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Boehringer Ingelheim acquiert Merial

À LYON, ANNE-GAËLLE MOULUN

Joachim Hasenmaier, directeur de la division Santé animale de Boehringer Ingelheim, a annoncé le 19 janvier la finalisation du processus d'acquisition de Merial. Courant 2017, le nom de Merial disparaîtra, laissant sa place à Boehringer Ingelheim Santé animale. Le laboratoire allemand, n°2 de la santé animale vise désormais la place de n°1. « Nous sommes deux entreprises complémentaires, avec une même passion pour les animaux, une même histoire d'intégrité, de qualité, de fiabilité et deux expériences couronnées de succès », estime Erick Lelouche, président de Boehringer Ingelheim Santé animale en France. « Nous ne sommes pas dans le schéma d'une acquisition forcée. Les deux entreprises sont en bonne santé économique et finiront probablement l'année 2016 avec une croissance double de celle marché, qui est de 5 %. Nous sommes dans une bonne position pour devenir n°1 mondiaux, ou au moins, pour être un challenger sérieux ». En 2015, Merial a réalisé 2,5 milliards d'euros de ventes nettes, soit environ le double de l'activité Santé animale Boehringer Ingelheim, avec 1,3 Mrd €. « La santé animale est un axe stratégique de développement sur le long terme pour Boehringer Ingelheim. Actuellement, notre division santé animale compte plus de 2000 salariés aux États-Unis et 400 salariés en Allemagne. Elle est plus américaine qu'allemande, contrairement à Merial qui a 2 000 salariés en France », reconnaît Joachim Hasenmaier. « Le futur pour les deux entreprises sera d'avoir une forte présence aux États-Unis, mais aussi en Europe. Nous allons notamment accroître la R&D à Lyon », prévoit-il. Actuellement, Merial effectue 61 % de ses ventes sur le marché des animaux de compagnie et 39 % sur celui de l'élevage, tandis que Boehringer Ingelheim a la proportion inverse (36 % animaux de compagnie/64 % élevage). Merial possède 15 sites de production de vaccins, contre 4 pour Boehringer, et Merial est « leader dans les médicaments antiparasitaires, un segment important qui manquait à Boehringer », estime-t-il. Le siège mondial sera situé à Ingelheim en Allemagne et l'entreprise comptera plus de 10 000 employés dans le monde. « Nous aurons un portefeuille de produits solide et plus diversifié, avec 59 % sur le marché des animaux de compagnie et 41 % sur les animaux de production », note Erick Lelouche. « L'objectif est de devenir un leader mondial de la prévention des maladies grâce aux vaccins et aux antiparasitaires ».

Eric Lambert, secrétaire général de Merial, souligne que « le groupe Boehringer Ingelheim a confirmé sa volonté de poursuivre et de maintenir les investissements à Lyon », à savoir 70 M€ pour de nouveaux bâtiments R&D sur le site de Lyon porte des Alpes, 40 millions pour le développement de biogénérateurs et 15 millions pour produire des vaccins effervescents. « Mi 2017, le site accueillera 800 collaborateurs sur plus de 14 000 m² », annonce-t-il.

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