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Analyse de risques et accélération des flux au programme des PPP

Part importante de la performance opérationnelle, l'accélération des flux a fait l'objet d'un atelier de travail au cours des Printemps de la production pharmaceutique. Industriels et fournisseurs ont fait part de leurs expériences et questions sur le sujet.

Le 28 avril dernier, les Printemps de la production pharmaceutique se sont tenus à Tours sur le thème « des grands enjeux et défis des sites industriels français », a souligné Xavier Monjanel, président du Grepic pendant huit ans qui a passé le relais à Franck Vilijn à cette occasion (voir p. 54). Il a cité notamment : l'innovation, la compétitivité et la capacité à capter de nouvelles molécules. Patrick Hibon de Frohen, vice-président exécutif de l'IMT, a renchéri sur ces enjeux et défis qui « sont nombreux ». « Pour faire face à ces nouveaux défis, nous avons délibérément construit quatre ateliers (production, ressources humaines, qualité et hygiène-sécurité-environnement) qui exploreront les réponses et pistes de travail d'aujourd'hui qui peuvent être les solutions aux enjeux de demain », souligne les organisateurs. Parmi ces solutions, l'accélération des flux et la gestion des risques ont été abordées dans un atelier.

Organisé en deux parties, cet atelier s'est d'abord intéressé à la gestion des risques. « L'analyse de risques est un formidable vecteur de performance », a souligné Pierre Genot du site de Servier à Gidy. Pour chaque situation identifiée, l'objectif était de répondre à la question : « comment faire pour que ce danger arrive à un niveau de risque acceptable », selon Pierre Genot. Il a ainsi détaillé les étapes clés de l'identification des risques, l'acceptation des risques résiduels, la communication et la revue des risques. Il a ainsi indiqué que l'identification des risques « doit se faire sur le terrain avec des experts », c'est-à-dire « avant tout, des opérateurs de production qui sont sur le terrain ». Il a également insisté sur l'importance de mettre en place « une équipe multicompétence ». Sur l'acceptation des risques résiduels, Pierre Genot a appelé à s'appuyer sur « l'expertise des acteurs de l'analyse de risque » tout en rappelant le rôle du management et l'importance de formaliser la décision. Pour Pierre Genot, l'étape de communication est « indispensable pour donner le sens des décisions et assurer la pérennité des mesures d'atténuation ». Enfin, la revue des risques permet de confirmer « la pertinence de l'analyse initiale » et d'assurer un suivi du plan d'actions. Cette étape permet également un relevé des déviations et réclamations, un suivi des « change controls » et le recueil de retours d'expériences des utilisateurs. La revue des risques peut ainsi être éventuellement suivie d'ajustements. Parmi les tracas rencontrés, Pierre Genot a cité, entre autres, l'identification des bons animateurs d'analyse de risques et la difficulté de savoir faire une cotation des projets afin de prioriser les analyses de risques. « Il faut mettre en place un plan directeur. On ne peut pas tout faire. Il y a une minorité d'analyses de risques que nous n'avons pas mise en place », a-t-il ainsi indiqué. À la question de savoir ce qui déclenche une analyse de risques, Pierre Genot a apporté plusieurs raisons : un axe de performance, la réglementation ou un changement (nouveau produit, nouvel équipement, nouveaux flux...). La démarche d'analyse de risques permet ainsi d'appuyer une démarche de performance sur le site de production pharmaceutique.

 

Une réduction de 35 % du temps de traversée du flux

 

Autre démarche d'excellence opérationnelle : l'accélération des flux. L'atelier des PPP s'est penché sur ce deuxième levier. « Aujourd'hui, sur ce sujet de l'accélération des flux, les industriels s'intéressent souvent exclusivement aux performances des machines de production pour faire en sorte qu'elles produisent plus et mieux. Mais ce qui fait la performance d'une usine, ce n'est pas seulement cette étape du process », note Ronan Masson, spécialiste Pharma chez KL Management. Il identifie « au moins quatre flux : de production, des échantillons, du dossier de lot et d'informations permettant de déclencher les opérations ». Le laboratoire Servier a ainsi témoigné de la démarche mise en place dans le cadre du plan Safran. Ce projet a été mené sur le site de Gidy du laboratoire. L'usine, qui compte quatre unités de production, emploie 800 collaborateurs et produit 192 millions de boîtes. Si le nombre de boîtes reste stable depuis 2013-2014, le nombre de références a, lui, augmenté. Passant de 50 à 75 entre les exercices fiscaux 2013-2014 et 2016-2017. Le laboratoire a également entamé une démarche d'économies (28,6 M€ sur 5 ans). Dans ce contexte, le site a travaillé sur la différenciation des flux : réguliers et irréguliers. La nouvelle organisation a ainsi permis de réduire de 35 % le temps de traversée du flux pharmaceutique (de l'étape de pesée à l'expédition). Plusieurs leviers ont été identifiés. Aude Arnaud et Christophe Body de Servier ont témoigné de ces réductions : de 5 jours entre la fabrication et le conditionnement, de 12 jours au niveau du laboratoire, de 7 jours pour la libération et de 3 jours d'expédition. Les stocks ont également été réduits. Ces accélérations des flux ont été obtenues par différentes actions organisationnelles et de processus. Au niveau du laboratoire, par exemple : un travail en décalage a été mis en place, les analyses lot par lot ont été privilégiées par rapport aux analyses en séries... « L'accélération des flux doit être regardée aussi sous l'angle de leur synchronisation. Les temps de process sont largement définis dans l'enregistrement. Par contre, on peut travailler sur tout ce qu'il y a autour : le nombre d'étapes de relectures, de validations... Pour ne pas avoir un échantillon qui attend deux jours, par exemple. L'idée, c'est que l'échantillon soit au centre. Si le laborantin s'occupe d'un échantillon et doit quitter son poste, l'échantillon ne doit pas attendre, c'est un autre technicien qui prend le relais », détaille Ronan Masson. Chez Servier, du côté de la libération des lots, alors que 100 % des lots étaient libérés par le pharmacien délégué, une fois par jour en fin de journée, la nouvelle organisation permet des libérations en continu toute la journée par les pharmaciens adjoints quand il n'y a pas de déviation ou des déviations mineures, et par les pharmaciens délégués pour tout type de lots. Le laboratoire a également travaillé à une simplification des dossiers de lot. Cet atelier des PPP a permis aux participants de débattre sur la transformation réalisée au sein de l'usine de Servier. Et d'ouvrir des perspectives d'amélioration de la performance.

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