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Améliorer l'action de l'insuline

Aurélie Dureuil

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Améliorer l'action de l'insuline

L'équipe pourrait débuter un essai clinique en 2015.

© Dominique Langin/Inserm

Des chercheurs toulousains ont établi un lien entre la mobilisation des graisses et la sensibilité à l'insuline chez les personnes obèses à risque de diabète.

« En bloquant partiellement la mobilisation des graisses, l'organisme opère des modifications qui conduisent à une meilleure utilisation de l'insuline », détaille Dominique Langin, responsable de l'équipe du Laboratoire de recherche sur les obésités au sein de l'Institut des maladies métaboliques et cardiovasculaires (I2MC, Inserm Université Paul Sabatier à Toulouse). L'étude qu'il vient de publier avec une trentaine d'auteurs dans Plos Biology bouscule des idées reçues. L'activité physique, par exemple, n'aurait pas forcément une action bénéfique sur le développement du diabète de type 2 chez les personnes obèses. Les chercheurs ont établi un lien nouveau entre la lipolyse et la sensibilité à l'insuline. La lipolyse est la mobilisation des graisses en réponse à un besoin d'énergie de l'organisme. Ainsi, en cas de jeûne ou d'exercice physique, le corps puise dans ses ressources en triglycérides stockés dans le tissu adipeux qui sont mobilisés sous forme d'acides gras fournissant de l'énergie au corps. Cependant, chez les personnes obèses, les acides gras en excès pourraient être néfastes sur l'activité de l'insuline. Cette hormone contrôle le taux de glucose dans le sang en agissant sur sa production par le foie et son utilisation par le muscle. Les acides gras libérés lors de la lipolyse et présents en trop grande quantité pourraient se déposer au niveau des organes périphériques et perturber l'action de l'insuline. Les patients développent alors une résistance à l'insuline qui prédispose au développement du diabète de type 2, la forme de diabète la plus fréquente.

L'équipe de Dominique Langin travaille depuis plus de 20 ans sur la mobilisation des graisses et a initié, il y a cinq ans, des travaux sur la relation avec la résistance à l'insuline. « Notre laboratoire est constitué de médecins, pharmaciens, scientifiques, etc. Nous faisons de la recherche translationnelle. Ainsi, nous sommes toujours partis d'études chez l'homme pour aller vers la paillasse et les modèles animaux », indique Dominique Langin. L'étude menée en collaboration avec des équipes suédoises a permis d'observer que la diminution de la mobilisation des graisses chez des souris par modification génétique ou avec un traitement pharmacologique améliore l'action de l'insuline. Cette inhibition de la lipolyse chez la souris active une voie métabolique particulière, la lipogenèse de novo. Cette voie est identifiée dans la synthèse d'acides gras à partir du glucose. Par ailleurs, l'équipe de Dominique Langin a étudié la relation lipolyse/sensibilité à l'insuline chez l'homme. « Nous avons retrouvé les effets de la diminution de la lipolyse chez l'homme en analysant les données de cohortes de personnes obèses pour lesquelles nous avons rapporté qu'une diminution de la lipolyse était associée à l'amélioration de la sensibilité à l'insuline. Ces résultats sont d'autant plus intéressants pour la mise en œuvre d'une stratégie thérapeutique que l'inhibition de la lipolyse n'entraîne pas de modification du poids corporel » indique le chercheur.

Ces résultats ouvrent deux voies pour la poursuite des recherches, selon le responsable du laboratoire. « Ces travaux permettent de comprendre la relation nouvelle entre le blocage de la mobilisation des graisses et la voie métabolique de la lipogenèse de novo. Cela pourrait déboucher sur des cibles thérapeutiques potentielles », détaille Dominique Langin. Et, à plus courte échéance, il envisage la mise en place d'un essai clinique avec des molécules actuellement en développement pour inhiber chroniquement la lipolyse. « Il existe plusieurs stratégies et notamment de cibler des récepteurs de la lipolyse. Nous avons déjà identifié une molécule », indique-t-il. L'objectif est maintenant d'établir la preuve de concept afin de débuter un essai clinique en 2015 avec comme cible de prévenir le développement du diabète chez les personnes obèses à risque.

 

Note : Partial Inhibition of Adipose Tissue Lipolysis Improves Glucose Metabolism and Insulin Sensitivity without Alteration of Fat, A. Girousse et coll., PLoS biology, 19 février 2013

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