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Biolog-id surveille les produits thérapeutiques sensibles par RFID

Biolog-id surveille les produits thérapeutiques sensibles par RFID

Application d'un tag sur un produit de chimiothérapie sous isolateur.

© Biolog-id

La société française Biolog-id a mis au point une solution RFID assurant la gestion et le suivi des produits thérapeutiques sensibles tels que les poches de sang, le plasma et la chimiothérapie. L'entreprise a levé, en novembre dernier, 30 millions d'euros pour poursuivre son déploiement à l'international.

Poches de sang, plasma de fractionnement, chimiothérapie... Pour assurer la gestion et la traçabilité de ces produits thérapeutiques sensibles, Biolog-id propose une solution basée sur la technologie RFID (radio-identification).

La PME bernayenne rend ainsi possible la traçabilité totale des produits sanguins, du donneur jusqu'au receveur. Les professionnels de santé peuvent ainsi obtenir en temps réel les informations connexes à une poche de sang ou de plaquettes, telles le groupe sanguin, la localisation, la température ou encore le numéro de don.

La technologie permet également d'éviter tout risque de perte et de non-utilisation des produits rares via une visualisation instantanée par l'ensemble du personnel de santé de l'emplacement de chaque produit dans les établissements de soins, dans les services de transfusion ou dans le stock des services de transfusion.

L'idée de concevoir une solution de traçabilité des produits sanguins est venue à Jean-Claude Mongrenier au détour d'une rencontre, dans les années 90, période du scandale du sang contaminé. Jean-Claude Mongrenier - à l'origine de Biolog-id - fait la connaissance d'un membre de la société Gemplus (devenue Gemalto), qui lui présente une technologie : une petite base de données, reliée à une antenne, sur laquelle on peut écrire et lire à distance.

 

© Biolog-id
Jean-Claude Mongrenier, président et fondateur de Biolog-id.
 

« Quand vous voyez une poche de sang avec sa vingtaine de codes à barre, comment font les professionnels de santé pour les différencier ? », questionne Jean-Claude Mongrenier, fondateur et président du conseil de surveillance de Biolog-id. « Sans parler des étiquettes qui se décollent, etc. », ajoute-t-il.

Avec Biolog-id, une seule étiquette est nécessaire : la RFID. Le client décide lui-même à quel stade il souhaite la coller sur le produit. « Certains souhaitent la mettre dès le début, d'autres après la préparation », confie Jean-Claude Mongrenier.

Pour concevoir les étiquettes, la société a développé ses propres imprimantes bi-technologies qui permettent à la fois d'imprimer l'étiquette avec les informations en clair et de programmer la puce. « Ce qui permet d'avoir une sécurité en ayant sous les yeux les informations dans le cas où la puce RFID ne fonctionnerait pas », ajoute-t-il.

Une technologie pour plusieurs applications

Le coeur de la solution est baptisé Biolog-connect. Celle-ci est déclinée en trois applications correspondant aux secteurs cibles : Transfusion, Plasma et C-LOG (chimiothérapie). Elles ont en commun l'étiquette électronique, des lecteurs/encodeurs RFID installés sur les points stratégiques de la chaîne ainsi qu'une suite logicielle.

Transfusion dispose en plus des kits de stockage intelligents SST. « Il s'agit de frigos intelligents que l'on a développés pour lire les poches en permanence », détaille Jean-Claude Mongrenier.

« Ils peuvent être interrogés à distance pour connaître le stock ». Plasma intégrera en plus des lignes de réception et de tri RFID installées dans le centre de fractionnement. La société a conçu et installé, en 2016, un portique RFID pour la réception du plasma pour fractionnement congelé sur le site des Ulis du laboratoire biopharmaceutique LFB. « C'est une première mondiale », s'enthousiasme Jean-Claude Mongrenier.

« Le tunnel permet de lire 50 cartons de plasma en un seul passage pour vérifier leur adéquation, puis de les affecter à leur palette de stockage en chambre froide, à - 35 °C. » Ainsi, dès la réception des produits, le portique enregistre les informations contenues sur les puces des cartons. Les poches seront lues et identifiées dans un second temps, sur une ligne de tri conçue par la société.

