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Acquisitions dantesques en 2015

La rédaction

Déjà riche en opérations de rachat en 2014, le secteur pharmaceutique a littéralement flambé en 2015, avec de nombreuses acquisitions dépassant le milliard, voire les dizaines de milliards d'euros. Le record a d'ailleurs été battu, avec la fusion entre Pfizer et Allergan pour 160 Mrds $.

 

JANVIER

 

Shire s'offre NPS

L'Irlandais Shire propose 5,2 milliards de dollars pour s'emparer de l'Américain NPS Pharmaceuticals. L'opération sera finalisée fin février.

 

Lilly supprime 158 postes en France

Le groupe américain annonce un plan social visant la suppression de 158 postes en France, dont 143 dans la visite médicale.

 

FÉVRIER

 

Pfizer lorgne sur Hospira

Pfizer propose 17 Mrds $ pour s'emparer d'Hospira, société américaine spécialisée dans les produits injectables et les biosimilaires. La transaction sera bouclée en septembre.

 

Valeant approche Salix

Valeant signe avec Salix un accord de rachat de 14,5 Mrds $. Valeant relèvera son offre à 15,8 Mrds $ en mars, pour contrecarrer une proposition d'Endo. Une opération finalisée en avril.

 

MARS

 

AbbVie s'intéresse à Pharmacyclics

Le groupe américain jette son dévolu sur son compatriote Pharmacyclics, avec une offre à 21 Mrds $. Cette acquisition, finalisée fin mai, lui permet de booster ses positions dans le domaine de l'oncologie et des maladies inflammatoires.

 

Teva convoite Auspex

L'Israélien Teva part à la conquête du laboratoire californien Auspex Pharmaceuticals. L'offre s'élève à 3,2 Mrds $ et sera finalisée en mai.

 

AVRIL

 

GSK se renforce à Saint-Amand

GSK annonce un doublement des capacités de production de son site de vaccins situé à Saint-Amand-les-Eaux (Nord), inauguré en 2011. Les volumes atteindront 140 millions de doses. L'embauche de 100 personnes est au programme.

 

Covance se désengage de Porcheville

Covance veut vendre son usine de R&D de Porcheville (Yvelines), qu'il avait acheté à Sanofi en 2010. 137 personnes y sont employées. En septembre, Covance annoncera finalement un processus de fermeture du site, faute de repreneur.

 

Fareva reprend une usine française de Merck

Le façonnier français Fareva se porte acquéreur du site de production d'API de La Vallée de l'Américain Merck. Située à Saint-Germain-Laprade (Haute-Loire), cette usine recense 140 salariés.

 

Mylan convoite Perrigo et est ciblé par Teva

L'Américain Mylan part début avril à l'offensive de l'Irlandais Perrigo avec une OPA hostile d'environ 28,9 Mrds $, qui sera rejetée. Quelques semaines plus tard, il est lui-même la cible de l'Israélien Teva qui propose 40 Mrds $, sans succès. En juin, Teva parviendra à mettre la main sur seulement 4,6 % de Mylan. De son côté, Mylan abandonnera fin novembre le projet de rachat de Perrigo, après être revenu plusieurs fois à la charge.

 

MAI

 

Alexion acquiert Synageva

L'Américain Alexion convoite son compatriote Synageva pour 8,4 Mrds $. Effective fin juin, la fusion des deux groupes permet de créer un leader dans le domaine des maladies rares.

 

Par Pharmaceuticals dans le giron d'Endo

Endo international propose 8,05 Mrds $ pour prendre le contrôle du génériqueur américain Par Pharmaceuticals, détenu par le fonds TPG depuis 2012. Concrétisée fin septembre, l'opération donnera naissance à un grand acteur mondial dans le secteur des génériques.

 

JUIN

 

GSK investit 14,5 M€ à Evreux

Le groupe britannique va injecter 14,5 M€ pour muscler les capacités de son site d'Evreux (Eure), spécialisé dans les médicaments pour les maladies respiratoires. Il prévoit de recruter 100 personnes sur la période 2015-2016 dans les métiers de la production et dans les fonctions supports.

 

Transgene taille dans ses effectifs

La société française annonce un plan social qui impactera 120 de ses 285 salariés. Le projet prévoit un désengagement dans les activités de développement préindustriel et de production.

 

MSD veut se séparer du site d'Hérouville

Le groupe américain présente un projet qui a pour objectif de supprimer 83 postes sur son site d'Hérouville-Saint-Claire (Calvados), qui compte 323 salariés. Le plan prévoit aussi une cession possible de cette usine.

