Nous suivre Industrie Pharma

Abolis veut modéliser les voies métaboliques

Aurélie Dureuil

Sujets relatifs :

, ,

Encore à l'état de projet, la société Abolis devrait voir le jour fin 2014 ou en 2015. L'objectif des trois porteurs de projets : identifier une enzyme et une voie métabolique puis réaliser un prototype.

Ne pas s'arrêter à la modélisation des voies métaboliques d'intérêt, tel est l'objectif des porteurs du projet Abolis. « Le laboratoire académique dans lequel nous travaillons est dédié à la modélisation des voies métaboliques et à leur caractérisation expérimentale. L'outil logiciel développé dans notre équipe est basé sur une technologie de rupture permettant d'identifier les enzymes qui sont capables de synthétiser des molécules d'intérêt », détaille Vincent Libis, un des trois porteurs du projet Abolis. Les chercheurs entendent exploiter les capacités de design du logiciel développé par l'équipe du Pr Jean-Loup Faulon de l'Institut de biologie systémique et synthétique (ISSB), de l'université d'Evry. « Notre société sera issue d'un transfert de technologie qui est en cours avec le laboratoire dans lequel nous effectuons actuellement notre thèse », confie Cyrille Pauthenier, un autre des trois porteurs du projet Abolis. Au cours de ses travaux de doctorat, le chercheur a travaillé avec le logiciel de modélisation des voies métaboliques dans le cadre d'applications en biologie de synthèse telles que la production de molécules chimiques à partir de matière première renouvelable. « L'outil de conception assisté par ordinateur mis au point dans notre laboratoire nous permet d'adresser n'importe quel produit de la chimie, que ce soit des produits naturels ou non. C'est là une des spécificités d'Abolis », souligne Cyrille Pauthenier. Les chercheurs proposent ainsi de partir du produit final pour déterminer la meilleure souche pour sa production et toutes les modifications génétiques à apporter à la souche pour l'optimisation de la voie de synthèse. Et le projet d'Abolis ne s'arrête pas là. « Nous allons coupler cette expertise in silico à une plateforme de tests et d'assemblage haut débit pour réaliser des prototypes qui seront testés de manière systématique, afin d'identifier rapidement les processus applicables à l'échelle industrielle », indique Cyrille Pauthenier. La future société proposera ainsi de la conception à façon de souches pour la production de molécules d'intérêt en chimie verte. « Nous avons montré que notre technologie et notre méthodologie fonctionnent. Nous avons déjà démontré la faisabilité de prototypage rapide des molécules d'intérêt. Aujourd'hui, le laboratoire est en train de se doter du robot de prototypage haut débit afin d'automatiser cette méthode », souligne Cyrille Pauthenier. C'est pour exploiter pleinement le potentiel de cette approche que les chercheurs ont décidé de créer la société Abolis. « Avec Anthony Tschirhard, également chercheur, nous avons vu un potentiel pour construire un projet scientifique. Il nous semble que cela a beaucoup plus de sens de créer une société », indique Cyrille Pauthenier. Rejoints par Vincent Libis, ils travaillent maintenant à la création de la société Abolis qui devrait voir le jour fin 2014 ou en 2015.

 

Pas encore créée mais déjà primée

 

Si la société n'a pas encore vu le jour, le projet a reçu le prix spécial "Potentiel technologique" de l'édition 2013 du concours Genopole pour l'environnement, l'agronomie et l'industrie. « C'est un projet encore amont, mais Abolis est au cœur de la révolution biotechnologique en cours, liée à l'utilisation de la biologie de synthèse, domaine que Genopole a contribué à faire émerger en France et continue à soutenir activement », a souligné Éric Lameignère, directeur de Genopole Entreprises lors de la remise du prix en décembre 2013. Ce prix de 45 000 euros permet au projet de bénéficier d'un hébergement de six mois au sein du Genopole ainsi que d'un accompagnement du projet réalisé par Genopole et d'une expertise du cabinet Ernst&Young. « Nous sommes en train de monter des demandes de subvention et sommes en contact avec des partenaires potentiels en vue d'une levée de fonds d'amorçage », indique Cyrille Pauthenier. Les trois partenaires poursuivent le développement de leur technologie et en ont déjà déterminé les marchés potentiels. « Les grands industriels de la chimie, de la cosmétique et de la pharmacie possèdent des listes de molécules à très haute valeur ajoutée qui les intéressent », explique Vincent Libis. La société proposera des partenariats de développement pour aller de la souche prototype aux pilotes pré-industriels. « Il nous faut seulement quelques mois pour aller de l'idée jusqu'au brevet », ajoute Cyrille Pauthenier qui souligne avoir déjà été approché par « un grand groupe de la cosmétique ». Les trois porteurs du projet poursuivent le développement de leur technologie et la création de la société Abolis.

Abolis, en bref

Trois porteurs de projet Technologie : modélisation de voie métabolique puis prototypage de molécules d'intérêt Applications visées : bioplastiques, chimie fine, phytosanitaires, compléments alimentaires et pharmacie Financement : Prix spécial Potentiel technologique du Genopole (45 000 €) Création de la société : Prévue entre fin 2014 et 2015

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Un gel fait passer la culture de neurones à la 3D

Un gel fait passer la culture de neurones à la 3D

Une équipe du CNRS et de l'Inserm a développé un gel facilitant la culture cellulaire des neurones. Une découverte qui pourrait ouvrir de nouvelles voies de recherche, jusqu'à présent[…]

09/07/2018 | NeurologieCellules souches
La start-up qui veut réparer l'oreille cassée

La start-up qui veut réparer l'oreille cassée

Au coeur des sites d'Amgen en Nouvelle-Angleterre

Au coeur des sites d'Amgen en Nouvelle-Angleterre

Comment un simple polymère aide à réparer le vivant

Comment un simple polymère aide à réparer le vivant

Plus d'articles