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Boehringer Ingelheim prépare l'avenir

Julien Cottineau

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Boehringer Ingelheim prépare l'avenir

Les quatre blockbusters du groupe, CA en Mrds €, variation 2008/2009 en %

© Source : Boehringer Ingelheim

Menacé par les pertes proches de brevets, le groupe allemand travaille sur la diversification de son portefeuille et sur le renforcement de son outil industriel.

Pour son 125e anniversaire, le laboratoire familial allemand préfère regarder en avant qu'en arrière. Seul acteur du top 15 de la pharmacie mondiale à encore refuser la cotation sur un marché boursier, Boehringer Ingelheim reste préoccupé par les mêmes problématiques que ses concurrents. A savoir trouver des relais de croissance dans un monde où les blockbusters n'ont plus leur place et où les brevets des produits majeurs entament leurs barouds d'honneur. Pour l'heure, Boehringer Ingelheim n'est pas à la peine. Ses quatre produits majeurs ont représenté presque la moitié de son chiffre d'affaires en 2009, qui s'est porté à 12,7 milliards d'euros. Soit une croissance de 9,7 % en un an, supérieure à la croissance moyenne du marché mondial en 2009 (6,7 %). Le groupe a notamment bénéficié de la très bonne tenue de ses médicaments de prescriptions, presque 80 % de son portefeuille, qui ont affiché une croissance de 10,4 % grâce à des ventes de 10,06 Mrds € l'an dernier. Parmi les quatre blockbusters du groupe, même le plus petit, Mirapex (pramipexole) a bénéficié d'une croissance malgré la perte de son brevet en Amérique du Nord, courant 2009. Pour autant, le réel impact des génériques devrait se concrétiser dès cette année, avec d'autres pertes de brevets. Le groupe, qui prévoit ainsi un chiffre d'affaires stable en 2010, se focalise du coup sur l'avenir. Et avant tout sur son anti- thrombotique Pradaxa (dabigatran etexilate), programmé pour être un blockbuster et qui devrait être mis progressivement sur les marchés entre fin 2010 et début 2011. En attendant, Boehringer Ingelheim se prépare industriellement. Une enveloppe de 630 M€ a été dépensée l'an dernier pour ses actifs de recherche, administratifs et son outil de production. Parmi ces investissements, plus d'un tiers a été consacré à Pradaxa. L'an dernier, deux des cinq sites du groupe de production d'ingrédients pharmaceutiques actifs (API) ont entrepris la construction ou la finalisation de nouvelles unités. A Fornovo, en Italie, une unité de 100 tonnes par an pour la synthèse de l'ingrédient actif de Pradaxa a été inaugurée, après un investissement de 60 M€. Mais c'est en Allemagne, au cœur du berceau historique du groupe, à Ingelheim, que le laboratoire a le plus investi. Une première unité pour l'encapsulation (500 000/an) a été inaugurée. A cet investissement de 64 M€ s'est ajouté un second de 119 M€ pour la construction de deux nouveaux modules de production, qui permet- tront de tripler les capacités d'encapsulation, à 1,5 Mt/an d'ici à fin 2010 puis au 1er semestre 2011.

Du vétérinaire à la bioproduction

Boehringer Ingelheim multiplie par ailleurs les investissements pour ses autres axes de croissance privilégiés. Du côté de l'OTC, qui a généré des ventes de 1,3 Mrd € en 2009 (+ 5,9 %), la prise de contrôle de SSP au Japon est une réussite. L'offre lancée le 10 février dernier (CPH n°497) pour un montant maximal de 33 Mrds de yens (265 M€) a permis au laboratoire de passer sa part de 60,2 à 92,9 % du capital. La division vétérinaire, qui n'a pas encore bénéficié de l'apport de Fort Dodge acquis en fin d'année auprès de Pfizer/Wyeth (CPH n°480), a tout de même bondi de 30,6 %, à 610 M€. Une croissance tirée par la sous-division vaccins vétérinaires, en particulier les vaccins porcins. Avec l'apport de Fort Dodge, le portefeuille de vaccins vétérinaires du groupe va d'ailleurs passer de 55 à 60 %. Enfin, côté bioproduction, Boehringer Ingelheim entend se renforcer. L'an dernier, cette activité a vu ses ventes légèrement reculer de 2,9 %, à 553 M€. Les trois sites de synthèse à façon (Biberach, Dortmund en Allemagne et Vienne en Autriche) ont d'ailleurs été renforcés en 2009. Wolfram Carius, directeur des ressources humaines et des opérations industrielles estime que le laboratoire devrait « étendre son offre pour les petites sociétés biotechnologiques et dans les pays émergents, comme la Chine ».

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