Nous suivre Industrie Pharma

Axonal mise sur « de la croissance interne et externe »

Propos recueillis par Aurélie Dureuil

Sujets relatifs :

, ,

Alors que la 5e journée de la Recherche clinique s'est tenue à Paris, début février, Jean-Pierre Meunier, directeur général d'Axonal-Biostatem, détaille à Industrie Pharma le positionnement de sa société et sa vision du secteur en France et à l'international.

Industrie Pharma : Axonal a été créé, il y a plus de 25 ans. Pouvez-vous présenter la société aujourd'hui ?

Jean-Pierre Meunier : Axonal est une société de recherche clinique (CRO) présente depuis 26 ans sur le marché. Nous comptons un peu plus de 70 personnes en France. À cet effectif, s'ajoutent 40 à 50 personnes que nous sommes amenés à mobiliser à l'international en fonction des projets. Nous intervenons pour les études cliniques avant AMM c'est-à-dire des phases II et III et sur les études post-inscription, aussi appelées études en vie réelle. Notre chiffre d'affaires consolidé au niveau du groupe est de 7 millions d'euros.

 

En 2015, vous avez acquis Biostatem. Pourquoi avez-vous réalisé cette opération de croissance externe ?

J.-P. M. : La fusion entre Axonal et Biostatem en avril 2015 nous a permis de renforcer notamment notre propre équipe de biométrie. Cette CRO d'une dizaine de salariés possédait en effet une expertise spécifique dans ce domaine et sur certains domaines thérapeutiques. Nous avons aujourd'hui une équipe qui comporte tous les métiers de la recherche clinique et épidémiologique en interne. Nous avons plus de 15 métiers représentés dans l'entreprise. Nous avons fait le choix de garder toute la maîtrise des études en interne, contrairement à d'autres CRO qui ont externalisé un certain nombre d'activités, notamment en biométrie. Dans ce domaine, les exigences réglementaires ont augmenté, ces dernières années, ce qui demande des investissements pour conserver l'expertise en interne, la validation des systèmes et des outils, l'obtention de certifications... Aujourd'hui, notre positionnement nous permet de réaliser un nombre important d'études avec un minimum de sous-traitance. De plus, avec Biostatem, nous complétons notre siège de Paris avec un bureau à Montpellier qui nous permet d'avoir une présence dans le Sud de la France.

 

Vous développez également votre positionnement géographique. Pouvez-vous détailler cette stratégie ?

J.-P. M. : Pendant de nombreuses années, nous étions présents uniquement en France car les demandes émanaient beaucoup de filiales françaises de grands groupes pharmaceutiques. Elles faisaient ainsi appel à des CRO locales. Puis, nous avons vu progressivement nos clients historiques que sont les grands laboratoires pharmaceutiques se réorganiser pour avoir leurs centres de décisions pour leurs études au niveau européen voire mondial. Il y a une centralisation de la recherche, des protocoles d'études, de leur gestion. Et également une volonté d'optimiser les coûts en réduisant le nombre de projets locaux. Des stratégies qui ont conduit les laboratoires à signer des contrats avec des CRO mondiaux pour des études multipays. Pour répondre à cette demande, nous avons ouvert dans plusieurs pays européens des bureaux pour avoir des représentants de notre entreprise. Cela permet de sécuriser les aspects réglementaires et de mobiliser des ressources locales d'assistants de recherche clinique (ARC). Cependant, tout ce qui est pilotage du projet, gestion des données, reporting, etc. reste réalisé en France. Si nous ne nous étions pas positionnés à l'international, nous n'aurions plus que des projets en France, dont le nombre diminue régulièrement depuis une quinzaine d'années.

 

Avez-vous des projets de nouvelles croissances à l'international ?

J.-P. M. : Nous allons continuer à nous développer par de la croissance interne et externe, en s'intéressant à des sociétés dans d'autres pays. Notamment dans les pays où la recherche clinique est la plus dynamique. Il s'agit de l'Allemagne, de certains pays de l'Est, des pays scandinaves et aussi des pays du Maghreb, qui sont aujourd'hui en plein développement et qui sont une porte sur l'Afrique. Nous nous intéressons aussi beaucoup à la Russie et à la Chine où le nombre de projets est de plus en plus important. Et enfin, n'oublions pas les États-Unis où l'essentiel des études est décidé.

