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Avec des domaines de compétences élargis, Lyonbiopôle fédère l'innovation

Aurélie Dureuil

Le pôle de compétitivité lyonnais a vu son champ d'activités élargi fin 2013. L'organisme focalisé depuis sa création sur l'infectiologie et les cancers couvre maintenant la filière santé dans son ensemble. De nouveaux défis pour le pôle.

« L'agenda des pôles de compétitivité évolue. Nous sommes passés d'un univers très centré sur la science et les projets collaboratifs en 2005, à des objectifs très clairement sur le développement économique », constate Philippe Archinard, président de Lyonbiopôle. Le pôle qui a signé fin 2013 son nouveau contrat d'objectifs pour la 3e phase des pôles a vu l'extension de son champ thématique. Jusqu'à présent, l'organisme était focalisé sur les maladies infectieuses et les cancers. Il embrasse dorénavant « le large champ de la santé en région Rhône-Alpes, y compris les technologies médicales », précise son président. Philippe Archinard rappelle ainsi le « très grand nombre de sociétés travaillant dans les medtech entre Grenoble, Saint-Étienne et Lyon ». Le pôle couvre « quatre domaines d'actions stratégiques : les médicaments à usage humain, les médicaments vétérinaires, les dispositifs médicaux et technologies médicales et le diagnostic in vitro ». Cet élargissement des domaines de compétences du pôle devrait s'accompagner d'une augmentation du nombre d'adhérents de Lyonbiopôle. Fin 2013, le pôle comptabilisait 139 adhérents, parmi lesquels on compte 4 grands groupes, 105 PME, 11 ETI et 19 centres de compétences.

Cette nouvelle dimension donnée au pôle, Philippe Archinard la voit comme « un challenge mais qui comporte aussi un risque. C'est une opportunité pour continuer à servir la base de PME adhérentes. Le risque réside dans notre petite structure. En termes de capacités, de réflexion, etc., nous serons moins pointus sur le plan scientifique que dans le cadre de l'infectiologie. Nous interviendrons plus autour de la croissance des sociétés, des partenariats à l'international, etc. La nature des technologies sera un peu secondaire ». Le pôle se veut ainsi « animateur et guichet unique de la filière santé en Rhône-Alpes ». Son offre d'accompagnement repose sur quatre axes : stimuler l'innovation, accompagner le développement des PME, se développer à l'international et proposer une offre d'infrastructures de haut niveau.

 

Favoriser l'esprit d'innovation

 

Le premier axe consiste à faire émerger, monter et accompagner des programmes collaboratifs de R&D, via notamment de l'animation scientifique, la construction des projets et leur suivi. « Nous avons développé un savoir-faire très particulier appliqué à l'immunologie, l'infectiologie et l'oncologie. Cela a contribué à mettre au point un process que nous allons mettre à profit pour les autres secteurs », souligne Philippe Archinard. Depuis sa création, Lyonbiopôle a financé 145 projets dont 39 projets FUI. 64 de ces projets sont aboutis tandis que 66 sont toujours en cours et 15 viennent de démarrer. Le pôle propose des animations scientifiques afin de faire le lien entre les différents acteurs, notamment ses Journées collaboratives qui se tiendront le 10 octobre à Grenoble. Il organise ou co-organise également des journées autour de thèmes scientifiques comme la médecine régénérative et la bioinformatique pour les produits de santé.

Le deuxième axe concerne l'accompagnement des PME. Les actions passent par l'animation d'un réseau économique permettant d'identifier des partenaires stratégiques, et d'organiser des rencontres avec des investisseurs privés. Le pôle propose d'adapter l'offre de formation et de renforcer l'accès aux expertises de « mentor ». Lyonbiopôle organise plus de 200 rendez-vous individuels avec des PME en 2013 et une quarantaine d'événements « pour favoriser les rencontres, les échanges, les financements et faciliter l'émergence de collaborations et partenariats ».

Le développement à l'international se fait, lui, tant pour le pôle qui noue des liens avec d'autres structures, que pour les adhérents. L'objectif est ainsi « d'accompagner l'internationalisation des membres du pôle et de positionner le territoire sur la carte internationale », selon Lyonbiopôle. Le pôle fait partie de l'European diagnostic cluster alliance (EDCA) et du Council of european bioregions (CEBR) et possède un représentant à Shanghai (Chine). « Notre programme est plutôt centré sur les partenariats technologiques à l'international. Nous participons à une petite dizaine de projets internationaux », témoigne Philippe Archinard. Le pôle accompagne ses adhérents sur des événements à l'international, comme le salon BIO. Lyonbiopôle rappelle ainsi avoir accompagné 60 entreprises à l'international en 2013. Il propose notamment un programme d'accompagnement au montage de projets européens.

 

Des infrastructures de haut niveau

 

Le dernier axe stratégique du pôle lyonnais repose sur « une offre d'infrastructures de haut niveau » afin de « favoriser le développement de nouveaux produits et services innovants ». Cette offre a pour objectif de répondre aux grandes étapes de développement des sociétés. Pour les étapes de recherche, le pôle dispose d'un centre d'infectiologie permettant d'« héberger la recherche dans un environnement sécurisé ». Pour la montée en échelle et les étapes de production, Lyonbiopôle dispose maintenant de sa plateforme Accinov. Enfin, les entreprises adhérentes peuvent s'implanter dans le business center de Lyonbiopôle. Ce bâtiment de 930 m2 du bureau dispose de 3 salles de réunions et accueille actuellement 6 structures.

À travers ces quatre axes de développement, le pôle entend bien poursuivre son développement. « Nous présentons une offre pertinente pour tous nos membres, pour ceux qui nous rejoignent et ceux qui vont nous rejoindre prochainement », assure Philippe Archinard, avant de souligner la force de l'écosystème rhône-alpin dans le domaine de la santé : « À Lyon, il y a plutôt une spécialisation autour de la biologie, tandis qu'autour de Saint-Étienne et Grenoble il y a plus des technologies autour de la e-médecine, des nanotechnologies... Ce qui est intéressant et assez unique, c'est que nous avons une capacité à discuter et à mettre en oeuvre des actions entre acteurs de la filière et collectivités ».

Un centre d'infectiologie pour la recherche

Quand on manipule le vivant, les recherches ne peuvent pas être réalisées dans le premier laboratoire venu. Le pôle de compétitivité lyonnais a initié dès sa création en 2005 la création de son centre d'infectiologie qui a ouvert ses portes en avril 2009. Ce centre a représenté un investissement de 5 millions d'euros pour sa construction et son aménagement et de 2 M € pour les équipements de laboratoires. Car il a été voulu comme un hôtel à projets. Les 1 920 m2 se répartissent à travers 7 laboratoires P1 et P2 déjà équipés. Le centre dispose d'une plateforme P3 contenant trois laboratoires de types P3 et deux laboratoires P2. Enfin, 250 m2 sont des zones mutualisées pour les différentes sociétés hébergées. Le centre d'infectiologie accueille actuellement six équipes de BioAster, Enyo Pharma, Imaccess, Inserm, Platine Pharma Services et Transgene.

FICHE D'IDENTITÉ DE LYONBIOPÔLE

Date de création : 2005 Nombre d'adhérents :139 Nombre de projets financés : 145 Budget de financement : 710 M€ Réalisations : 517 communications lors de congrès ; 122 brevets déposés ; 19 essais cliniques ; 405 emplois créés ; 14 start-up créées.

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