 

JUILLET

 

Teva cède deux sites français

Teva annonce la reprise de ses sites de Sens (Yonne) et Nevers (Nièvre) par le groupe luxembourgeois Galien Pharmholding. L'usine de Sens est spécialisée dans le conditionnement de médicaments génériques tandis que celle de Nevers se focalise sur la fabrication de lyophilisats oraux.

 

Minafin acquiert une usine en Belgique

Le groupe français a repris l'usine d'Ajinomoto située à Louvain-la-Neuve, en Belgique. D'un effectif de 110 salariés, ce site produit des mélanges d'acides aminés, des principes actifs cytotoxiques et des psychotropes.

 

Lonza réduit la voilure en Suisse

Lonza engage un nouveau plan social, qui impactera 90 postes sur son site suisse de Visp. Cette décision intervient à peine trois ans après la mise en place d'une grosse restructuration qui avait conduit à la suppression de 400 postes à Visp.

 

Teva s'empare des génériques d'Allergan

N'aboutissant pas avec Mylan, Teva se lance dans l'acquisition du pôle Génériques d'Allergan pour 40,5 Mrds $. L'intégration des génériques d'Allergan permettra à Teva d'accéder au top 10 des laboratoires pharmaceutiques mondiaux. La nouvelle entité devrait générer un chiffre d'affaires pro forma de 26 Mrds $.

 

AOÛT

 

OPA hostile de Shire sur Baxalta

Shire lance une OPA hostile de 30 Mrds $ sur Baxalta, l'ancienne division biopharmaceutique de Baxter qui est cotée depuis juillet à la Bourse de New-York. Cette proposition ne convainc pas le conseil d'administration de Baxalta. Shire relèvera son offre début janvier 2016, avec succès.

 

Lundbeck prévoit 1 000 licenciements

Lundbeck entame une restructuration avec la suppression de 1 000 postes. Ce plan social concerne surtout les postes au niveau du siège social à Copenhague (Danemark) et les opérations commerciales en Europe et sur d'autres marchés.

 

Receptos tombe dans l'escarcelle de Celgene

La société américaine de biotechnologies Celgene boucle la reprise de son compatriote Receptos pour 7,2 Mrds $. Cette acquisition lui permet de se muscler dans l'immunothérapie et les traitements contre les inflammations intestinales.

 

SEPTEMBRE

 

Stallergenes fusionne avec Greer

Le Français Stallergenes officialise son mariage avec l'Américain Greer Laboratories. Ce projet avait été soumis en mars par le principal actionnaire de Stallergenes, Ares Allergy, qui détient également à 100 % Greer. Cette fusion donne naissance au leader mondial de l'immunothérapie allergénique. La nouvelle société pèse 312,4 M€ de ventes et emploie 1 434 salariés.

 

OCTOBRE

 

Txcell ferme son unité de Besançon

La société niçoise de biotechnologies veut fermer son unité pilote de Besançon (Doubs) qui recense 26 salariés. TxCell a décidé de se concentrer sur ses activités de recherche, de développement clinique et sur ses partenariats stratégiques.

 

Novasep ouvre une unité à Mourenx

Novasep inaugure fin octobre une unité de production dédiée à la purification d'Omega 3 par chromatographie, sur son site de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques). Elle emploie une trentaine de personnes. 34 M€ ont été investis dans ce projet.

 

NOVEMBRE

 

Roche supprime 1 200 postes

Le laboratoire suisse lance un plan de restructuration de son réseau de production de petites molécules qui s'étalera de 2016 à 2021. Il prévoit de se désengager de quatre sites industriels situés en Irlande, Espagne, Italie et aux États-Unis. Cela impactera 1 200 salariés.

 

Fusion à 160 Mrds $ entre Pfizer et Allergan

L'Américain Pfizer et l'Irlandais Allergan décident de fusionner et signent la plus grande opération de fusion-acquisition de l'année, et de l'histoire du secteur pharmaceutique. La transaction s'élève à 160 milliards de dollars. Cette opération permettrait à Pfizer d'échapper à la fiscalité américaine. Les actionnaires de Pfizer en détiendraient 56 %. L'opération devrait être finalisée au deuxième semestre 2016.

