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Biotechnologies : MitoProd lance sa production d'ARN

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Guillaume Plane, le président-directeur général de MitoProd, se félicite de s'être positionné sur « un marché à fort potentiel et à forte croissance ». La jeune société bordelaise de biotechnologies qu'il a co-crée en septembre 2004 se consacre en effet à la production d'acides ribonucléiques (ARN). Ces derniers apparaissent depuis les années quatre-vingt comme une nouvelle classe de molécules thérapeutiques dans des domaines tels que le cancer, les maladies virales ou celles liées à l'âge. La start-up bordelaise, qui emploie six personnes, vient d'obtenir une levée de fonds de 132000 ? auprès du fond d'amorçage Aquitaine Création Innovation. Cette somme devrait lui permettre de lancer sa production à l'échelle commerciale d'ici à fin juin. L'objectif est de cibler dans un premier temps « des laboratoires de recherche académique en France, en Allemagne, en Angleterre et en Suisse » et à terme, le marché des laboratoires pharmaceutiques. « Pour l'industrie pharmaceutique, une production d'ARN à grande échelle est un enjeu majeur », explique Guillaume Plane. Et telle est la vocation de MitoProd : « produire et commercialiser à grande échelle et à moindre coût des ARN ». Pour ce faire, la compagnie s'appuie sur une technologie que Guillaume Plane qualifie de « r évolutionnaire » et dont elle possède une licence mondiale d'exploitation. Développée à l'Institut de biochimie et génétique cellulaires du CNRS de Bordeaux (équipe de Jean-Paul Di Rago), la technologie utilisée est basée sur un processus de fermentation de la levure ( S. cerevisiae ). Elle consiste à détourner les mitochondries à des fins de production et de stockage. La fermentation à grande échelle permet alors la multiplication de ces unités de production et de stockage contenant des ARN spécifiques. « Contrairement aux productions d'ARN existantes comme la synthèse chimique, notre technologie est très compétitive au niveau des coûts. En synthèse chimique, il faut près de 250 réactions pour fabriquer un ARN de 50 nucléotides et ce, en utilisant des réactifs coûteux ». Autre avantage de cette technologie : pouvoir produire des ARN de grande taille (de 45 à 3000 bases) avec une qualité importante mais surtout en grandes quantités. « À terme, c'est-à-dire d'ici trois ou quatre ans, nous espérons avoir à disposition des capacités de 50 m 3 pour produire des quantités de l'ordre du gramme ». La société, dont le site de production est situé sur le campus universitaire de la Carreire, travaille pour l'heure sur un fermenteur de 3 litres et produit des quantités de l'ordre du milligramme. Elle espère atteindre l'équilibre financier dans deux ans et attend de nouvelles levées de fonds (dont une à la fin de l'année), mais son prochain chantier de taille concerne l'obtention des normes ISO 9000-2000, traçabilité et cGMP pour se lancer dans la production à l'échelle industrielle et s'attaquer ainsi au marché des laboratoires pharmaceutiques et des compagnies de biotechnologies.

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