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Bio-incubation: L'approche prudente des laboratoires pharmaceutiques

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Voici un peu plus d'un an, deux industriels de la pharmacie ont annoncé la création de leurs propres bio-incubateurs dans le but d'accueillir les projets innovants, les plus ambitieux et les plus susceptibles d'étoffer leurs portefeuilles de produits.
Cette nouvelle approche de la valorisation a laissé certains chercheurs sceptiques, d'autres très critiques quant à l'intégrité des projets issus des universités. Même si de nombreuses interrogations subsistent, notamment dans la façon dont seront réparties les propriétés intellectuelles, le succès est là. Les deux laboratoires ont reçu chacun des centaines de demandes pour se contenter de n'incuber qu'une petite poignée de projets. La sélection est rude. Pfizer a annoncé néanmoins sa volonté d'ouvrir deux autres incubateurs à San Francisco (Californie) et à Boston (Massachusetts). Il semblerait, par ailleurs, que les visites ont été nombreuses sur le site Columbia (New York) par d'autres sociétés pharmaceutiques curieuses d'étudier ce modèle. Modèle? Les stratégies de Pfizer et de Biogen diffèrent quelque peu. Pfizer est en quête de projets qui s'appliquent à plusieurs développements en parallèle tandis que Biogen oriente son choix vers des start-up dotées d'un projet thérapeutique ciblé avec un candidat bien caractérisé. Il leur laisse bien 3 à 4 ans avant d'envisager une IND. Petit tour d'horizon des projets incubés. 5 start-up en incubation L'américain Biogen Idec (Cambridge, Massachusetts) a mis en place le “Biogen Idec Innovation Incubator” ou bi3, destiné à incuber des start-up dont les thématiques de développement correspondent aux grandes aires thérapeutiques du laboratoire pharmaceutique (neurologie, immunologie, oncologie et cardiopulmonaire). L'incubateur a démarré avec un budget de 10 millions de dollars (7,5 M€). À ce jour, le bi3 héberge deux sociétés, Escoublac et Provasculon, qui apportent de l'innovation dans leurs approches biologiques. La règle de cet incubateur est de proposer une biologie innovante, avec un focus thérapeutique précis et d'adopter un plan de recherche dans le but d'amener une molécule nouvelle en clinique dans les trois ou quatre ans. Escoublac s'intéresse au lien entre la biologie des os et le métabolisme. Leurs développements thérapeutiques sont fondés sur la découverte de l'hormone ostéocalcine (trouvée dans les os et les dents) qui intervient dans le métabolisme énergétique et les désordres associés. La société explore la possibilité de traiter des maladies métaboliques, notamment le diabète de type II et l'obésité. En effet, l'ostéocalcine stimule la production d'insuline par les cellules beta pancréatiques, favorise la perte de poids et améliore la sensibilité à l'insuline. Son fondateur, Gerard Karsenty, de l'université médicale de Columbia, a choisi d'intégrer l'incubateur parce qu'il ne souhaitait pas investir son énergie et une partie de son temps à rechercher des fonds et surtout il ne souhaitait pas revêtir la veste
de CEO.
La société Provasculon développe, quant à elle, de nouvelles formes d'un facteur de croissance, le SDF-1 (Stromal Cell-Derived Factor-1). Cette chimiokine attire les cellules souches et ouvre de nouvelles perspectives en matière de régénération tissulaire. Le souci avec cette chimiokine est que le plus souvent elle est désactivée par des enzymes dans l'environnement des tissus lésés. Provasculon a licencié de nouvelles formes de SDF-1 résistantes à cette inactivation enzymatique. Cette découverte est issue des travaux de Richard Lee, un cardiologue (Harvard Medical School), et de Vincent Segers (Brigham and Women's Hospital). Le laboratoire Pfizer a annoncé à un mois d'intervalle la création de son propre incubateur. Il a choisi La Jolla en Californie pour installer son “Pfizer Incubator (TPI)”. Aujourd'hui, il soutient trois projets. La première entreprise, Fabrus, fondée par Vaughn Smider (The Scripps Research Institute), a développé une plateforme technologique de criblage d'anticorps fonctionnels. La start-up alimente une banque d'anticorps ainsi qu'une base de données sur la façon dont ces bioproduits interagissent avec des cibles biologiques. La société Wintherix est spécialisée en oncologie et tente de mettre au point des molécules capables d'inhiber un processus cancéreux, la voie Wnt, qui jouerait un rôle dans le développement des cancers. La société a développé un savoir-faire dans cette mécanique biologique et se sert de la banque de composés de Pfizer pour tenter d'identifier de potentiels inhibiteurs. La start-up Wintherix a été créée par l'équipe de Dennis Carson de l'École de médecine de l'université de Californie (University of California, San Diego - UCSD). Enfin, la société RGo Bioscience travaille sur le potentiel de petites molécules qui agissent sur les ARN ainsi que sur des systèmes de délivrances de ces acides nucléiques dans l'organisme. Le projet est né des travaux d'Alexander Chucholowski, auparavant président du ChemBridge Research Laboratories (CRL), et de Thomas Hermann de l'UCSD. En plus des aspects de propriétés intellectuelles de produits parfois licenciés à des universités, le problème du devenir des fondateurs des sociétés demeure irrésolu. Enfin, la question de l'impact d'un tel modèle de valorisation en terme de retour en faveur de la recherche fondamentale reste également à clarifier. Nadia Timizar En savoir plus, notamment sur les répartitions de la propriété intellectuelle: « Start-ups weigh benefits of corporate incubators », Nature mars 2008

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