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Arkema en pleine phase de croissance

Julien Cottineau

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Les apparences peuvent être trompeuses. Arkema a publié un chiffre d'affaires de 5,9 milliards d'euros en 2011. Comme en 2010. Sauf que le pôle vinylique, en cours de cession au groupe Klesch, n'entre plus dans les comptes. Du coup, le leader français de la chimie affiche en réalité une croissance de 21,2 %. En parallèle, l'Ebitda a dépassé le fameux cap du milliard d'euros, à 1,03 Mrd € (+ 28 %). Avec une marge d'Ebitda de 17,5 %, Thierry Le Hénaff se félicite d'avoir désormais atteint le « niveau des meilleurs de l'industrie chimique ». Le p-dg salue ainsi une « excellente performance » et une année « très riche et très dense ». Malgré une fin d'année plus difficile en raison des déstockages, Arkema a su maintenir une forte politique de prix et absorber les hausses des prix de matières premières. Le groupe a su aussi profiter de l'intégration des résines de Total ou du démarrage d'unités, en particulier en Chine avec celle d'additifs rhéologiques de sa filiale Coatex et celle de son polymère fluoré Kynar (CPH n°567). Les deux divisions d'Arkema ont toutes deux contribué à la croissance. Le pôle Chimie industrielle (spécialités pour revêtements, PMMA, fluorés, etc.) a enregistré des ventes de 3,93 Mrds € (+24 %). La division Produits de performance (polymères techniques, additifs fonctionnels... ) a engrangé des ventes de 1,95 Mrd € (+ 16%). Seule ombre au tableau : l'impact de 587 M€ lié à la cession du pôle vinyliques sur le résultat net. Lequel tombe dans le rouge, à -19 M€ en 2011, alors qu'il progresse de 33 %, à 574 M€ sans l'opération.

« Un chiffre d'affaires de 8 Mrds € en 2016 » 


Au-delà du bilan 2011, les perspectives et ambitions d'Arkema sont très positives. Le groupe vise un chiffre d'affaires de 8 Mrds € et un Ebitda de 1,25 Mrd € en 2016, via une contribution à part égale des croissances organique et externe. Avec les dernières acquisitions de 2011 (alcoxylats de Seppic et les Chinois Casda Biomaterials et HiPro Polymers, CPH n°572), Arkema avait atteint son enveloppe de 1 Mrd € prévue à l'horizon 2012 pour sa croissance externe. Désormais, le groupe est « reparti pour 1 Mrd jusqu'en 2016 », se réjouit Thierry le Hénaff. Les futures opérations se concentreront dans les métiers actuels du groupe, et viseront encore à équilibrer le portefeuille géographique, avec un focus sur l'Asie et les Amériques, qui représentent 26 % et 34 % des ventes.

Malgré ses performances, Arkema ne craint pas aujourd'hui d'être une cible alléchante. Le groupe est fermement attaché à son indépendance, la « meilleure création de valeur », selon Thierry Le Hénaff qui en veut pour preuve les 150 % de croissance du cours de l'action depuis l'introduction en Bourse en 2006. Il préfère donc se concentrer sur ses projets. Notamment en France où Arkema a finalement investi 1,2 Mrd € depuis 2006. Soit 55 % de l'ensemble de ses investissements industriels dans le monde. De quoi relativiser, sans les minorer, les efforts fournis ces dernières années en Chine, par exemple. Et Arkema compte encore investir. Toutefois, la mise en suspens du projet d'extension de polyfluorure de vinylidène (PVDF) à Pierre-Bénite (CPH n°583) suite à des réticences syndicales passe toujours mal. Et le ton se veut ferme sur le dossier. Thierry Le Hénaff ne cache pas qu'il existe « plusieurs alternatives » à ce projet de 70 M€, qu'il « serait plus facile et moins cher de le faire en Chine ou aux États-Unis ». S'il préférerait privilégier la France, la condition est aujourd'hui nette et précise : « Nous avons besoin d'une conviction à 100 % des organisations syndicales ». L'enjeu, tant pour le groupe que pour la chimie en France est d'importance.

 

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