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Biocatalyse : PCAS monte au capital de Proteus

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Le groupe de chimie fine détient désormais 36 % du capital de la société nîmoise, après une augmentation de capital.
PCAS et Proteus, associés depuis 2006 au sein de la co-entreprise PCAS Biosolution, sont un peu plus proches. Le groupe de chimie fine a en effet porté sa participation dans la société nîmoise à 32 %, contre 6 % auparavant, dans le cadre d'une augmentation de capital réservée. Proteus trouve avec cette opération, une alternative à une entrée en Bourse envisagée en début d'année, mais qui ne s'est finalement pas concrétisée. Le montant de l'augmentation de capital n'a bien sûr pas été dévoilé. De nouveaux moyens analytiques pour PCAS Biosolution Grâce à cette augmentation de capital, Proteus entend accélérer le développement de deux de ses activités : PCAS Biosolution bien sûr, mais aussi sa filial PSI (Proteus Services pour l'industrie), spécialisée dans les services liés à l'ingénierie des protéines. « Dans le premier cas, nous a confié Gérard Guillamot, directeur de la R&D de PCAS, nous allons poursuivre et renforcer notre effort de prospection, avec des moyens marketing supplémentaires, pour continuer à être en contact constant les grands laboratoires, mais aussi avec les sociétés de taille plus modeste ». Second levier qui va être actionné au sein de la co-entreprise : la R&D. « Nous pensons que nous allons faire face à court terme à une forte hausse du nombre de projets que nous devrons traiter, et pour y faire face, nos moyens analytiques en particuliers vont devoir être renforcés », explique Jean-Marie Sonet, directeur général de PCAS Biosolution. La société commune, en un peu plus d'un an d'existence, a déjà dans ses tuyaux une dizaine de projets. « Un tiers d'entre eux sont des études internes qui une fois finalisées pourront nous permettre d'aller proposer de façon proactive des procédés biocatalytiques à des laboratoires, pour des molécules innovantes ou de génériques, Gérard Guillamot, les deux tiers restants sont des réponses à des demandes externes. Ce rapport entre projets internes et externes est d'ailleurs semblable à celui de nos activités classiques de chimie fine ». Des débuts que la direction de PCAS et Proteus jugent prometteurs, alors que « la biocatalyse est encore dans une phase d'évaluation et de tests par les donneurs d'ordres de la pharmacie », indique Jean-Marie Sonet. Si les dirigeants se refusent pour l'instant à donner des informations financières sur la co-entreprise, le modèle d'affaires de PCAS Biosolution table à l'horizon 2012 sur un chiffre d'affaires qui pourrait se situer entre 20 et 30 M€, sur la base de 15 à 20 à dossiers par an pour des lots tests, 10 à 15 pour des lots pilotes et 5 à 10 pour des lots industriels. PSI : une offre conçue pour répondre aux obstacles du développement des protéines Quant à PSI, l'enjeu sera de donner des moyens supplémentaires à son offre, qui repose sur trois services liés aux développements de protéines thérapeutiques : Dream'Line (conception et optimisation), Prod'Line (production à façon) et enfin Immuno'Line (contrôle de leur immunogénicité). Cette dernière vient d'ailleurs tout juste d'être lancée, en association avec le département des Sciences du vivant du CEA. Trois plateformes que Proteus a développé pour répondre aux nouvelles contraintes du développement de protéines thérapeutiques, un marché en plein expansion. L'offre de PSI est présentée par Proteus comme pouvant permettre de résoudre, d'anticiper ou de contourner les problèmes liés au développement de ce type de médicament, dont les ventes en 2011 devraient dépasser les 80 Mrds $ au niveau mondial, contre 45 Mrds $ en 2004. Sur ce montant, Proteus estime le marché adressable de PSI à environ un milliard d'euros actuellement. Par exemple, Immuno'Line, permet d'évaluer et de réduire les réactions immunitaires d'une biomolécule avant même sa première injection chez l'Homme, grâce au recours non pas à un animal de laboratoire mais à un test in vitro. Proteus va chercher à faire homologuer ce test par les différentes agences du médicament, ce qui pourrait le transformer en nouveau standard industriel et faire entrer le développement de protéines thérapeutiques dans un nouveau paradigme, sans même parler des implications commerciales pour Proteus. Proteus pourrait atteindre l'équilibre en 2010 PSI s'occupait déjà fin juin de 16 protéines, et la première livraison de lots est attendue pour 2007. En marge de l'accréditation d'Immuno'Line, le fruit de l'augmentation de capital servira aussi à recruter de nouveaux commerciaux, et à accroître la capacité de production GMP de protéines, pour passer de l'échelle de la centaine de grammes à quelques kilos dans les trois ans. Toujours selon les estimations de Proteus, le chiffre d'affaires à cinq ans de cette division pourrait être compris entre 15 et 22 millions d'euros. Sur cette base, l'entreprise table sur des ventes annuelles de 55 millions d'euros en 2015, contre moins de 2 millions d'euros l'an dernier, et pourrait atteindre l'équilibre dès 2010, après l'avoir approché en 2009. Quant à PCAS, on ne connaît pas encore précisément les conséquences financières de PCAS Biosolution. Mais on peut déjà dire que cette entité jouera dans les prochaines années un rôle très important pour le groupe français de chimie fine. C'est d'ailleurs déjà le cas opérationnellement, puisque la synthèse organique et la biocatalyse sont désormais systématiquement envisagées pour tout nouveau projet arrivant sur les bureaux de Gérard Guillamot. Signe que la biocatalyse est un enjeu stratégique pour PCAS, ce dernier ne nous a pas habitué ces dernières années à se lier de façon capitalistique à ses partenaires, préférant les alliances aux prises de participation. De là à penser que les liens entre Proteus et PCAS pourraient encore se resserrer… C.M.

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