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Bioproduction : Novasep s'allie à GTP pour développer son offre

Bioproduction : Novasep s'allie à GTP pour développer son offre

Alain Lamproye, président de l'activité Biopharma chez Novasep.

© 2015 Nicolas Robin, tous droits réservés

Désireux de se renforcer dans les protéines thérapeutiques, le groupe Novasep a noué un partenariat avec la société toulousaine GTP. Une opportunité pour proposer une offre allant du développement de procédé pour les phases précliniques à la production commerciale de protéines.

Ville sidérurgique jusqu'à la fin des années 80, connue dans le passé pour avoir livré l'acier de la Tour Eiffel, Pompey en Meurthe-et-Moselle héberge aussi Novasep, société de chimie fine pharmaceutique qui vise à parfaire son offre en matière de production biotechnologique, et plus particulièrement de production de protéines recombinantes de type anticorps monoclonaux (mAbs). Des activités qui sont regroupées dans la division Novasep Biopharma. « Notre activité CMO est répartie sur 2 sites. En Belgique, où nos activités se concentrent sur la production de vecteurs viraux, et à Pompey sur la purification de de petites molécules et de protéines recombinantes », explique Alain Lamproye, président de l'activité Biopharma chez Novasep. « Aujourd'hui, ces 2 sites se différencient par leurs capacités et expertise respectives. La société dispose en effet de capacités de cultures cellulaires uniquement sur son site de Belgique, alors que le site de Pompey est spécialisé dans les technologies de purification par chromatographie préparative (notamment HPLC) ». Et pour ce qui est des orientations futures en matière d'investissements, Alain Lamproye explique que « dans le monde, il existe déjà de nombreuses CMO qui proposent des capacités de production d'anticorps de plusieurs milliers de litres. Nous ne voulons pas dupliquer ce qui existe. Nous pensons que des capacités de l'ordre de 1000 litres permettent de servir le marché biopharmaceutique innovant qui voit se développer aujourd'hui des produits pour des marchés de niche, comme les médicaments orphelins et la médecine personnalisée ». Il ajoute que les technologies ont aussi beaucoup évolué et que les lignées sont devenues superproductives, capables de générer plusieurs grammes par litre de matière active. Avec ce type de lignées, une production de 100 kg par an, qui pouvait demander des bioréacteurs de 10 000 l dans le passé, peut être obtenue aujourd'hui dans un réacteur de 1 000 l. L'impact sur les procédés et les technologies est considérable et demande une reconsidération de la façon de produire et des moyens à mettre en oeuvre. C'est ce que Novasep s'attache à faire dans le développement de son offre qui va se poursuivre dans les années à venir. En tout cas, le marché s'annonce prometteur. Selon le cabinet BioProcess Technology Consultants, les produits dérivés des anticorps monoclonaux représentent plus de 30 % des médicaments biologiques. En 2014, ces produits ont représenté un marché global d'environ 76,5 millions d'euros.

 

Proposer une offre globale pour produire des mAbs

 

Novasep vient de signer un partenariat avec la PME toulousaine GTP. Créée en 2000, celle-ci dispose d'un savoir-faire important dans la production de biomolécules pour des phases de recherche très amont, jusqu'au stade préclinique. C'est-à-dire que pour une protéine donnée découverte par un laboratoire, la société est capable de développer une lignée cellulaire et un procédé de production dans des bioréacteurs non-GMP jusqu'à 50 litres. Les procédés peuvent ensuite être transférés à une CMO qui dispose de capacités GMP pour réaliser les lots cliniques puis commerciaux.

Ensemble, les deux partenaires souhaitent proposer une offre globale depuis des phases très amont jusqu'à la production commerciale, en ciblant en particulier la production de mAbs pour les médicaments orphelins, les anticorps conjugués (ADC) et les applications en diagnostic. « GTP est connue depuis un quinzaine d'années et elle s'est fait un nom dans le domaine du développement de bioprocédés. La combinaison de leur expertise et de notre activité de CMO constitue une association parfaite. Nous avons tous les atouts pour réussir », ajoute Alain Lamproye qui espère faire croître son entreprise dans le domaine des mAbs.

