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Affilogic mise sur les « nanofitines »

Aurélie Dureuil

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Création février 2010

- 4 salariés

- Capital 60 000 euros

- Subventions à hauteur de 200 000 euros

- Lauréat du Start-up Challenge Atlanpole/Thermo Fisher Scientific

- Estimation de chiffre d'affaires 2011 : 400 000 euros

Affilogic mise sur les « nanofitines »

Olivier Kitten, président et cofondateur d'Affilogic

© Affilogic

Créée autour de la découverte de « nanofitines », la start-up nantaise se développe autour de quatre champs d'applications de ces protéines, pour la recherche, la purification, le diagnostic et le traitement de pathologies.

«Nous construisons des protéines d'affinité dont le rôle et la fonction sont de se fixer sur la cible qui leur est présentée », déclare Olivier Kitten, président et cofondateur d'Affilogic. Si l'objectif ressemble à de nombreuses recherches et opérations de criblage mises en œuvre dans le développement de nouveaux médicaments, la start-up nantaise tente de se démarquer grâce à ses nanofitines. Ces petites protéines trouvent leur origine dans des bactéries extrêmophiles résistantes à des températures très élevées et des environnements très acides. Des propriétés que conservent les nanofitines. Affilogic voit dans ces molécules des alternatives aux anticorps, car elles présentent une affinité avec leur cible comparable à celle des anticorps. « Les nanofitines sont des protéines vingt fois plus petites que les anticorps. Elles sont ainsi extrêmement bien caractérisées et nous pouvons facilement les assembler, en associant soit des nanofitines identiques soit deux ou trois différentes, afin de construire des outils très flexibles », indique Olivier Kitten. Pour le moment, Affilogic cible des bactéries, des virus, des protéines et des peptides. Le dirigeant souligne par ailleurs le « faible coût » de production de ces nanofitines. « Elles sont produites dans des bactéries standard ce qui nous permet d'afficher un coût de production entre 1 000 et 1 500 fois moins cher qu'un anticorps thérapeutique. Par ailleurs, la technologie de mise au point de nanofitines nous permet d'envisager 10+18 possibilités de protéines différentes, alors que les estimations portent à 10+12 la quantité d'anticorps qui peuvent être générés par le corps humain. Ainsi, statistiquement, quand on nous présente une cible, nous avons un nombre non négligeable de chance de trouver une protéine-partenaire dans notre banque », indique le dirigeant qui se félicite d'avoir « jusqu'ici toujours trouvé une nanofitine pour les demandes de clients ». Car les services pour des industriels ont débuté avant la création de la société en février 2010.

La technologie développée et brevetée par le CNRS et l'Institut Pasteur est aujourd'hui mise en œuvre au laboratoire Biocatalyse, biorégulation et biotechnologie du CNRS et de l'université de Nantes. « Petit à petit, le laboratoire s'est retrouvé à effectuer plus de travaux de sous-traitance industrielle que de recherches. Les chercheurs de ce laboratoire, Frédéric Pécorari et Charles Tellier, ont finalement voulu valoriser leur technologie tout en poursuivant leur recherche », indique Olivier Kitten qui les a rencontrés quand il travaillait au sein du pôle Atlanpole Biothérapie. Cet ingénieur, docteur en biologie, décide alors de « les accompagner dans cette aventure ». Aujourd'hui, il finalise le contrat de licence exclusive sur cette technologie avec l'Institut Pasteur et le CNRS. Ses deux partenaires poursuivant leurs recherches au laboratoire Biocatalyse, biorégulation et biotechnologie. Pour son entreprise, qui recense aujourd'hui quatre salariés, Olivier Kitten envisage de mener de front deux activités. D'abord, la fourniture de services aux industriels pour trouver la protéine qui se lie à une cible puis travailler à son design. « Nous avons déjà des contrats », indique-t-il. En parallèle, la société va travailler au développement de produits en identifiant une cible à intérêt thérapeutique ou pour le diagnostic puis en lui associant une nanofitine. Pour le moment, le dirigeant n'a pas déterminé jusqu'à quelle étape Affilogic pourrait porter ces développements. Il distingue néanmoins « quatre grands champs d'applications ».

Tout d'abord, il présente ses nanofitines comme des « outils de recherche ». Des contrats ont ainsi déjà été signés avec des industriels dans le cadre de développement de protéines d'intérêt thérapeutique. Les nanofitines interviennent pour la caractérisation de la protéine cible par exemple. « Nos clients peuvent ainsi utiliser les nanofitines pour leur recherche interne », souligne Olivier Kitten. Une deuxième application concerne le domaine de l'immunodiagnostic. Les nanofitines pourraient se substituer aux anticorps dans certaines applications ou permettre des tests pour lesquels aucun anticorps n'a été caractérisé. « Des industriels testent nos protéines actuellement. Si ces essais sont concluants, nous co-développerons ensuite le test de diagnostic avec eux », détaille le dirigeant. Il voit dans la purification et plus particulièrement la chromatographie d'affinité de biomolécules une troisième application pour ses nanofitines. Dans les colonnes de chromatographie, la phase stationnaire doit capturer la cible, avant de la relâcher et ensuite d'être régénérée. « Il s'agit de conditions très agressives. Il faut donc des molécules sensibles pour capturer la cible mais extrêmement robustes pour subir les étapes de régénération. Or, nos protéines sont issues de bactéries extrêmophiles », détaille Olivier Kitten qui confie compter plusieurs industriels en train de tester cette application. Enfin, la dernière application, « à laquelle on espère pouvoir arriver un jour », confie le dirigeant, est la mise au point de thérapies ciblées. Dans ce sens, Affilogic a déposé un projet européen en février 2011 pour le développement d'un traitement de pathologies de l'appareil digestif qui serait administré par voie orale. « Dans ces maladies, des traitements existent mais impliquent des injections d'anticorps. Nos nanofitines résistent au suc gastrique et au pH de l'estomac », souligne Olivier Kitten. L'obtention de ce financement européen de six ans motiverait une première levée de fonds en fin d'année. D'ici là, la société qui a déjà signé deux contrats fin 2010 pourrait conclure quatre nouveaux contrats cette année.

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