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Agir pour enrayer l'érosion de l'emploi

J.C.

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L'étude prospective menée par les partenaires sociaux, dont le Leem, et le ministère de l'Emploi dans le cadre du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) l'an dernier a permis de dégager deux scénarii distincts, selon une poursuite de la tendance actuelle ou selon une démarche volontariste, rapporte le Leem. Dans les deux cas, l'érosion des emplois dans l'industrie pharmaceutique en France semble inéluctable. Le scénario contraint, prévu si rien n'est entrepris, anticipe une baisse moyenne des emplois de l'ordre de 3,1 % sur la période 2010-2015 et de 3,3 % entre 2015 et 2020. Ce qui diminuerait les effectifs actuels de 117 600 à 85 100 salariés. Tous les segments seraient touchés, en premier lieu les effectifs commerciaux qui chuteraient de 50 800 à 34 100 emplois entre 2010 et 2020. En R&D, le secteur accuserait une réduction de près de 6 000 salariés en 10 ans, à 20 800 postes. En production, les effectifs se réduiraient de 40 800 à 30 200. Le scénario volontariste est beaucoup plus optimiste. La baisse moyenne ne serait que de 0,6 % puis de 0,5 % sur les deux périodes, avec 111 500 emplois en 2020, soit 26 000 de plus que dans le scénario contraint ! Les fonctions commerciales conserveraient 46 700 postes, la production 35 600 salariés. Quant à la R&D, elle verrait ses effectifs croître à 29 100 salariés.

Ces dernières années, entre l'augmentation des réglementations, des vagues de déremboursement, la baisse d'attractivité du pays en recherche clinique, le dynamisme des marchés émergents, ou encore la pression et la montée en puissance des génériques qui a mis un terme au règne des blockbusters, le marché français est en berne. Plus inquiétant, la production en France étant plus axée sur les produits matures que ceux de demain, comme les biomédicaments, les leviers de croissance sont affaiblis. Les résultats de l'étude confirment donc une restructuration nécessaire du secteur, avec une réduction inévitable des emplois, dont la courbe est définitivement inversée depuis 2008. En revanche, l'étude a identifié plusieurs pistes pour favoriser le scénario volontariste. Cela passera vers des investissements en R&D et en production pour mieux prendre le virage des biotechnologies, notamment en oncologie, en onco-hématologie, en virologie, vaccins, maladies infectieuses et maladies rares, domaines où la France dispose de fortes compétences. Les aides au financement de l'innovation, notamment pour les start-ups, les partenariats, la reconversion des sites de production vers des marchés plus attractifs, le meilleur accompagnement des salariés et des sous-traitants pour leur permettre de s'adapter aux mutations, via la formation ou la reconversion, sont autant de facteurs à privilégier. Ces actions nécessiteraient aussi l'appui des pouvoirs publics, avec en priorité une meilleure collaboration public-privé, une stabilisation et clarification des réglementations, une valorisation des productions européenne et française notamment dans les prix, ou encore une accélération et simplification de l'enregistrement des produits.

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