Pour l'heure, la division Biopharma qu'il dirige représente environ 25 % du chiffre d'affaire global de Novasep (260 M€). Elle emploie un peu plus de 150 personnes. Elle englobe principalement les sites belges de Gosselies et Seneffe, rachetés à la société Henogen en 2009, avec un effectif de 105 personnes. « Au départ, ces unités effectuaient du développement de procédés et de la production de protéines recombinantes sur tout type de technologies : bactéries, levures ou cellules de mammifères. En 2013, nous avons considéré que l'avenir d'une CMO n'était pas d'être généraliste. Nous avons pris le parti de nous spécialiser dans un domaine d'activité pour mieux cibler les clients et les produits. C'est ainsi que nous nous sommes recentrés sur la production d'anticorps monoclonaux et de virus à usage vaccinal et de vecteurs viraux pour des applications de thérapie génique », explique le dirigeant.

Le reste de l'effectif de la branche Biopharma est justement basé à Pompey en purification, qui propose, en plus du service de purification à façon, la vente d'équipements de chromatographie préparative. Il faut ajouter que leurs collègues sur le site du Mans (Sarthe) travaillent dans la production d'ADC (Antibody-Drug Conjugates), une activité connexe à l'activité en Belgique. Cela consiste à greffer un agent cytotoxique sur un anticorps par le biais d'un linker. Dans ce cas, cytotoxique et linkers sont des petites molécules produites par la chimie classique.

Cet accord avec GTP fait suite à un partenariat du même type que Novasep a signé avec la CRO nantaise Advanced Biotherapeutics Consulting (ABC) dans le domaine des vecteurs viraux appliqués à la thérapie génique. L'accord prévoit que Novasep se charge de la production à façon des vecteurs viraux adéno-associés développés par la petite société. ABC et GTP ont des points communs. Elles sont toutes deux des spécialistes de leur domaine et sont basées en France. « Le rapprochement géographique et l'avantage de la langue facilitent les échanges pour aller plus vite », résume Alain Lamproye. Car dans la production à façon, le temps est un élément crucial. Aujourd'hui entre la signature d'un accord et la livraison du lot clinique, Novasep annonce un délai de 16 mois, ce qui est déjà compétitif. Mais la transition entre le stade préclinique et la production clinique reste toujours un challenge pour lequel la société Novasep pense avoir trouvé la réponse.

3 questions à Éric Devic président de GTP

Industrie Pharma : Pouvez-vous présenter GTP ? Éric Devic : GTP a été créée en 2000. Jusque dans les années 2005-2006, la société était focalisée sur la production de protéines cibles pour le «drug discovery» pour les étapes de criblage et de «lead optimisation». Puis, la demande évoluant, nous avons commencé à travailler sur la production de protéines à visée thérapeutique. Nous intervenons très en amont en phase préclinique. Les sociétés arrivent avec plusieurs candidats médicaments avec des interrogations sur leur design. Ce sont des molécules qu'il faut produire pour pouvoir les tester. Puis, quand le candidat a été choisi, nous intervenons dans le développement de procédé, c'est-à-dire le choix du système d'expression et le développement du procédé de production et de purification. Ensuite, le procédé peut être transféré dans une CMO telle que Novasep. D'où vient l'idée de cet accord avec Novasep ? E.D. : Nous avons déjà transféré deux projets chez Novasep. C'est sur la base de ces transferts qu'a jailli l'idée d'un partenariat permettant de formaliser un peu plus notre collaboration. Novasep s'étant spécialisé dans l'expression en cellules de mammifères, nous allons créer une relation privilégiée avec eux concernant ce système d'expression. Pour les systèmes d'expression microbiens, nous continuerons à travailler avec d'autres partenaires. Qu'attendez-vous de cette collaboration ? E.D. : Ce partenariat avec Novasep est une formidable opportunité. GTP est une petite entreprise de 22 personnes dont le chiffre d'affaires est de 2 millions d'euros. Nous réalisons déjà 50 % de ce montant à l'export, mais uniquement en Europe, et principalement en Belgique, Angleterre, Allemagne et Espagne. Grâce à Novasep, nous allons pouvoir élargir notre couverture commerciale. D'ailleurs, nous discutons déjà sur des projets aux États-Unis, en Asie et dans d'autres pays européens. Pour répondre à une demande croissante, nous serons en mesure d'accroître de 30 % nos capacités en intégrant des collaborateurs supplémentaires, pour atteindre 5 à 10 projets par an. Au-delà, tout dépendra du succès de notre partenariat.

Propos recueillis par Sylvie Latieule

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