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Amgen mise sur les anticorps bispécifiques

A Munich, Aurélie Dureuil

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Amgen mise sur les anticorps  bispécifiques

Le centre ARM est spécialisé dans le développement d'anticorps bispécifiques.

© © Amgen

LE LABORATOIRE AMÉRICAIN CAPITALISE SUR L'ACQUISITION DE MICROMET EN 2012. IL PRÉSENTE AUJOURD'HUI LES AVANCÉES AUTOUR DES CANDIDATS MÉDICAMENTS ISSUS DU SITE ALLEMAND DANS LE DOMAINE DE L'ONCOLOGIE.

Des anticorps qui activent le système immunitaire pour détruire les cellules cibles, tel est le mode de fonctionnement des anticorps bispécifiques. Issue de l'acquisition de Micromet en février 2012, la technologie autour de ces molécules est au cœur des espoirs d'Amgen dans l'immunothérapie en oncologie. Elle est développée par le centre ARM (Amgen research Munich), ancien site de Micromet qui a rejoint les six sites R&D d'Amgen en Europe (Abington, Cambridge et Uxbridge au Royaume-Uni, Regensburg et Munich en Allemagne et Reykjavik en Islande). Les 180 employés de l'ARM travaillent à 90 % en recherche. Le site de 8 225 m2 est réparti entre deux bâtiments consacrés à 60 % aux activités de laboratoires et le reste aux bureaux. Le centre ARM se consacre à la recherche de nouveaux anticorps bispécifiques Bite (bispecific T cell engager) pour les porter jusqu'en phase de développement clinique, via notamment la mise au point du procédé de bioproduction. Le site comprend notamment 180 m2 de salles propres et des bioréacteurs de 200 litres pour les premières phases d'essais cliniques.

Aujourd'hui, le produit le plus avancé de ce centre de R&D a vu ses études cliniques de phases II s'achever dans le traitement de la leucémie lymphoblastique aiguë (ALL) et du lymphome non-hodgkinien (NHL). Dans l'ALL, le recrutement de patients est en cours pour les études de phase III. Il s'agit du blinatumomab (AMG 103). Le groupe américain possède par ailleurs trois autres anticorps bispécifiques en pré-clinique dans d'autres indications et avec d'autres récepteurs, comme l'indique Patrick Baeuerle, vice-président Recherche et responsable du site ARM d'Amgen. En effet, les anticorps bispécifiques Bite combinent deux sites actifs. Le premier, commun à toutes les molécules Bite, se fixe sur les cellules T ou lymphocytes T, ces agents clés du système immunitaire. Le deuxième vise les cellules cancéreuses et peut donc être modifié en fonction de la cible thérapeutique. L'anticorps bispécifique permet alors de rapprocher les cellules T de cibles cancéreuses. « Les anticorps Bite forcent temporairement les cellules T et les cellules cancéreuses à être ensemble », détaille Patrick Baeuerle qui souligne que « les patients avec des cellules T à l'intérieur de leur tumeur vivent plus longtemps ». Les lymphocytes T agissent notamment pour éliminer les virus et les cellules infectées, mais aussi les restes cellulaires. « Elles peuvent potentiellement tuer des cellules cancéreuses », indique le responsable de l'ARM. Cependant, « les cellules cancéreuses peuvent utiliser pléthore de mécanismes pour échapper à la reconnaissance des cellules T », ajoute-t-il. C'est pourquoi le rôle de rassembleur des anticorps bispécifiques semble si intéressant dans les recherches d'Amgen. Ainsi fixées sur l'anticorps, les cellules cancéreuses ne peuvent plus échapper aux lymphocytes T activés qui prolifèrent et adoptent un mode de lyse. Les anticorps bispécifiques issus du centre ARM s'avèrent ainsi prometteurs dans les traitements contre les cancers.

Une stratégie autour des maladies rares

Dans cette aire thérapeutique, Amgen a développé une approche de recherche spécifique comme le détaille Tom Lillie, responsable international de l'aire thérapeutique Oncologie d'Amgen. « Notre stratégie est de se concentrer sur des maladies graves parmi les tumeurs solides et hématologiques. Nous nous concentrons sur les maladies résistantes, avec des résidus et les rechutes avec de nouveaux mécanismes moléculaires, des thérapies basées sur des cellules immunitaires, etc. » Actuellement, Amgen compte trois produits en phase III d'essais cliniques dans ce domaine. Et notamment le trebananib dans le cancer ovarien dont les résultats sont attendus cette année. Amgen, qui consacre 20 % de son chiffre d'affaires à la R&D, affiche par ailleurs des résultats en hausse avec des revenus de 4,24 milliards de dollars au premier trimestre 2013 (+5 % par rapport à la même période en 2012).

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