquisitions dans le domaine, soulignant qu'il se concentrait davantage sur l'intégration de Merial. « Nous sommes pour le moment dans une phase de stabilisation par rapport à l'acquisition de Merial », a souligné Joachim Hasenmaier, responsable santé animale chez Boehringer Ingelheim. « Il pourrait peut être y avoir encore quelques nouvelles concentrations dans le secteur de la santé animale, mais cela présente des difficultés très importantes. Les entreprises du top 4 ne peuvent qu'être très sélectives sur de nouvelles acquisitions ». Le groupe allemand espère réinvestir 8 à 10 % de ses ventes en santé animale dans la R&D. En termes de cibles, le laboratoire souhaite continuer le développement de produits, à la fois vers le marché des animaux de compagnie, pour lequel Merial propose une gamme plus étoffée, et pour le bétail. « Les marchés émergents demeurent des marchés d'animaux de bétail, comparés aux États-Unis où le marché des animaux de compagnie doit représenter 60 % du marché de la santé animale », analyse Joachim Hasenmaier. Un secteur sur lequel Boehringer Ingelheim pourra compter sur sa position de leader dans le domaine des produits de prévention comme les anti-parasitaires et les vaccins.

LA SANTÉ ANIMALE, UN MARCHÉ FLORISSANT

Le marché de la santé animale est en pleine croissance : il représentait ainsi 27 milliards d'euros en 2016 et devrait atteindre 53 milliards d'euros en 2030. Un marché boosté par 3 facteurs : l'augmentation de la consommation de viande dans le monde, le marché des animaux de compagnie qui se développe dans les classes moyennes des pays émergents et les risques en santé publique liés aux zoonoses, à l'image de la grippe aviaire.

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