Transfusion et C-LOG peuvent être complétées par le module X-Match qui garantit l'administration du bon produit au bon patient. « Le professionnel de santé va scanner la poche puis le bracelet d'identification du malade pour s'assurer de la bonne correspondance. Le cas échéant, il reçoit une alerte », ajoute Jean-Claude Mongrenier.

En juin 2018, l'Institut Godinot, centre de lutte contre le cancer de Reims, a adopté les solutions C-LOG et X-Match pour le circuit des chimiothérapies injectables. Suivi par le centre hospitalier de la Côte basque en 2019. En utilisant cette solution, l'objectif de ces centres était d'améliorer la sécurité et la traçabilité du circuit, depuis la libération pharmaceutique jusqu'à l'administration du patient.

Autre avantage : en plus d'avoir une meilleure gestion des stocks, la solution réduit les erreurs de transfusion - le bon produit au bon malade - et permet au personnel de santé de perdre moins de temps sur des tâches administratives. Les informations sont transférées automatiquement, plus besoin - ou presque - de le faire manuellement.

 

© Biolog-id
Vue d'un tag RFID Biolog-id

Une vision internationale

Présente dans quatorze pays, la PME se structure comme une multinationale, avec un responsable États-Unis, Asie et Europe. « Nous sommes installés partout en Europe. Notre filiale aux États-Unis est très performante. Nous sommes également au Canada, en Inde et en Malaisie. On s'est structurés à l'international ! », affirme Jean-Claude Mongrenier.

En deux ans, la société est passée de 55 à 110 salariés, dont 30 % à l'étranger. En novembre dernier, Biolog-id a d'ailleurs réalisé une levée de 30 millions d'euros auprès de la société de capital-risque Xerys pour continuer son déploiement à l'international. Elle prévoit d'augmenter ses effectifs de 15 %, cette année.

Bien que 100 % du plasma de LFB, structure de droit privé appartenant à l'Etat, soit tracé depuis sept ans avec sa technologie, Jean-Claude Mongrenier regrette un faible décollage en France sur les globules rouges et les plaquettes. « Nous avons déjà passé trois évaluations chez l'EFS (Établissement français du sang), toutes positives, mais à chaque fois, leur décision est reportée ». Un frein à la validation des applications de produits sanguins labiles.

Pourtant, en janvier 2020, Biolog-id a été sélectionnée parmi les start-up lauréates de la French Tech 120 qui seront accompagnées par l'État français. Une aubaine qui lui permettra ainsi de mieux s'intégrer dans l'écosystème français et de s'ouvrir à de nouvelles opportunités.

 

BIOLOG-ID SÉDUIT UN CENTRE DE TRANSFUSION AUX ÉTATS-UNIS

Si Biolog-id a du mal à percer au niveau de l'Établissement français du sang, la PME française vient de s'associer au LifeShare Blood Center pour combattre le Covid-19.

Tout début juin, ce centre de transfusion, fournisseur majeur de produits sanguins dans le centre sud des États-Unis, a décidé de déployer la technologie pour tracer numériquement le plasma prélevé chez des patients guéris du Covid-19. Ce « plasma-convalescent », riche en anticorps spécifiques dirigés contre le virus SARS-CoV-2, pourrait aider les patients receveurs à mieux combattre ce virus.

Cette solution offre en temps réel une visibilité des stocks de plasma, de la collecte à la distribution, elle rationalise l'inventaire, améliore l'efficacité et maximise l'utilisation des dons. « Biolog-id LLC a été un partenaire stratégique pour nous, comblant un besoin dans la disponibilité rapide de plasma-convalescent », a déclaré Monica Kalvelage, directrice des opérations au LifeShare Blood Center.

« Leur technologie innovante automatise un processus crucial, permettant une gestion plus efficace des stocks et la livraison de plasma-convalescent aux patients traités contre le Covid-19 ».

 

CHIFFRES CLÉS

  • 2005 : année de création
  • 7 millions d'euros de chiffre d'affaires
  • 110 salariés à travers le monde
  • > 200 salariés d'ici à trois ans
  • > 100 brevets internationaux
  • 8 millions de tags par an

 

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