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BioCellChallenge, livreur d'anticorps dans les cellules

Aurélie Dureuil

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Chiffres clés

- Création en juillet 2009

- 4 salariés

- 2010 : 1er chiffre d'affaires (confidentiel)

- 2011 : 1re signature d'un contrat avec un distributeur

- 2013 : lancement de ImmunoCellin

- Capital : 70 000 €

- Aides - Prix : Prêt régional à la création d'entreprise, aides Oséo, aides de l'incubateur Paca-Est

BioCellChallenge, livreur d'anticorps dans les cellules

Laurent Meunier, p-dg et cofondateur de BioCellChallenge

© BioCellChallenge

La société varoise présente son système de transport d'anticorps à l'intérieur des cellules. Fruit de sa R&D, il pourrait permettre à des protéines d'atteindre des cibles intracellulaires.

« Énormément d'entreprises pharmaceutiques possèdent des molécules qui restent dans les tiroirs. Il leur manque un moyen de transport pour aller au bon endroit dans un organisme ou dans les cellules », constate Laurent Meunier, p-dg et cofondateur de BioCellChallenge. Fort de ce constat, le chercheur en biologie cellulaire et moléculaire s'est associé à deux autres chercheurs, Stéphane Moutard et Vincent Delauzun, respectivement responsable R&D chimie et responsable R&D biologie de BioCellChallenge, pour remédier à ce problème de transport. La société a vu le jour en juillet 2009 au Parc d'activités de Signes de Toulon (Var). Une première phase de R&D a permis de développer la technologie ImmunoCellin, présentée début 2013. Aujourd'hui, une deuxième phase s'ouvre : « la valorisation de cette technologie brevetée », souligne le dirigeant.

« Le transport d'anticorps dans une cellule vivante a peu été utilisé dans les projets de recherche en biologie cellulaire, essentiellement parce qu'aucun outil n'offrait une efficacité suffisante sans un énorme travail de préparation ou de réingénierie », explique Laurent Meunier. Il précise ainsi que les anticorps thérapeutiques utilisés aujourd'hui ciblent les membranes cellulaires. « Les anticorps thérapeutiques sont des protéines très spécifiques qui adressent une protéine de la cellule dans le but de corriger une maladie. Aujourd'hui, ils n'ont pas la possibilité de passer la membrane cellulaire et ciblent donc des protéines extra-cellulaires. Notre technologie offre la possibilité d'aller vers des cibles à l'intérieur de la cellule », détaille le p-dg de BioCellChallenge. Pour passer cette barrière membranaire, les chercheurs utilisent très souvent des liposomes, constitués de lipides organisés entre eux de manière à former des gouttelettes de très petite taille. Ces liposomes ont la faculté de pouvoir fusionner avec les membranes cellulaires, constituées aussi de lipides. C'est sur ce principe que repose la technologie ImmunoCellin. L'objectif est de présenter à la cellule un liposome contenant l'anticorps thérapeutique. Les deux entités vont fusionner et l'anticorps va ainsi pénétrer dans la cellule et agir directement sur un mécanisme moléculaire. Cette approche est identique à celle développée pour faire entrer des gènes dans les cellules. Cependant, contrairement aux gènes chargés positivement, les anticorps sont des molécules relativement neutres. « La complexité réside dans la difficulté à internaliser ces anticorps dans des lipides », souligne Laurent Meunier. C'est ce que permet la technologie ImmunoCellin. « Parmi tous les tests pratiqués, nous n'avons pas encore eu le cas d'un anticorps qui ne pourrait pas être encapsulé », précise le p-dg.

Des liposomes utilisables en présence d'additifs

 

Autre caractéristique mise en avant par la société : la possibilité d'utiliser les anticorps encapsulés même en présence d'additifs. « Les réactifs commercialisés actuellement nécessitent de retirer au préalable les additifs couramment ajoutés aux anticorps pour permettre leur conservation », souligne Laurent Meunier. La technologie ImmunoCellin permet donc de s'affranchir de cet inconvénient des réactifs. La société précise par ailleurs qu'aucune étape de préparation préalable n'est nécessaire et qu'aucune interaction covalente entre le système de transport et l'anticorps ne se crée. « Aucune étape de couplage chimique n'étant nécessaire, l'activité de l'anticorps n'est aucunement altérée », selon BioCellChallenge. Le lancement de la technologie ImmunoCellin marque une nouvelle phase de développement de la société varoise. « Notre objectif est de trouver des partenaires qui ont potentiellement des anticorps thérapeutiques avec des cibles intracellulaires », précise Laurent Meunier. La société a également commencé l'évaluation d'anticorps existant avec de potentiels effets thérapeutiques. « Il est particulièrement intéressant d'introduire des anticorps thérapeutiques pour cibler des protéines intra cellulaires impliquées dans différentes maladies, et notamment certains cancers », souligne le dirigeant de BioCellChallenge. « Aujourd'hui, nous avons choisi plusieurs anticorps potentiels. Ce sont des protéines existantes dont le potentiel thérapeutique n'a jamais été mis en évidence. Nous allons regarder avec notre technologie s'ils peuvent bloquer le développement et la croissance d'une tumeur », indique Laurent Meunier qui envisage un à deux ans avant une entrée en phase clinique. En parallèle, la société cherchera à licencier sa technologie auprès de sociétés pharmaceutiques qui auraient également des anticorps dont le potentiel thérapeutique serait sous-estimé.

Pour financer ses travaux, la société poursuivra sa stratégie de ventes de réactifs à l'international. Depuis sa création, BioCellChallenge commercialise des réactifs de transfection. « Il ne s'agit pas d'une technologie innovante à proprement parler, mais les molécules développées par la société permettent d'apporter un plus par rapport aux produits déjà existants sur le marché. Ces produits représentent un marché pour financer notre R&D », précise le dirigeant. La société s'est ainsi créée un réseau de ventes directes et de distributeurs en France et à l'international (14 pays dont les États-Unis, le Canada, le Japon, le Benelux, etc.). Une stratégie qui lui a permis de dégager un premier chiffre d'affaires, confidentiel, en 2010. « Nous avons créé la société sur fonds propres et notre but est de pérenniser la société par la vente de produits pour le laboratoire, indique Laurent Meunier qui n'exclut pas de faire appel à des investisseurs, dans les années à venir ».

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