Nous suivre Industrie Pharma

Bioproduction : B Cell Design ouvre la voie à l'industrialisation des IgA

Sujets relatifs :

La société valorise un modèle murin original capable de sécréter une nouvelle classe d'anticorps thérapeutiques.
Alors que la plupart des anticorps monoclonaux commercialisés sont de la classe des immunoglobulines de classe G (IgG), B Cell Design se distingue en privilégiant la production d'immunoglobulines A (IgA). C'est un type particulier d'anticorps ciblés et transportés vers les muqueuses, comme le tissu intestinal ou pulmonaire. Les IgA y sont naturellement synthétisées, avec la capacité de recruter des cellules immunes (les neutrophiles notamment). Elles atteignent des concentrations élevées dans des zones moins ciblées par d'autres classes d'anticorps. Les IgA présentent également la particularité de s'associer en dimères et de se lier à un peptide sécrétoire qui lui confère une certaine résistance aux enzymes de digestion au niveau du tube digestif. « Cette pièce sécrétoire participe également à l'adhésion et la persistence de l'IgA au niveau du mucus », précise Armelle Cuvillier, directrice scientifique de B Cell Design. Ces caractéristiques laissent supposer que ces anticorps sont plus stables et qu'ils devraient être plus fortement concentrés que d'autres anticorps dans ces tissus. Du coup, on devine les niches d'applications thérapeutiques de ces anticorps. Créée en octobre 2007 et incubée dans le laboratoire (UMR CNRS 6101) à Limoges, B Cell Design se présente comme une société de production et d'industrialisation d'anticorps chimériques IgA. Leur outil de travail: une souris génétiquement modifiée, humanisée qui produit des IgA secrétées dont certaines régions sont identiques aux anticorps humains. Après la modification du génome de la souris, les chercheurs ont constaté que plus de 99 % des cellules productrices d'anticorps synthétisent des IgA. La production classique d'une IgA avec une souris sauvage prendrait entre 12 et 18 mois. Avec ce modèle, elle prend 4 à 5 mois. B Cell Design détient une licence exclusive sur un brevet qui porte sur ce modèle murin. Pour ses propres développements, la start-up cible le virus syncytial respiratoire, responsable de la bronchiolite. En parallèle, l'équipe développe un anticancéreux contre le lymphome. « C'est un des domaines d'expertise de notre laboratoire. Ceci nous offrait l'opportunité d'apporter la preuve du concept thérapeutique des IgA dans cette indication avant de cibler les cancers muqueux », explique Armelle Cuvillier. Enfin, dans le cadre d'un projet labellisé (Pôle de compétitivité Cancer-Bio-Santé Midi-Pyrénées, Limousin), B Cell Design travaille avec deux autres sociétés Cayla Invivogen (Toulouse) et Glycode (Limoges) à la mise au point de quatre anticorps contre des cibles cancéreuses. L'autre champ d'application de B Cell Design est celui des réactifs pour kits de diagnostic Elisa, fondés sur la détection par anticorps. Le principe est de rechercher dans le sérum du patient les anticorps spécifiques d'une pathologie. Ces kits requièrent l'utilisation de témoins positifs. Jusque-là, ces cas positifs étaient récupérés dans les sérums de malades avérés, limitant ainsi l'approvisionnement et exposant à des variabilités dans la qualité des lots différents. « Nous leur proposons une production industrielle réglementée de ce contrôle positif - recombinant d'origine humaine - pour répondre aux exigences de standardisation des kits », souligne Armelle Cuvillier. Une levée de fonds en vue mi-2008 B Cell Design est née au bout de 3 ans de travail sur le projet de valorisation pour en évaluer la faisabilité. À l'origine, les chercheurs ont développé un modèle de la maladie de dépôt des IgA. « L'équipe s'est aperçue que la souris produisait les IgA en quantité importante et que cela pouvait être valorisé », rapporte-elle. « En 2004, le projet trottait dans la tête du directeur de laboratoire, le Pr Michel Cogné, je revenais d'un stage de post-doctorant, il m'a soumis l'idée, j'ai saisi l'opportunité et j'ai accepté de me lancer dans l'aventure », raconte Armelle Cuvillier. Gaël Champier, directeur technique de B Cell Design, apporte une expertise en virologie et Jean Sainte-Laudy, le p-dg apporte, lui, une solide expérience en valorisation, management, organisation du travail et en analyse biologique. D'ici à la mi 2008, l'effectif passera à 5 personnes, avec l'embauche de deux opérateurs en production (1 ingénieur et 1 technicien), afin de pouvoir assurer le passage à la production industrielle. Six mois après sa création formelle, elle espère lever 450000 euros auprès de fonds d'amorçages et de business angels. Nadia Timizar

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Nanosive planche sur le futur des crèmes solaires

Nanosive planche sur le futur des crèmes solaires

Grâce à une technologie d'encapsulation d'actifs dans des polymères bioadhésifs, la start-up Nanosive entend mettre au point des écrans solaires plus sûrs et écoresponsables, utilisant moins[…]

17/12/2018 | InnovationDermatologie
L'opération New Deal Biotech vise à attirer des porteurs de projets

L'opération New Deal Biotech vise à attirer des porteurs de projets

Des étiquettes moléculaires contre la falsification

Des étiquettes moléculaires contre la falsification

Un microscope lève le voile sur l'intimité des protéines

Un microscope lève le voile sur l'intimité des protéines

Plus d'articles