 

Votre croissance passe aussi par le développement de nouveaux marchés. Quels sont-ils ?

J.-P. M. : Nous avons toujours essayé d'anticiper. Depuis une dizaine d'années, nous avons entamé la diversification de notre activité. Nous travaillons davantage avec des laboratoires de tailles moyennes et petites. Et nous sommes de plus en plus sollicités par des petites structures de type biotech. Nous nous sommes aussi ouverts aux structures académiques qui sous-traitent des études entières. Et nous avons aussi un nouveau secteur sur lequel nous nous développons beaucoup : les dispositifs médicaux. Cela a commencé, il y a moins d'une dizaine d'années. Aujourd'hui, la demande s'accentue car la législation impose davantage de données cliniques aux fabricants. Ils ont besoin d'aide et de prestataires.

 

Avec ces développements de périmètres et à l'international, vous conservez un fort ancrage en France. Quelle est votre vision du métier de CRO dans l'Hexagone ?

J.-P. M. : Nous voulons rester positionnés en France. Mais le pays souffre d'un déficit d'image. Laboratoires pharmaceutiques, CRO, pouvoirs publics..., nous sommes tous un peu responsables. Nous n'expliquons pas suffisamment bien ce qu'est la recherche en France, la place du patient dans les études, l'importance de la France de rester leader sur des projets de recherche. Nous devons avoir des actions pour que la France conserve ses centres d'excellence et d'expertise.

 

Alors que les délais de mise en place des essais étaient pointés du doigt, la Convention unique a été mise en place en 2015. Comment l'accueillez-vous ?

J.-P. M. : Il était nécessaire qu'en France, nous ayons un cadre plus efficace et de faire en sorte que les équipes participant aux essais conservent des motivations. En ce moment, il y a beaucoup de discussions sur le terrain car les investigateurs n'ont pas été associés initialement au texte. Mais nous sommes dans la bonne direction. Nous devrions arriver à terme à un dispositif qui fonctionnera et ainsi à être en phase avec ce qui se fait partout en Europe. Il était temps que nous ayons un dispositif efficace en France.

 

Constatez-vous des difficultés pour recruter des médecins et des patients pour les études ?

J.-P. M. : Dans la dernière décennie, le recrutement des centres et des médecins est devenu de plus en plus difficile. Les médecins ont moins de disponibilités et choisissent désormais les projets sur lesquels ils préférent travailler, alors qu'avant ils participaient plus facilement aux études. Et le recrutement des patients reste quelque chose de difficile. En France, le système de soin est efficace et homogène. Du coup, l'intérêt de participer à la recherche repose essentiellement sur des considérations personnelles ou pour les pathologies les plus graves. Pour ces pathologies, les patients peuvent ainsi bénéficier en amont de l'AMM de molécules innovantes, en particulier en oncologie. Le process de recrutement est toujours un challenge. Quand nous avons un projet, il faut chercher les centres, tout en ayant une représentation géographique, des médecins différents, une diversité de centres...

 

« Nous avons un nouveau secteur sur lequel nous nous développons beaucoup : les dispositifs médicaux (...). Aujourd'hui, la demande s'accentue. »

 

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

CRO : Pathoquest établit une filiale américaine avec Charles River

CRO : Pathoquest établit une filiale américaine avec Charles River

Le spin-off de l’Institut Pasteur PathoQuest a annoncé, le 12 novembre 2020, la création d’une filiale aux États-Unis.  Cette entité a pour rôle de mettre en place un laboratoire de pointe sur[…]

Fusion entre Kymos et Prolytic

Fusion entre Kymos et Prolytic

SGS s’empare de la CRO texane Stephens

SGS s’empare de la CRO texane Stephens

Charles River prêt à reprendre Citoxlab pour 448 M€

Charles River prêt à reprendre Citoxlab pour 448 M€

Plus d'articles