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Biotechnologies/Loi de finances 2002 : Laurent Fabius lance un plan de soutien au secteur de 210 Meuros

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Le projet de Loi de Finance que Laurent Fabius a révélé cette semaine était plus qu'attendu par les industriels des biotechnologies, et plus particulièrement par l'association France Biotech, qui avait demandé au ministre de mettre en place un plan d'aide pour les secteur des biotechnologies. Laurent Fabius n'est, semble-t-il, pas resté sourd aux recommandations de l'association, créée en 1997, avec pour objectif la relance et le développement de l'industrie française des biotechnologies. Le "Plan Biotech 2002" du gouvernement vise à susciter la création de nouvelles entreprises de biotechnologies et à accélérer la croissance des sociétés existantes, en favorisant notamment leur viabilité et leur indépendance à long terme. Dans le cadre de la Loi de Finances 2002, le gouvernement a en effet adopté deux mesures clés proposées par l'association, dirigée par le Dr Philippe Pouletty, chairman et président de la compagnie Drug Abuse Science. La première, comprend la mise en place de garanties pour prêts bancaires destinés aux acquisitions et investissements en recherche et développement, la seconde la création d'un fonds d'investissement d'amorçage, de 60 millions d'euros, géré par la Caisse des Dépots. Ce fonds d'investissement permettra la création d'un plus grand nombre de jeunes pousses en biotechnologies. Les garanties bancaires, d'un montant de 150 millions d'euros, devraient permettre aux entreprises de biotechnologies françaises d'atteindre plus rapidement une taille critique, par l'acquisition de compagnies étrangères ou de technologies complémentaires, et d'investir en recherche clinique. Cette garantie devrait susciter, selon France Biotech, l'octroi par les banques d'environ 750 Meuros en 2002, sous forme de prêts à long terme. Parallèlement, le gouvernement devrait demander à la Banque Européenne d'Investissement une dotation complémentaire devant renforcer le montant de ces deux mesures. Selon Philippe Pouletty, " le gouvernement a clairement pris conscience des besoins et du fantastique potentiel de notre industrie des biotechnologies et de la santé ". Le président de France Biotech s'est déclaré très satisfait du Plan Biotech 2002, à condition néanmoins qu'il soit amplifié dans les années à venir. Ce plan pourrait, toujours selon l'association, " permettre à l'industrie française d'accéder au premier rang européen d'ici à 2006 ". La France, en troisième position derrière l'Allemagne et le Royaume-Uni - très loin derrière les USA - a vu son retard se creuser dans le secteur des biotechnologies selon une étude économique réalisée à la demande des associations Objectif 2010 et France Biotech, par Pierre Kopp et Thierry Laurent (Professeurs de Sciences Economiques aux universités de Panthéon-Sorbonne et d'Evry). L'étude des professeurs Kopp et Laurent rappelle que, malgré le renouvellement du tissu économique ces dernières années à l'échelon mondial, la France enregistre un écart de contribution à la croissance dans le domaine des NTIC de facteur trois par rapport aux USA. Cet indicateur continue de se dégrader en France : en 2000, l'Europe a investi 11 milliards d'euros dans ses entreprises innovantes, la France plafonnant à 2,4 milliards d'euros. Malgré une augmentation exceptionnelle de 73 % du financement des entreprises européennes via le capital risque en 2000 par rapport à 1999, la France investit moins que ses voisins : le financement par capital risque s'est accru de 1999 à 2000 de 34 % en France, de 72 % au Royaume-Uni et de 280 % en Allemagne. Ce retard engendrerait un déficit économique important que l'étude chiffre à 75 000 emplois dont 50 000 emplois induits, 5 milliards d'euros de recettes fiscales en moins et une dépense de près de 3 milliards d'euros pour les Assedic. Le sous-investissement français dans le secteur des biotechnologies induit, selon l'étude, une orientation à la baisse des parts de marché de l'industrie pharmaceutique française à l'étranger, impliquant de forts manques à gagner pour l'avenir. Royaume-Uni tire profit de l'ancienneté de son effort dans le secteur des biotechnologies et soutient considérablement ce secteur (560 millions d'euros d'aides publiques en 1998) tout en développant des mesures d'accompagnement (programme Link qui couple entreprise et organisme de financement public, flux de chercheurs vers l'industrie, procédure d'éligibilité des entreprises à l'aide simplifiée). L'Allemagne consacre des aides publiques croissantes (de la part des Länders et du gouvernement fédéral) aux entreprises de biotechnologie : moins de 15 millions d'euros en 1990, 213 millions d'euros en 1996, 265 millions d'euros en 2000 et 435 millions d'euros en 2001 (soit +64 % en un an et 100 % en cinq ans). La France n'a consacré, quant à elle, qu'environ 60 millions d'euros d'aides publiques aux entreprises de biotechnologie en 2000. Ces aides publiques sont pourtant cruciales pour stimuler les investissements privés en capital risque : ainsi l'Allemagne a doublé ses investissements privés en 2000 et devancé l'Angleterre pour la première fois (412 Meuros pour l'Allemagne, contre 279 Meuros pour l'Angleterre), la France arrivant derrière avec 207 millions d'euros (+29 %). " L'Allemagne qui n'avait pas d'industrie des biotechnologies significative il y a cinq ans a réussi à se hisser au premier rang européen grâce à l'effet de levier des aides publiques qui attirent en Allemagne les investisseurs européens et anglo-saxons ", soulignent Pierre Kopp et Thierry Laurent.

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