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Bactéries : Les propriétés d'adhésion décortiquées

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Bactéries : Les propriétés d'adhésion décortiquées

La société clermontoise, BioFilm Control, se penche sur la capacité des bactéries à se développer sous forme de films sur les surfaces. Certaines applications concernent les industriels de la pharmacie dans le domaine de l'assurance-qualité mais aussi de la R&D.
La société clermontoise, BioFilm Control, se penche sur la capacité des bactéries à se développer sous forme de films sur les surfaces. Certaines applications concernent les industriels de la pharmacie dans le domaine de l'assurance-qualité mais aussi de la R&D. Détecter la formation de biofilms dès les premières étapes d'adhésion ? C'est ce que propose la société BioFilm Control. « Chaque bactérie possède sa propre stratégie d'adhésion. Elle s'entoure de plus ou moins de polysaccharides qui déterminent la formation du biofilm », détaille Thierry Bernardi, p-dg et cofondateur de BioFilm Control. Dans son guide sur la biocontamination, l'Association pour la prévention et l'étude de la contamination (Aspec) définit les biofilms comme « un élément constitué de bactéries adhérentes incluses dans une matrice exopolymérique » ou des « accrétions microbiennes incluses dans une matrice et adhérant à une surface inerte ou biologique ». La formation de ces biofilms sur une surface, généralement humide, se fait en quatre étapes décrites par l'Aspec : le transport des micro-organismes, l'adhésion initiale des cellules microbiennes au support, la consolidation de l'adhésion par la synthèse de composés extracellulaires, et la colonisation du support par multiplication des cellules adhérentes accompagnée, dans certains cas, d'une agrégation cellulaire. La stratégie d'adhésion de la bactérie semble donc être un élément clé dans l'étude du biofilm. La société a été créée en décembre 2004 autour d'une technologie permettant d'étudier le développement précoce des bactéries. Elle est située au Biopôle de Clermont Limagne à Saint- Beauzire (Puy-de-Dôme). « Contrairement aux techniques existantes impliquant une culture de souches bactériennes suivies d'un protocole basé sur des lavages/coloration/rinçages/ mesure, qui sont peu reproductibles et donnent des résultats sous 24 à 48 heures, nous pouvons répondre en quelques heures », se félicite Thierry Bernardi. La société utilise des microbilles magnétisables de 1 à 3 microns pour leur propriété de corps inerte. « Un biofilm est une structure visco-élastique qui se développe sur une surface », note le dirigeant. BioFilm Control tire avantage de cette propriété pour le fonctionnement de son test : des microbilles piégées dans un biofilm ne sont plus « attirables » par un aimant. Après avoir déposé la bactérie considérée avec les microbilles dans les puits d'une microplaque, l'équipe de BioFilm Control laisse incuber. Après quelques heures, la microplaque est placée sur un bloc porte-aimants pendant une minute puis lue par l'appareil BioFilm Scan M. L'image obtenue montre si les microbilles ont été piégées par le biofilm. Si tel n'est pas le cas, les microbilles sont libres de venir au point de contact de l'aimant et forment un spot très visible. Le test permet de détecter la formation précoce d'un bio film. « Il ne nécessite ni lavage, ni coloration, ni rinçage. Il peut être réalisé en 6 à 8 heures. Par ailleurs, la lecture se fait en 2 minutes et notre logiciel d'analyse d'image BioFilm Elements attribue un indice BioFilm permettant de réaliser des cinétiques de développement », précise T. Bernardi. Un développement sur le marché pharma Les applications de ce test sont multiples pour l'industrie pharmaceutique. « Nous intervenons pour trouver le meilleur produit permettant d'éliminer les biofilms », indique le dirigeant. À partir d'une cartographie microbiologique établie par les équipes d'assurance-qualité du site de production pharmaceutique, le test permet de déterminer l'agent contaminant et le produit qui empêchera son adhésion et donc la formation de biofilm. Une autre application intéresse les industriels de la pharmacie : la détection de molécules anti-infections pour le développement de nouveaux traitements. « On sait depuis peu que le principe d'une infection repose sur la formation d'un biofilm. Il s'agit en effet de l'installation d'un micro-organisme sur un site puis sa colonisation », analyse Thierry Bernardi. La faculté de connaître le phénomène de bioadhésion des bactéries dès la première étape de leur vie permet de tester des banques de molécules des industriels de la pharmacie pour leur propriété à empêcher ou retarder la formation de biofilm. « Les tests de faisabilité pour l'industrie pharmaceutique ont été effectués en 2008. Nous évaluons maintenant l'automatisation de la technologie pour un industriel du secteur. Nous développons également des projets de criblages », confie le dirigeant. Il a développé trois offres pour l'industrie pharmaceutique. La première consiste à vendre le lecteur BioFilm Scan M en version manuelle. La société propose également des services de test en aveugle de banques de molécules non exploitées pour leur apporter une nouvelle valeur ajoutée « anti-bio-adhésion ». Pour cela, l'équipe de BioFilm Control effectue le test en interne avec un automate, qui teste plusieurs milliers d'échantillons par jour sur un panel de bactéries pathogènes. Enfin, la société peut importer sa technologie sur les plateformes de criblage des industriels. Le marché de l'industrie pharmaceutique s'ouvre à BioFilm Control qui a débuté son activité auprès de l'industrie agroalimentaire et des hôpitaux. « Après le développement de la technologie et son automatisation, nous accédons à différents marchés », confirme Thierry Bernardi. BioFilm Control entre dans la phase de commercialisation de son test. Son dirigeant envisage une levée de fonds « de l'ordre de deux millions d'euros début 2010 », pour le développement de « l'activité commerciale et de la structure de la société ». BioFilm Control qui compte 10 salariés devrait recruter un deuxième commercial avant la fin de l'année. La société a réalisé un chiffre d'affaires de 23 000 euros en 2008 et devrait atteindre 250 000 euros cette année. « En cultivant bien la palette d'offres que l'on peut amener, nous devrions franchir le cap des 10 Me de chiffre d'affaires dans les cinq ans », détaille Thierry Bernardi. Aurélie Dureuil

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