 

Shire lance une offre sur Dyax

Shire propose 5,9 Mrds $ pour mettre la main sur l'Américain Dyax, qui pourrait recevoir 646 M$ supplémentaires si l'un de ses traitements, le DX-2930, reçoit une AMM de la FDA.

 

DÉCEMBRE

 

Servier supprime 610 emplois en France

Le laboratoire français a l'intention d'alléger drastiquement ses effectifs dans la visite médicale en France. Ce projet impactera 610 salariés, sur les 690 que compte cette branche d'activité. Cette réorganisation sera mise en oeuvre au cours du second semestre 2016.

 

Transfert d'actifs entre Sanofi et Boehringer

Sanofi va troquer sa division santé animale Merial (valorisée à 11,4 Mrds €) contre l'activité Santé grand public de Boehringer (valorisée à 6,7 Mrds €). Sanofi empochera aussi un chèque de 4,7 Mrds €. Cette opération permettrait au groupe français de devenir leader mondial de l'OTC et à la société allemande de prendre la deuxième place sur le marché global de la santé animale. Elle devrait être bouclée fin 2016.

INTERVIEW ... Patrick Errard, président du Leem

Quels faits retiendrez-vous en 2015 ? L'année dernière, la croissance de l'industrie pharmaceutique a été portée par les innovations de rupture et les traitements où le besoin médical reste non couvert, notamment dans l'oncologie. Nous observons un déplacement progressif du Primary Care vers la médecine personnalisée. Le modèle économique est aussi en train de changer. Les grandes fusions/acquisitions ralentissent au profit des acquisitions ciblées. La fusion entre Pfizer et Allergan est par exemple assez isolée. La plupart des entreprises pharmaceutiques choisissent maintenant de se recentrer sur un savoir-faire spécifique. Cela se traduit par des cessions d'actifs, des échanges et l'acquisition de compétences et de produits. Nous ne sommes plus du tout dans un modèle « d'empilement d'assiettes ». Au niveau français, l'attractivité du pays est toujours en retard dans les domaines de la production, de la recherche clinique et de l'expertise scientifique. Nous avons travaillé sur ces problématiques à travers plusieurs véhicules : le CSF, le CSIS, la refonte de l'accord-cadre avec le CEPS, etc. Le secteur est prisonnier du PLFSS qui impose une vision à court terme et une enveloppe fermée. L'accès au marché pour les innovations est également trop long. Les restructurations se sont aussi poursuivies l'an passé au niveau mondial, quelle est la situation de la France ? 24 plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) sont en cours dans l'industrie pharmaceutique en France, avec des impacts non négligeables sur les commerciaux. La visite médicale est un métier en profonde mutation. Il faut réfléchir aux rôles des commerciaux et à la transformation de ces métiers. Cela nécessite une évolution structurelle des rôles et de leurs missions. Nous aurons toujours besoin d'un lien entre les laboratoires et les professionnels de santé. Il ne faut pas nécessairement percevoir les PSE comme de simples cures d'amaigrissement. Les métiers « détruits » sont reconvertis en de nouveaux métiers, adaptés à la mutation du secteur. Comment garantir la compétitivité de la France dans la sphère pharmaceutique mondiale au cours des prochaines années ? Pour rester compétitif au niveau français, le Leem a établi quatre grandes priorités pour les deux ans à venir. Il faut d'abord promouvoir l'innovation en permettant un accès rapide au patient, via par exemple une mise sous ATU (Autorisation temporaire d'utilisation) des produits innovants ou en réduisant le temps des démarches administratives. Le système d'évaluation des innovations doit être modernisé et le système de financement doit être cadré, notamment au niveau européen. Nous voulons également proposer aux politiques la réforme du système de soins. Autour de cette réflexion, nous souhaitons rassembler l'ensemble des acteurs de santé : industriels, hôpitaux, professions libérales et patients, car ils sont tous concernés par le rationnement budgétaire. Il est aussi important de promouvoir une politique industrielle en maintenant en France un outil de production et de recherche performant. En perdant nos usines, nous perdons notre indépendance sanitaire. Il est donc nécessaire d'attirer des investissements pour la production de nouvelles molécules et thérapies. Le maintien des dispositifs incitatifs comme les crédits CSIS, les crédits de remise et le crédit impôt recherche est indispensable. Enfin, nous allons nous concentrer sur les enjeux de réputation du secteur. La perception des entreprises du médicament par le grand public reste défavorable. Nous allons donc travailler sur la communication, les pratiques et les comportements.

Propos recueillis par Audrey Fréel

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