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BASF coupe en Europe et investit en Asie

Julien Cottineau

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Chez le leader mondial, le chiffre actuellement en vogue est 500. La semaine dernière, BASF l'a mentionné deux fois, mais pour deux projets très distincts, et surtout pas pour les mêmes unités de valeur. Car, d'un côté il s'agit de 500 postes supprimés en Europe, de l'autre d'un investissement de 500 millions de dollars (près de 385 M€) en Malaisie. Mauvaises nouvelles sur le Vieux continent, bonnes nouvelles en dehors. Actuellement, le schéma inverse n'est vraiment pas tendance...

En Europe, BASF s'attaque à nouveau à sa division Produits de performance et à l'héritage de Ciba, acquis en 2009. Le géant allemand prévoit de supprimer 500 postes d'ici fin 2015. Le groupe met en cause la « standardisation croissante et l'entrée de nouveaux compétiteurs ». Soit deux facteurs de dégradation, essentiellement dans les domaines des additifs pour plastiques, des pigments, et des produits pour l'eau, le cuir et les textiles, qui poussent BASF à effectuer des retouches pour assurer ses positions et ses marges. Le groupe n'a pas encore détaillé précisément les coupes à venir. La majeure partie de ce plan de restructuration va toucher la Suisse, plus particulièrement les actifs du chimiste allemand dans la région de Bâle. Jusqu'à 350 emplois pourraient y être supprimés. Cela concernera avant tout la business unit Additifs plastiques. BASF, qui souhaite introduire une approche plus orientée vers les marchés dans le domaine, va d'une part consolider certaines fonctions support sur sa base allemande de Ludwigshafen, et accroître l'efficacité de certains de ses centres de compétences dans le monde. Les activités suisses de la business unit Pigments et résines seront elles aussi affectées. BASF veut regrouper à Ludwigshafen les activités qualité et sécurité des produits, tandis que les fonctions liées à la gestion du portefeuille produits seront relocalisées à Hong Kong. En conséquence, la voilure de la R&D dans ces deux business units sera réduite, contractant les effectifs relatifs à ces activités au centre de R&D de BASF à Bâle. Ce projet emboîte le pas du plan de restructuration amorcé en mars au sujet des activités des produits pour l'eau, le pétrole et l'exploitation minière (CPH n°628).

« BASF et Petronas construiront un complexe d'arômes »
A l'autre bout de la planète, en revanche, les projets de croissance vont bon train. En Malaisie, BASF a conclu une nouvelle avancée avec son partenaire Petronas. Au sein de leur vaste complexe intégré à Gebeng, qui produit des monomères acryliques, des dérivés oxo et du butanediol, les deux partenaires construiront un complexe d'arômes. Ce projet de 500 M$ sera financé à hauteur des parts de chacun dans leur coentreprise BASF Petronas Chemicals, détenue à 60 % par le groupe allemand et à 40 % par le géant malais. Le complexe d'arômes s'articulera autour d'unités de citral (diméthyloctadiénial) et de précurseurs, avec en aval des unités d'ingrédients, en l'occurrence une unité de taille mondiale de L-menthol et une de citronellol (diméthylocténol). La construction s'opérera en plusieurs phases, les premières unités devant entrer en service d'ici 2016. 110 postes seront créés à Gebeng, une fois le complexe opérationnel. Ce projet vise à mieux répondre à la croissance, essentiellement en Asie-Pacifique, de la demande en ingrédients aromatiques pour les industries des parfums, des produits de soins, de l'agroalimentaire et de la pharmacie. Si ces productions viendront diversifier celles de BASF Petronas Chemicals, elles renforceront celles de BASF. Actuellement, le géant mondial se revendique déjà comme l'un des leaders des ingrédients aromatiques.

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