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Anti-obésité/Ponderal et Redux : Servier réaffirme son innocence avant un procès au Canada

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Cinq ans après le retrait des médicaments Ponderal et le Redux, traitements anti-obésité, le groupe français Servier, ainsi que ses filiales canadiennes, devront faire face en février prochain à une plainte en action collective regroupant 155 000 plaignants, devant la cour de Toronto, selon l'avocat des parties civiles Joel Rochon. Tous souffrent à différents degrés de problèmes cardiaques ou pulmonaires, des symptômes qu'ils affirment être un effet secondaire de leur consommation passée de Ponderal ou Redux, les produits anorexigènes commercialisés par Servier au Canada. Pour ce qui est considéré comme "une négligence" par les plaignants, Joel Rochon veut désormais obtenir pour ses clients un total de 750 millions de dollars canadiens en dommages et intérêts, soit 487 millions de dollars américains, ainsi que le remboursement des différents régimes publics d'assurance maladie au Canada qui ont pris en charge les frais médicaux. Et le laboratoire de répliquer : " Nous rappelons qu'aucun lien de causalité direct et certain, dans aucun pays au monde, n'a jamais été démontré entre les pathologies alléguées par les plaignants et la prise de nos produits ", précisant que " Le chiffre de 155 000 plaignants est tout à fait spéculatif puisqu'il représente le nombre de patients ayant utilisé nos produits dans tout le Canada ". Le groupe français estime par ailleurs que " Les produits incriminés ne sont pas des coupe-faim mais de véritables médicaments, dont l'efficacité dans le traitement de l'obésité a été démontrée. Ils ont fait l'objet de plus de 5 000 publications et ont obtenu des autorisations de mise sur le marché dans plus de 80 pays, sur la base d'études précliniques et cliniques démontrant leur efficacité et leur sécurité ". Contrairement à Wyeth-Ayerst (rebaptisé Wyeth Pharmaceuticals), qui a opté pour un règlement à l'amiable des poursuites engagées contre lui aux Etats-Unis, Servier multiplie les requêtes pour retarder la tenue d'un procès. Le laboratoire se dit " impatient de voir les vrais faits qui ressortiront des témoignages des experts scientifiques " devant la cour. En France, les tribunaux ont déjà donné tort au groupe pharmaceutique. En mai 2002, la cour d'appel de Versailles, près de Paris, avait condamné Servier à verser 418 000 ? à une femme de 40 ans ayant consommé ses coupe-faim et aujourd'hui atteinte d'hypertension pulmonaire, ainsi que plus de 200 000 ? aux organismes sociaux. Le groupe souligne à ce propos qu'il a déposé en France un pourvoi devant la Cour de cassation après ce jugement. Servier doit également faire face à un second recours collectif, cette fois au Québec, entamé en 1997 au lendemain du retrait de médicaments du marché canadien, selon l'avocate Hélène Guay. Pour des questions de différences linguistiques et juridiques, les deux recours, canadien et québécois, ne se sont pas fondus en un seul. Au Canada, la poursuite avait été engagée en 1998, par une Torontoise, Sheila Wilson, aujourd'hui âgée de 64 ans, qui a développé une hypertension pulmonaire primaire, une maladie rare souvent mortelle. En septembre 1997, les autorités canadiennes et américaines avaient décidé d'interdire la vente de trois produits, le Ponderal et Redux fabriqués par Servier, et le Pondimin commercialisé par le groupe américain Wyeth-Ayerst, à la suite d'études montrant, selon les autorités " une forte incidence d'hypertension pulmonaire primaire observée chez les patients et associée à la consommation de ces coupe- faim ".

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