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Adelphe supporte la responsabilité des industriels

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Adelphe supporte la responsabilité des industriels

NOËLLE GUILLERAULT, DIRECTRICE DÉLÉGUÉE D'ADELPHE.

© © Adelphe

Soumis à la REP* Emballage qui impose une gestion de la fin de vie de leurs emballages, les industriels de la pharmacie ont choisi de déléguer cette responsabilité à la société Adelphe. Explications de Noëlle Guillerault, directrice déléguée d'Adelphe.

Quel est le champ d'action d'Adelphe dans la fin de vie des boîtes de médicaments ?

Noëlle Guillerault : Adelphe est une filiale d'Éco-emballages, organisme agréé qui gère la fin de vie des emballages ménagers pour le compte des entreprises qui mettent des produits emballés sur le marché français. De ce fait, Adelphe traite laproblématique des emballages pharmaceutiques vides. Lorsqu'il reste des comprimés dans les boîtes, on parle de médicaments non utilisés ou MNU. Ces boîtes doivent être prises en charge par Cyclamed car ces médicaments peuvent présenter un risque sanitaire.

 

Qui paie pour cette fin de vie des emballages vides ?

N. G. : Tous les producteurs, distributeurs ou importateurs de produits emballés et qui vont générer par la suite des déchets sont soumis à la REP Emballage. Cette obligation est inscrite dans l'article L541-10 du Code de l'environnement. Ces producteurs, distributeurs ou importateurs sont tenus soit de pourvoir directement à l'élimination de leurs emballages en mettant en place des systèmes individuels de collecte et de traitement de ces déchets, soit de contribuer financièrement à leur élimination en déléguant leur responsabilité à des sociétés agréées telles qu'Adelphe.

Dans le secteur de la pharmacie, la seule option réaliste sur le plan économique et environnemental reste le transfert de responsabilité. Avec le Leem, nous avons accompagné ces entreprises dans leur adhésion au dispositif Point Vert**. Ainsi Adelphe a développé une connaissance plus approfondie du secteur pharmaceutique.

 

Que deviennent ces emballages pharmaceutiques ?

N. G. : Chaque année, l'industrie pharmaceutique met sur le marché français plus de 70 000 tonnes d'emballages ménagers dont il faut gérer le recyclage. Ces emballages relèvent, comme ceux d'autres produits alimentaires et non alimentaires, de la collecte sélective. Aussi, nous encourageons le geste de tri pour permettre ensuite leur recyclage, plutôt que de les incinérer. Aujourd'hui, 77 % des Français disent pratiquer ce geste de tri, ce qui nous permet d'atteindre aujourd'hui un taux de recyclage de 67 % soit 3,120 millions de tonnes d'emballages ménagers recyclés. Dans le cadre de la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement, un objectif a été fixé par les pouvoirs publics aux sociétés agréées Adelphe et Éco-Emballages et à leurs partenaires : atteindre 75 % des déchets d'emballages ménagers recyclés.

 

Comment l'industrie pharmaceutique pourrait-elle contribuer à atteindre ce nouvel objectif de recyclage ?

N. G. : Grâce à l'information en direction de ses utilisateurs de médicaments, l'industrie pharmaceutique peut participer à l'augmentation du taux de recyclage et à l'amélioration de la qualité du geste de tri. Nous l'encourageons et travaillons avec elle afin qu'elle développe sur ses différents supports la diffusion de consignes de tri adaptées.

 

En parallèle du recyclage, vous incitez les entreprises à éco-concevoir leurs emballages notamment à travers la réduction à la source...

N. G. : Pour cela, nous proposons des outils et des services pour que les entreprises intègrent dans leurs développements d'emballages des critères d'éco-conception, par exemple en réduisant la taille des étuis ou les grammages des cartons. Un premier guide a été publié, fin 2010, en collaboration avec le Leem pour sensibiliser les entreprises du médicament aux grands enjeux de l'éco-conception. Nous travaillons actuellement à la rédaction d'un deuxième guide plus technique pour aider les entreprises à réduire les impacts environnementaux. Nous proposons également des formations à l'éco-conception, notamment pour les ingénieurs packaging ou les équipes de marketing et de communication.

 

Avez-vous des exemples concrets dans la pharmacie ?

N. G. : L'industrie pharmaceutique est une industrie très réglementée, mais des marges de manœuvre existent. Des entreprises ont déjà engagé des actions concrètes. Par exemple, la société Ipsen a réussi à réduire le grammage d'aluminium sur les sachets d'un de ses médicaments, soit 2 100 kg d'aluminium en moins en 2009. La conduite d'un second projet a permis de remplacer des caisses de transport isothermes par des camions frigorifiques, ce qui a permis de faire l'économie de 22 000 caisses. Nous incitons les industriels à communiquer sur leurs bonnes pratiques car il n'y a rien de mieux que la preuve par l'exemple.

 

Comment percevez-vous l'industrie pharmaceutique sur ces problématiques de recyclage et d'éco-conception ?

N. G. : Dans le secteur pharmaceutique, le thème de l'éco-conception est un sujet émergent. Néanmoins, les industriels commencent à prendre conscience que les consommateurs peuvent être sensibles aux aspects environnementaux. Par ailleurs, derrière les réductions de tonnages d'emballages, il y a des réductions d'achats et de coûts logistiques. Aussi, nous avons de plus en plus de demandes de formations dans ce secteur de la pharmacie. Tout cela est long à mettre en œuvre, mais la sensibilité sur ce type de sujets ne cesse d'augmenter.

 

* Responsabilité élargie du producteur

** Le Point vert est un label marquant l'adhésion à un système de contribution au recyclage des déchets.

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PAS DE RECYCLAGE POUR LES MÉDICAMENTS NON UTILISÉS

Depuis un accord conclu en 2006, il est convenu qu'Adelphe, filiale d'Éco-Emballages, gère les emballages vides de médicaments en les orientant vers le tri sélectif, en vue d'un recyclage. Pour ce qui est des Médicaments Non Utilisés (MNU périmés ou non) en provenance des ménages, pour des raisons de santé publique, ils empruntent un autre circuit géré par l'association Cyclamed. Dans un premier temps, ces médicaments doivent être rapportés dans les pharmacies françaises par les patients. Ces médicaments sont ensuite récupérés par les répartiteurs qui les déposent dans des conteneurs situés dans leurs agences. Une fois remplis, ces conteneurs sont acheminés par des transporteurs à des incinérateurs de proximité partenaires de Cyclamed.

Les entreprises du médicament financent l'ensemble du dispositif, d'une part par l'intermédiaire de leur cotisation à Cyclamed, calculée en fonction du nombre de boîtes mises sur le marché, et d'autre part, par l'intermédiaire de leur contribution au dispositif Point Vert, versée à Adelphe pour les emballages ménagers.

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