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Boehringer Ingelheim pourrait supprimer 327 postes en France

Laura Hendrikx

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Boehringer Ingelheim pourrait supprimer 327 postes en France

© Boehringer Ingelheim

Tout juste deux ans après avoir mis la main sur Merial, la filiale Santé animale du Français Sanofi, le laboratoire allemand annonce une vaste réorganisation de ses activités dans l'Hexagone. Ce qui pourrait aboutir à la suppression de 327 postes.

Le laboratoire allemand a annoncé, le 10 décembre, son intention de réorganiser ses activités en France, afin de répondre « à des enjeux majeurs pour finaliser l'intégration de Merial, deux ans après son acquisition, et pour demeurer compétitif dans un secteur de plus en plus contraint notamment en santé humaine ». Début 2017, Boehringer Ingelheim avait en effet mis la main sur la division Santé animale du géant Français Sanofi (CPH n°787), garantissant alors de conserver l'emploi pendant deux ans. À l'aube de son deuxième anniversaire, le géant allemand ne perd pas de temps : la réorganisation prévue pourrait conduire à la suppression de 327 postes, dont 197 en Santé humaine (essentiellement la visite médicale en médecine générale, la recherche clinique, les affaires médicales et les services supports) et 130 en Santé animale (principalement dans les opérations commerciales et les fonctions globales), mais également à la création de 32 postes et à la modification de 180 contrats de travail, notamment pour des raisons de changement de zones géographiques pour certains délégués médicaux ou de transferts de postes vers Lyon. Selon la CFE-CGC, ces modifications de contrats pourront être refusées par les salariés concernés, qui feront alors l'objet d'un licenciement économique. Si Boehringer Ingelheim a attendu les deux ans convenus pour annoncer ces suppressions de postes, la réorganisation de ses activités consécutive à l'acquisition de Merial a commencé bien plus tôt. En octobre 2017, le groupe a notamment annoncé sa volonté de céder le site de Saint-Herblon (Loire-Atlantique), révélant dans la foulée le transfert d'environ 200 fonctions globales de l'activité Santé animale, actuellement basées à Lyon, vers le siège mondial en Allemagne (CPH n°817). La réorganisation annoncée récemment devrait, d'une part, consister à finaliser ce transfert. En ce qui concerne la Santé humaine, le groupe souhaite désormais se positionner sur les médicaments de spécialités, regrouper les fonctions supports du groupe sur un même site à Lyon et accélérer sa transformation digitale. Début décembre, Boehringer Ingelheim a en effet annoncé la création du premier accélérateur lyonnais en santé digitale, en collaboration avec le réseau 1Kubator (CPH n°866).

Début des négociations le 19 décembre

Boehringer Ingelheim souligne que depuis deux ans, il a réalisé et annoncé 335 millions d'euros d'investissements, avec la création de 250 emplois en métropole lyonnaise. En plus de l'inauguration de son nouveau siège Santé animale France à Gerland, en octobre 2017 (CPH n°817) puis, un an plus tard, de son nouveau centre de recherche et développement pour les vaccins à Lyon Porte-des-Alpes (Saint-Priest, Rhône), qui constituait la dernière phase du transfert des activités de recherche de Merial de Gerland vers le site de Porte-des-Alpes (CPH n°861), le groupe a également annoncé, au début de l'été, la construction d'un nouveau site de production de vaccins vétérinaires contre la fièvre aphteuse et la fièvre catarrhale à Jonage (Rhône, CPH n°851). Mais cela ne suffit pas à apaiser la colère des syndicats : la CFE-CGC considère que la réorganisation du groupe est la conséquence d'un manque d'anticipation de la direction dans la gestion de l'entreprise, et déplore que l'emploi soit la variable d'ajustement alors que le groupe « compte parmi les plus profitables du monde de la pharmacie et est classé dans les 15 plus grands groupes mondiaux ». La première réunion de négociations est prévue pour le 19 décembre 2018, avec une fin de procédure le 19 avril 2019, pour une mise en oeuvre en septembre de la même année. Actuellement, le laboratoire allemand emploie 2 800 personnes en France, dont 2 300 issues de la fusion avec Merial.

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