Nous suivre Industrie Pharma

Bioproduction : Un léger mieux en France depuis 2004

Sujets relatifs :

,
À l'occasion d'Eurobio 2006, qui s'est tenu du 25 au 27 octobre dernier à Paris, Amgen a proposé une conférence satellite faisant le point sur la bioproduction, deux ans après les propositions faites au gouvernement par le comité biotechnologies du Leem.
Il en ressort un sentiment d'avoir été entendu même s'il reste beaucoup de travail. « Les pôles de compétitivité, les fonds qui leur sont alloués, les investissements récents comme celui de GlaxoSmithKline (GSK) à Saint-Amand-les-Eaux (Pas-de-Calais), indiquent que les choses évoluent dans le bon sens. Nous disposons d'une bonne couverture pour les lots cliniques mais nous butons sur la production de lots commerciaux », a souligné Annick Schwebig, directrice générale d'Actelion (Suisse) et vice-présidente du comité biotechnologie du Leem. Autre écueil: la formation à la bioproduction, à tous les niveaux. En France, il n'existe qu'une seule école d'ingénieurs en biotechnologies qui propose une formation totalement adaptée aux exigences industrielles, l'école supérieure de technologie des biomolécules de Bordeaux. Le centre de production d'Evry sur les rails Pour rappel, en 2004, le Leem faisait l'état des lieux de la bioproduction en France, sur la base d'une étude réalisée par le cabinet Arthur D Little. La France est le premier producteur de médicament en Europe et le troisième exportateur mondial, mais il produit peu de biothérapies. Depuis cette étude, Novartis a installé à Huningue (Haut-Rhin) son unité de production d'un anticorps anti-IgE dans l'asthme sévère en 2005 et GSK Biologicals a récemment décidé d'installer son unité de production du vaccin contre le HPV, Cervarix, en France. L'annonce du Genopole, le 24 octobre, de franchir une étape dans le développement industriel conforte le point de vue d'Annick Schwebig. Le biopark d'Evry affiche l'ambition de devenir un haut lieu de la bioproduction en France, avec l'ouverture en 2007, en collaboration avec la société MAbgène et l'unité de production de vecteurs viraux de Généthon, d'un centre de production de protéines recombinantes et d'anticorps monoclonaux sous conditions cGMP. L'étude d'Arthur D Little a essentiellement porté sur la production de protéines thérapeutiques qui implique l'utilisation de systèmes d'expression cellulaires. En France, plusieurs sociétés de biotechnologie sont déjà actives dans ce domaine: Transgene, Protein'Expert, LFB (cGMP en cours de validation) et Vivalis. Avec pour bioclusters impliqués Medicen Evry, Lyon Biopole et Atlantic Biothérapies. Reste que la France ne dispose toujours pas d'un acteur d'envergure dans la produciton à l'échelle commerciale. A l'image d'un Lonza qui vient de racheter de nouvelles capacités de syntèse à l'échelle industrielle à Cambrex (voir p. 3). Immunogénicité et formulation des biomédicaments:
la recherche se poursuit
Si la production de protéines thérapeutiques requiert encore des innovations (glycosylation, rendement de purification, filtration etc), leur emploi pose de nombreuses questions, notamment celle de leur immunogénicité. « On ne peut pas expliquer l'activité d'anticorps monoclonaux selon des réactions immunologiques classiques. Ces produits cassent la balance de tolérance immunologique », a souligné Huub Schellekens, de l'université d'Utrecht (Pays-Bas). Les variations de séquences, les glycosylations, les impuretés, la formulation, la dose…
Tous ces éléments influencent l'immunogénicité et leur variations peuvent conduire les biothérapies à perdre de leur efficacité, provoquer des allergies et, dans des cas exceptionnels, des états anaphylactiques. « Il nous arrive même d'observer une variation dans l'immunogénéicité des produits bien qu'ils aient fait l'objet des mêmes procédés de synthèse et de formulation. Nous ne savons pas expliquer ces différences », a-t-il souligné. Les recherches se poursuivent. L'amélioration de la formulation des biothérapies s'avère également critique. Difficiles à manipuler (transport et stockage) et surtout essentiellement proposées sous forme injectable, elles rendent leur emploi plus compliqué que celui des médicaments traditionnels. « Idéalement, nous aimerions nous affranchir de cette aiguille que les patients supportent mal sur la longueur », explique Daan Crommelin de la même université. Tout le problème est de gérer l'instabilité chimique des bioproduits (oxydation, protéolyse etc) ainsi que leur instabilité physique (dénaturation, agrégation, adsorption etc). Les pistes explorées sont les injections intradermiques sans aiguille (véhiculée par un gaz), l'encapsulation. Mr Crommelin travaille sur des lysozymes de polymères biodégradables.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Kulminéo, une approche terrain pour booster la performance de l’industrie pharmaceutique

Expertise

Kulminéo, une approche terrain pour booster la performance de l’industrie pharmaceutique

Après 35 années de carrière en industrie et conseils multi-secteurs, Marc Jadot, fondateur et président de Kulminéo, s’est forgé une conviction profonde : « La performance[…]

Chloroquine/Covid-19 : « Je plaide pour son utilisation immédiate, très large, mais sous condition  »

Chloroquine/Covid-19 : « Je plaide pour son utilisation immédiate, très large, mais sous condition »

Les « pharma papers » dénoncent 14 millions de liens d'intérêts

Les « pharma papers » dénoncent 14 millions de liens d'intérêts

Patrick Hibon de Frohen : Nouveaux métiers ou mutations et évolutions des compétences ?

Patrick Hibon de Frohen : Nouveaux métiers ou mutations et évolutions des compétences ?

Plus d'articles