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Alexion met la main sur Enobia

Audrey Fréel

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Alexion met la main sur Enobia

L'Américain Alexion s'offre Enobia pour 1,08 Mrd $. Une acquisition de taille qui lui permettra d'étoffer son portefeuille de produits dans les maladies rares.

Le groupe américano-canadien Enobia va passer dans le giron de la société américaine de biotechnologies Alexion, spécialisée dans les maladies rares. Cette dernière a déboursé 610 millions de dollars (467,6 M€) en numéraire auxquels s'ajouteront 470 M$ selon le franchissement de certaines étapes réglementaires et commerciales. Le montant total de l'opération, qui devrait être conclue au premier trimestre de 2012, pourrait ainsi atteindre 1,08 Mrd $. Une opération ambitieuse pour Alexion, qui a généré 540,9 M$ de ventes en 2010. Spécialisée dans le développement de traitements pour les maladies génétiquement rares, Enobia Pharma a séduit le groupe américain grâce à son produit phare, l'ENB-0040 (asfotase alfa), actuellement en phase II d'essais cliniques aux États-Unis. Ce candidat médicament est une protéine recombinante qui agit contre l'hypophosphatasie, un trouble génétique grave affectant les os et les muscles pour lequel il n'existe actuellement aucun traitement. Cette pathologie est due à une déficience de l'enzyme phosphatase alcaline. « L'asfotase alfa a présenté des résultats très convaincants en phase II d'essais cliniques chez les enfants et les jeunes atteints d'hypophosphatasie », souligne Leonard Bell, p-dg d'Alexion. Cette molécule a déjà reçu en 2008 la désignation de médicament orphelin aux États-Unis et en Europe.

Basée à Montréal (Canada) et à Cambridge, dans le Massachusetts (États-Unis), Enobia est une société privée dont les principaux actionnaires sont OrbiMed, le fonds de solidarité QFL, Desjardins Venture Capital, CTI Life Sciences Fund, T2C2 et Lothian Partners 27. De son côté, Alexion dispose d'un siège social à Cheshire, dans le Connecticut (États-Unis), d'un site de production à Smithfield dans le Rhode Island (États-Unis), d'une filiale nommée Alexion Translational Medicine Group implantée à Cambridge, d'un siège régional EMEA à Lausanne en Suisse, d'un centre de service à Paris ainsi que de bureaux de distribution et de ventes en Europe, au Japon, en Australie, au Brésil, au Canada, etc. La société emploie plus de 800 salariés. Actuellement, elle commercialise un seul produit, le Soliris (eculizumab), qui est le seul traitement approuvé contre l'hémoglobinurie paroxystique nocturne (HPN), une maladie rare du sang entraînant une destruction des globules rouges. Ce médicament a aussi été approuvé comme traitement pour le syndrome hémolytique et urémique (SHU). Cette acquisition lui permettra de renforcer son pipeline de recherche, actuellement composé de cinq molécules (voir tableau) et d'élargir ses aires thérapeutiques.

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