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Aspen investit sur son site normand

Aspen investit sur son site normand

Aspen a récemment inauguré un nouveau bâtiment, en présence de la de la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher.

© Aspen

Le site d'Aspen de Notre-Dame-de-Bondeville est une usine historique de l'industrie pharmaceutique en Normandie. Une nouvelle ligne a été récemment inaugurée et les projets ne manquent pas pour le fleuron industriel du groupe sud-africain.

Il y avait de l'effervescence sur le site de Notre-Dame-de-Bondeville d'Aspen, ce lundi 17 juin 2019. Un évènement pour ce site quinquagénaire avec l'inauguration d'un nouveau bâtiment de production baptisé Thor. Située à quelques kilomètres de Rouen (Seine-Maritime), l'usine a connu une histoire particulièrement riche.

« Le site a évolué au fil de ces 50 dernières années, avec différents actionnaires : l'usine a appartenu à Sanofi, puis à GSK, et enfin, depuis cinq ans au groupe Aspen qui a fait évoluer le site », retrace Jean-Charles Rousset, directeur général du site. Notre-Dame-de-Bondeville est reconnue pour la fabrication d'antithrombotiques, et plus particulièrement des héparines fractionnées. Des produits distribués partout dans le monde, puisque 92 % des lots qui sortent des lignes sont destinés à l'international.

En 2018, le site a pris un virage stratégique important, puisqu'il s'est engagé dans la production d'injectables anesthésiques. « Le site est dans une phase extrêmement dynamique. Nous avons plus de 100 millions d'euros d'investissements en cours : un nouvel atelier de fabrication d'anesthésiques et une nouvelle ligne de remplissage à haute cadence ». Comme une preuve supplémentaire de cette effervescence, les lignes de production du site sont dénommées du nom... des volcans italiens.

La nouvelle ligne de remplissage stérile est ainsi baptisée Vésuve et pourra sortir jusqu'à 57 600 seringues par heure. Elle viendra compléter les deux lignes opérationnelles, Etna et Stromboli, sous isolateur, qui produisent respectivement 27 000 et 36 000 seringues par heure. La production des premiers lots anesthésiques est attendue pour 2022. Une vaste gamme de molécules sortira alors des nouvelles lignes : xylocaïne, carbocaïne, marcaïne, etc.

La variété des conditionnements qui se feront sous forme d'ampoules PE ou PP ainsi que sous forme de poche montre la polyvalence du site et son importance pour le groupe Aspen. Le groupe sud-africain cherche à accompagner ce marché des anesthésiques, qui représente déjà 19 % de ses ventes (soit environ 518 millions d'euros par an).

Un site ancré dans l'écosystème normand

Mais ce qui impressionne sur le site de Notre-Dame-de-Bondeville, c'est sa capacité à prendre en charge l'intégralité du processus pharmaceutique, depuis la production des principes actifs jusqu'à l'emballage final, en passant par le contrôle qualité. Des cuves jusqu'à 4 000 litres servent ainsi à la production chimique des principes actifs, utilisés pour 380 millions de seringues prêtes à l'emploi par an.

Chaque produit qui sort de l'usine est inspecté grâce aux 3 lignes de mirage automatique. Pour tenir la cadence, ce sont 9 lignes de conditionnement qui sont dédiés, tandis que 2 500 m2 de laboratoires assurent le contrôle qualité. En tout, le site emploie plus de 750 personnes. Et cherche en priorité à travailler avec des entreprises régionales, lorsque cela est possible. Le bâtiment sorti de terre a ainsi été réalisé par une entreprise normande. Avec un tel outil industriel, on comprend que le site cherche à mieux se faire connaître, au-delà du grand Rouen.

Aspen était ainsi présent au premier Festival de l'excellence normande qui s'est déroulé à Caen, en avril dernier. « Aspen n'est pas forcément reconnu à sa juste mesure. C'est pour cela que l'on prend le temps de participer à ce type d'évènements. Nous avons une belle histoire à raconter sur le dynamisme du site et du groupe. Il ne faut pas rester chacun dans son coin mais s'inscrire dans le territoire ». Car Notre-Dame-de-Bondeville est à proximité d'autres acteurs majeurs tels que Sanofi, à Val-de-Reuil, ou encore Ethypharm, Air-Liquide Santé ou, à quelques dizaines de kilomètres, Oril Industries, à Bolbec.

Interrogé sur l'écosystème, Jean-Charles Rousset se mue en défenseur de la région Normandie : « Le dynamisme de l'écosystème autour de l'industrie pharmaceutique est fort. Les centres universitaires et les formations existantes font que nous arrivons à trouver des collaborateurs avec de très hauts niveaux de qualification. La proximité avec Paris, l'accès au port du Havre sont également de vrais avantages logistiques ».

Avec près de 25 000 palettes sortantes par an, la proximité du port havrais est un point fort pour le groupe. De quoi voir continuer à se développer la filière pharmaceutique en Normandie, avec le même dynamisme qui anime le site de Notre-Dame-de-Bondeville. « Quand je suis arrivé, je trouvais que le secteur n'avait pas la place qu'il méritait dans la région. C'est en train de s'améliorer, mais on peut aller plus loin pour soutenir la filière, qui est créatrice d'emploi. », souligne Jean-Charles Rousset.

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