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AZF, 10 ans après

Julien Cottineau

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Le choc du 21 septembre 2001 reste encore vif. Il y a dix ans, à 10 h 17, explosait le hangar 221 de l'usine AZF à Toulouse. Une déflagration gigantesque, classée 3,4 sur l'échelle de Richter. Humainement, c'est un drame industriel sans précédent en France. 31 morts, dont 21 sur le site industriel, au moins 2 442 hospitalisations comptabilisées. Socialement, c'est un désastre : 25 550 logements endommagés, 1 300 entreprises et 20 000 emplois sinistrés. Dix ans après ce douloureux constat, les doutes subsistent sur l'hypothèse du mélange de dichlorocyanurate de sodium (DCCNa) avec le nitrate d'ammonium, comme origine de l'explosion. Le premier procès, en 2009, n'a pas permis de répondre avec certitude et a conduit à la relaxation du directeur de l'usine et de Grande Paroisse. Le procès en appel, à partir du 3 novembre à Toulouse, aura la délicate tâche de répondre enfin aux thèses qui s'affrontent encore, entre l'acte volontaire ou l'accident. Des thèses qui divisent jusqu'à engendrer la semaine dernière des commémorations séparées. 

« Pas de risque zéro absolu »

Dix ans plus tard, d'autres questions se posent. Qu'est-ce qui a changé ? Une telle catastrophe est-elle encore possible ? Comment les industriels s'en prémunissent ? Touchés et marqués par cette catastrophe, les chimistes n'ont évidemment pas oublié. Et se sont mobilisés. « Un accident comme celui-là nous rappelle de façon aiguë les risques de notre métier et nos responsabilités vis-à-vis de nos salariés et des personnes qui habitent à proximité de nos sites, estime Olivier Homolle, président de l'UIC. Il faut minimiser les risques à l'extrême. C'est la démarche des industriels et de l'ensemble de la profession avec les pouvoirs publics », ajoute-t-il. S'il reconnaît qu'on « n'est jamais à l'abri d'un accident nulle part, ni aujourd'hui, ni hier, ni demain », il est persuadé que « les risques sont plus faibles qu'il y a dix ans. Mais personne ne peut promettre un zéro absolu ».
 

Depuis l'explosion d'AZF, les pouvoirs publics ont engagé plusieurs actions. La loi Bachelot de 2003 et les Plans de prévention des risques technologiques (PPRT) en sont l'emblème. Un emblème souvent décrié pour le retard accumulé et qui bute toujours sur le financement, notamment pour les mesures sur le bâti. « Au moins les industriels ont fait un gros travail exhaustif d'analyse des phénomènes dangereux et réalisé une bonne cartographie de ce qui se passe sur un site », note Philippe Prudhon, directeur des affaires techniques de l'UIC. Au-delà des PPRT, de nombreuses avancées ont été engagées. Un système, démarré en 2002, permet l'habilitation des entreprises extérieures aux sites Seveso seuil haut. Aujourd'hui, 2 700 entreprises sont habilitées et 1 300 engagées dans la démarche. Le partage d'expérience et du savoir-faire continue d'avancer. L'UIC édite une lettre mensuelle technique recensant les incidents et accidents survenus. De multiples guides techniques ont été édités pour référencer les bonnes pratiques. Le Plan de modernisation des installations industrielles a permis en parallèle de démarrer la constitution de guides reconnus par la Direction générale de prévention des risques (DGPR). Les industriels ont aussi planché sur la communication à chaud et le dialogue avec les riverains pour éviter rumeurs et inquiétudes, même si l'UIC regrette encore qu'un seul événement sur deux fasse l'objet d'un communiqué. S'il y a encore beaucoup à faire et à financer pour mener à terme les mesures engagées, Philippe Prudhon juge que les « énormes efforts des industriels ont permis de diminuer la fréquence d'apparition d'événements, de diminuer leur probabilité, et d'en diminuer la gravité ». 

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